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Manger pour s'élever : l'homme, la pomme et le monde

Pourquoi manger est une mitsva, et comment l'homme élève le monde en le consommant.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Isha et Ish : la chute et la naissance de la faille, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, alors, une petite remarque tout d'abord très importante. Regardez au chapitre Beit, au verset Tadzaïm. Vayetsav Hachem Elohim al ha-adam lemor: mikol ets hagan ochel tochel. L'Éternel Dieu ordonna à l'homme en ces termes: tu peux manger de tous les arbres du jardin. Chapitre Beit, verset Tadzaïm. Ce qui veut donc dire que Dieu se comporte envers l'homme à la manière d'une mère juive: mange, mon fils. C'est-à-dire, la raison pour laquelle tu as été créé, c'est pour manger. Pourquoi faut-il manger ?

C'est très bizarre que ce soit une mitsva de manger, alors que par exemple les animaux mangent aussi, sans qu'il y ait une mitsva pour cela. Les zèbres mangent de l'herbe, les lions mangent des antilopes, et on n'a jamais vu qu'ils aient pour cela une récompense d'avoir accompli une mitsva. Tandis que l'homme a une mitsva de manger, c'est très bizarre. Comme si l'homme ne mangerait pas, ne mangerait pas s'il n'avait pas reçu le commandement. Il mangerait quand même. Alors pourquoi donc donner une mitsva ? Non, il n'y a pas de question de bracha ici.

La bracha, c'est quelque chose qui a été institué par les Hachamim en tant que swara. Ça, c'est trop facile à dire: il y a une bracha, donc ça sanctifie la nourriture. Mais ce n'est pas ça qui est écrit. Il est écrit une mitsva de manger. Et donc c'est la nourriture, le fait de consommer, qui est considéré comme une mitsva. Et ça, c'est très bizarre. En fait, c'est parce que manger, en principe, c'est vrai que c'est un besoin, mais ça peut devenir une valeur. En quoi c'est une valeur ? Vous mangez une pomme.

La pomme, avant d'être mangée, est un végétal. Est-ce que c'est honteux d'être un végétal ? Non, c'est quelque chose de tout à fait respectable, je dirais presque noble, n'est-ce pas, d'être un végétal. Le problème, c'est que ce n'est qu'un végétal. Une fois que la pomme a été consommée, qu'est-ce qu'elle est devenue ? Elle est devenue un homme.

C'est-à-dire que maintenant la pomme, qui n'était qu'un végétal, fait partie de mon être humain, tout d'abord au niveau corporel. Mais grâce à la pomme que j'ai mangée, je peux faire des tas de bonnes actions, entre autres même étudier la Torah. Heureuse est la pomme qui est devenue délivrée Torah. Vous vous rendez compte ? L'ascension gigantesque, vertigineuse. Et cette charité qui est faite avec la pomme, cette bonté qui est faite avec la pomme, pourquoi ne pas la faire avec l'ensemble des êtres ? Il faudrait en fait manger le monde entier.

Pour l'amener au niveau de l'homme. Donc c'est très bien de manger. La conclusion, c'est qu'il ne faut pas manger pour vivre, il faut vivre pour manger. C'est-à-dire que le fait de manger, c'est-à-dire l'élévation de l'ensemble des êtres au niveau de l'homme, c'est ça le but, un des buts de la création de l'homme. Je dirais même plus: ici, c'est Dieu qui, en se révélant à l'homme alors qu'il vient d'être créé, lui révèle la raison de son être.

Il faut que tu manges, mon fils. D'accord ? Et est-ce que vous connaissez… Maintenant, si l'homme mange le monde entier, quelle sera la taille de l'homme ? Si je mange le monde entier, hein ? Pourquoi la taille normale ? Ah, on l'évacue. D'accord. C'est vrai. C'est parce qu'il y a un tri à faire. Mais imaginez, par exemple, qu'on mange tout vraiment. On serait à la taille du monde. D'accord ?

Est-ce que vous connaissez une situation d'un être qui mange l'ensemble de son univers ? Le fœtus. Le fœtus, au début, est un petit embryon, il y a des parois autour. Et puis il grandit. Comment est-ce qu'il grandit ? Eh bien, il mange. Il fait disparaître la distance qu'il y a entre lui et les limites de son univers. Puis, à un moment où il a tellement bien mangé, le petit, il remplit les limites de son univers. Il est exactement de la même dimension.

Alors, qu'est-ce qu'il fait à ce moment-là ? Il sort. Il sort dans quoi ? Dans Abba, dans une autre paroi. Il rentre dans une nouvelle matrice, à la dimension du monde. Quand il aura tout mangé, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va sortir dans le Olam Haba, dans le monde à venir. Vous avez compris ? C'est-à-dire que l'expérience du passage au Olam Haba, c'est une expérience que nous avons déjà eue lors de la naissance. D'accord ? Donc on peut dire qu'ici, si l'homme réalise

la mitsva qui lui est donnée, eh bien cette mitsva va l'amener à un monde encore plus large. Comment s'appelle le monde plus large auquel l'homme doit arriver ? Hein ? Eden, n'est-ce pas ? Puisqu'il était dans le Gan Eden et qu'il doit sortir du Gan Eden pour arriver à l'Eden. D'accord ? On avait vu ces deux choses-là. D'accord. Et donc, il doit manger de l'arbre, de tous les arbres. C'est très bien. Donc, de tous, c'est impératif. Mikol ets.

Combien de sortes d'arbres il y a dans le Gan Eden ? Trois, n'est-ce pas ? Ceux qui sont beaux à voir, l'arbre de la vie, l'arbre de la connaissance. D'un autre côté, il y a un verset, juste après, qui dit exactement le contraire: « Et de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas, car le jour où tu en mangerais, mourir tu mourras. » Ah. Ça veut donc dire que l'homme ne doit pas manger de l'arbre de la connaissance. Mais,

dans le verset précédent, il lui a dit de manger de l'arbre de la connaissance. Donc il y a contradiction. En halakha, ça s'appelle l'opposition entre un commandement positif et un commandement négatif: assé lo ta'assé. Quelle est la règle dans la halakha quand il y a opposition entre un commandement positif et un commandement négatif ? C'est le commandement positif qui l'emporte, n'est-ce pas ? Assé docheh lo ta'assé. Donc qu'est-ce qu'il doit faire ici, l'homme ?

Il doit manger de l'arbre de la connaissance. C'est ce qu'il a fait, donc il a accompli une mitsva. Ah, d'accord. Vous vous rappelez donc du cours précédent. Si ça annule complètement l'interdiction, alors non. Dans ce cas-là, il ne doit pas manger. Alors, dans ce cas-là, pourquoi lui a-t-on dit de manger, si finalement la conclusion, c'est qu'il ne doit pas manger ? Pourquoi est-ce que Dieu lui a dit de manger ? Il doit manger à la fin. À la fin de quoi ? Exactement. Et qu'est-ce que ça va donner ? Parce que…

Comment tu peux le prouver, ça, que c'est ça qu'il doit faire ? Parce que la Torah donne une explication. Pourquoi est-ce qu'il ne faut pas manger de l'arbre de la connaissance ? Parce que tu vas en mourir. Ça veut donc dire qu'il faut d'abord que tu trouves un antidote contre la mort. Et dans ce cas-là, non seulement tu pourras manger de l'arbre de la connaissance, mais tu en auras le devoir. Bon, maintenant je vous donne… j'anticipe sur le récit. L'homme n'a pas …

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