Adam, Chava et la responsabilité de ses émotions
Le rapport d'Adam et de Chava à leurs sentiments, à leurs proches et à leur propre responsabilité, lu dans le texte de Béréchit.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Caïn et Abel : la fraternité, l'amour et l'épreuve, 20 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, Katov, aujourd'hui nous allons voir, dans le texte de Béréchit, c'est-à-dire dans le Tanakh, un sujet qui concerne le premier rapport de l'homme avec la femme: Adam et Chava, le rapport de l'un avec l'autre, et surtout leur rapport avec leur environnement.
Pour cela, il faut une introduction qui traite de ce que j'appellerais nos sentiments et de la réaction à nos sentiments. Pour traduire en français le mot hébreu Régesh, on est presque obligé d'utiliser plusieurs mots. Le Régesh, ce serait l'être sensible, ce serait l'émotion, ce serait aussi le sentiment.
Il est très difficile de dire lequel de ces mots est le plus juste dans la traduction. Mais il est clair qu'en utilisant ces trois mots-là, bien qu'il soit essentiel de garder le mot hébreu Régesh, on essaie de définir ce Régesh. Nous avions dit, les autres fois où nous nous sommes vus dans ce cours sur l'amour de l'un et des autres, que le Régesh,
je préfère le dire en hébreu, mais vous avez compris que c'est le sentiment, l'émotion, la sensibilité, que le Régesh est l'essentiel de notre vie intérieure. En hébreu, Hayaï Apnimi, cela veut dire: ce qui donne à la vie qui est la nôtre sa pleine existence. C'est parce que le Régesh donne pleinement vie à mon existence
que je peux dire que le Régesh est d'une certaine manière ma conscience d'être. Quand vous dites « je suis », vous ne parlez pas de vos organes. Vous parlez de ce qui anime l'existence et la vie qui est la vôtre. Même après 120 ans, si vous veniez à faire une dissection, vous n'y trouveriez que des organes.
Mais même en fouillant au plus profond de ces organes, vous n'y rencontreriez jamais la passion, la haine, la tristesse, l'amour. C'est introuvable. Et pourtant, nous affirmons que le Régesh, ces émotions, ces sentiments, cette sensibilité-là, est l'être dans la plénitude de vie qui est la sienne.
Maintenant, lorsque je sens, lorsque je ressens, lorsque je m'émeus, je réagis. Il ne peut y avoir de Régesh sans qu'il y ait téguva, c'est-à-dire réaction. J'ai essayé de marquer des points précis pour ne pas nous laisser divaguer.
Je vais vous poser une question, puisque tu es devant moi, je vais te la poser à toi. Pourquoi souris-tu ?
Non, tu philosophes. Non, tu philosophes. Pourquoi ? Pourquoi es-tu joyeux ? Voilà, c'est plus simple comme question. Pourquoi es-tu joyeux ? Pourquoi as-tu l'air satisfait ? On va poser la question à une troisième personne: pourquoi es-tu si sérieux ce matin ? Qu'est-ce que vous remarquez dans les trois réponses qui sont les vôtres ? Je lui ai demandé: pourquoi es-tu joyeux ? Pourquoi es-tu satisfait ? Pourquoi es-tu si sérieux ?
Avez-vous répondu en parlant de vous ou en parlant d'une raison extérieure qui vous donne à ressentir ? Vous avez vu que le lien commun entre vous trois: on aurait pu interroger trente ou trente mille personnes, les réponses auraient été les mêmes. C'est-à-dire que, d'une certaine manière, l'individu que nous sommes met sa condition sensible comme dépendante d'un événement extérieur à lui.
Ça fait longtemps que je ne suis pas venu au cours parce que j'aime ce cours ou parce que j'ai bien mangé. La nourriture est responsable. Le cours est responsable. La présence est responsable. Et en quoi êtes-vous responsable ? Il fallait y penser, bien entendu. Mais nous sommes là pour ça, d'une certaine manière.
Je veux rester avec mes points précis pour ne pas, comme je vous l'ai dit, déborder. C'est important.
— Oui. Pardon, je n'entends pas.
Oui, on va y arriver. On va y arriver. Mais sachez que, de prime abord, lorsqu'on interroge l'individu, on n'a fait aucune préparation avant l'heure qui est la nôtre. Donc c'est à brûle-pourpoint que je vous pose une question, et c'est à brûle-pourpoint que vous répondez. Personne n'a été préparé.
Mais dans ce que tu dis, en amont de la réponse qui va être la mienne à cet instant-là, même si je la fais dépendre d'un élément extérieur à moi, il y a moi qui est derrière cette réponse. Nous le verrons dans un instant, et quand nous verrons le texte du Tanakh, vous allez voir comment c'est intéressant et même passionnant.
Je disais: si j'accepte les réponses qui sont les vôtres, je viendrais dire, d'une certaine manière, que ma sensibilité, mon émotion et mes réactions en conséquence ne dépendent que de cet événement tiers ou de cette réalité tiers. Et donc, la conclusion naturelle à laquelle l'individu serait amené, c'est de dire quoi ? Je n'y peux rien.
Je ne contrôle pas, je ne gère pas. Si j'ai bien mangé, je suis satisfait. Mais si j'avais mal mangé, il aurait été insatisfait. C'est ce que vous avez dit. Tu es joyeux parce que ce cours t'intéresse. Mais s'il ne t'intéressait pas, tu ne serais pas triste, mais tu ne serais pas là. Cela veut dire que, par conséquent, d'un événement ou d'une réalité tiers, je suis. Or ce n'est pas exactement comme ça.
Je vous ai écrit ici, c'est pour ça que je vous demande de noter, à mon avis c'est important. Regardez comment la Torah nous le demande. J'emploie le verbe « demander » en français. En vérité, vous savez que la Torah, l'enseignement qui nous est donné dans le projet divin, est une ordonnance. Mais c'est un autre débat.
Entre ordonner et demander, c'est un autre débat. J'essaie de traduire par « demander » parce qu'il y a dans la demande quelque chose de plus chaleureux que dans l'ordonnance. Mais, comme je l'ai dit, c'est un autre débat. Prenons par exemple des phrases que vous connaissez sans aucun doute: Ve'ahavta et Hachem Elokecha, tu aimeras l'Éternel ton Dieu. Lo tissnéh et ahicha bilvavecha, tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tu te réjouiras lors de ta fête. Attendez, je réfléchis un instant. Si la Torah me dit: tu ne haïras pas ton prochain dans ton cœur, tu aimeras ton prochain comme toi-même, et tu devras te réjouir lors de ta fête, c'est que la Torah considère que quoi ? Dites-le. Plus fort, je n'entends pas.
Qu'est-ce qu'elle veut dire ? Mettez les points sur les i. Cela doit venir de toi, mais cela veut dire… La Torah est un enseignement: que vient-elle t'enseigner ? Cela doit venir de toi, mais qu'est-ce que cela veut dire du point de vue pédagogique ? La Torah vient te dire: non, nous ne pouvons pas comprendre tel que nous l'avons compris à travers vos réponses aux questions posées précédemment,
et d'où vous avez tiré la conclusion qu'il m'est pratiquement impossible de gérer ou de contrôler ce que je suis. Mais la Torah, en te demandant, encore une fois j'emploie le verbe « demander », d'aimer ton prochain, de ne pas haïr ton frère, de te réjouir, vient te dire: non, en toi est la tour de contrôle. En toi, il y a la possibilité
Cours de Machon Meir
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