La sortie d'Égypte, une mémoire vivante pour chaque génération
Pourquoi la Torah nous demande de nous voir comme sortis d'Égypte, et ce que la sortie apprend sur la confiance en Hachem.
Rav Dov Bigon
Ensuite : Les ténèbres d'Égypte et la dépression du cœur, 24 min
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Le sujet de la paracha de la Torah, c'est la sortie d'Égypte. Avec votre permission, je voudrais nous concentrer un peu sur la sortie d'Égypte. Tout d'abord, nous avons une mitsva de la Torah: se souvenir de la sortie d'Égypte chaque jour. Chaque jour, nous devons nous en souvenir, et nous la mentionnons d'ailleurs en récitant le Chema.
Nous mentionnons l'Écriture.
Dans la paracha, on parle de la sortie d'Égypte, Yetsiat Mitsraïm, mais on voit que Yetsiat Mitsraïm ne concerne pas seulement la paracha que nous lisons cette semaine. Elle est contenue dans toutes les mitsvot importantes que nous accomplissons, par exemple le Chabbat. Il y a l'obligation quotidienne de la mentionner: la sortie d'Égypte figure dans la Kriat Chema quotidienne, dans le Kiddouch du vendredi soir.
Cela entoure et concerne énormément de mitsvot. Comment se fait-il que cette sortie concerne autant de mitsvot de la Torah ?
Il y a des gens, ce qu'on appelle très « proches », qui ne voient que l'aujourd'hui, car demain nous mourrons. Ce qui les intéresse, c'est uniquement ce qu'il y a aujourd'hui. Qu'est-ce qu'il mange à l'avion, c'est ça. C'est le plus important. Ils ne s'intéressent ni à ce qui était ni à ce qui sera, seulement à ce qu'il y a aujourd'hui. Mais la Torah nous indique que l'homme est lié à son passé.
Le Rav nous dit qu'on va parler pour comprendre cela, il faut parler de la notion du temps.
Il y a chez certaines personnes qui ne s'occupent pas du temps. Elles s'occupent du présent. Elles ne s'occupent ni du passé, ni du futur. Elles voient le présent comme la seule réalité: qu'est-ce qu'on a à manger aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? Hachab. Elles veulent vivre le temps présent, totalement déconnectées du passé. Or, lorsqu'on se tourne vers la Torah, on voit que l'homme, Israël, se tourne tout le temps vers le passé. On se tourne vers son père, son grand-père, son arrière-grand-père, les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob. On se tourne vers le passé.
Alors que la pensée moderne préfère se tourner vers le temps présent. On veut savoir comment cela se fait, et ce qu'on gagne à se tourner vers le passé plutôt que de vivre le moment comme il est présent. Les Hazal disent qu'il faut voir l'homme comme s'il sortait d'Égypte. C'est-à-dire que ce qui était est pertinent, maintenant. Tout homme doit se voir comme s'il sortait d'Égypte.
Le Rav nous dit que, même pour une mitsva, le jour de Pessah, il faut se voir k'ilou, comme si l'on était sorti soi-même d'Égypte.
Comment cela se fait-il ? On n'est pas sorti d'Égypte ? Non ! Il faut se voir comme si l'on était sorti d'Égypte. Comment se fait-il qu'il existe une mitsva comme celle-là, qui demande de ressentir k'ilou que, maintenant, toi aussi tu es sorti d'Égypte en même temps que l'homme Israël ? Où trouve-t-on une mitsva comme celle-là ? Et pourquoi, dans cette mitsva en particulier, exige-t-on cette connaissance du k'ilou: « on est sorti d'Égypte » ?
Mitsraïm est un élément géographique, historique, mais le mot Mitsraïm vient de la langue de la tsara. Me-tsar, en hébreu, c'est un endroit de tsar. Mitsraïm, c'est beaucoup de tsara, un endroit où il y a beaucoup de tsara.
Il y a des personnes qui ont des souffrances en ce moment, des douleurs, des problèmes. Qu'elles lèvent la main.
Ne pas être triste. C'est une façon particulière, mais aussi une façon nationale, une façon mondiale. Oui, s'il vous plaît. Il y a un endroit qui est réglé à Yerouchalayim. C'est précisément la sortie d'Égypte de la Torah. Comment ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
Maintenant, nous sommes à Pessah. Il y a plusieurs mitsvot du Seder, mais la mitsva principale du Seder, c'est de manger de la matsa. Pourquoi manger de la matsa au Seder ? Pourquoi manger de la crème ? Il n'y a pas de matsa. Les Hazal disent qu'il n'y a pas suffisamment de hametz, et voilà, ils ont découvert le Seder. C'est-à-dire qu'il y a eu une matsa d'environ dix-huit minutes, qu'ils sont sortis du noir.
Il y a des milliers d'années, des milliers d'années, des milliers d'années.
En Égypte, nous voyons quelque chose qui n'est pas naturel. Tout change d'un coup. Pourquoi ? Israël nous enseigne qu'il y a un Elohim. Il ne suffit pas que tout marche seulement par la nature, par la matière, par la légalité. Il y a aussi l'intervention divine, qui s'appelle en hébreu.
Il y a l'État de la nature, nous travaillons, nous nous concentrons là-dessus, mais HaKadosh Baroukh Hou a la capacité de tout faire, d'un coup. Cette émouna dans la réalité de Hachem: non seulement Il existe, mais Il a la capacité de faire un changement spectaculaire, d'un seul coup, de tout faire. À l'exécution de Mitsraïm, mais pas seulement. C'est tout un. C'est la fondation de la émouna. Notre émouna n'est pas seulement une émouna de nom.
Le Rav nous dit que lorsqu'on était en Égypte, on parle de sortir d'Égypte. Sortir d'Égypte, cela se dit Yetsiat Mitsraïm. Mitsraïm, mi, cela veut dire deux.
Sraim, c'est le mot tsar. Tsar, ce sont les douleurs, la souffrance, les problèmes. Sraim, ce sont les souffrances au pluriel, en quantité. Lorsqu'on doit sortir d'Égypte, on doit sortir des souffrances. Cela, c'est au niveau individuel. Au niveau individuel, les gens disent: ma vie, il y a des problèmes, il y a ces problèmes-là, il y a ces problèmes-là. Savoir qu'on sort d'Égypte, c'est savoir la possibilité que HaKadosh Baroukh a, la force qu'Il a, qu'en une fois,
Il peut nous sortir de tous les problèmes. C'est pour cela que le Rav a demandé d'éteindre la lumière, il doit allumer la lumière. En un moment, on n'était pas en Égypte, et puis, tout d'un coup, on est sorti d'Égypte. On était en Égypte, on est sorti d'Égypte. Cette confiance, ce n'est pas seulement dire que Hachem est un, qu'Il existe. C'est avoir cette confiance que, dans le même moment, en un clin d'œil, Il peut tout changer.
C'est nous donner cette confiance, c'est cela que le Seder. Lorsque le père va dire à son fils qu'on est sorti d'Égypte, lorsque le grand-père va dire à son petit-fils qu'on est sorti d'Égypte, cela va rentrer en nous et dans notre conscience: Hachem, Oukol Yechol, HaKadosh Baroukh Hou, a tout, a cette capacité. Ce n'est pas qu'Il est limité, Chazé Chalom. Mais une personne qui se trouve dans la douleur doit mettre sa confiance dans le fait que tout peut changer, que tout peut se renverser en un seul moment.
Rachi dit, de la langue de la psychologie, une fois. Dans la conduite du monde, il y a deux formes: une forme naturelle, dégradée, petit à petit. Mais il y a une autre manière: Pessah. Qu'est-ce que Pessah ? Cela change tout d'un coup. Tu veux te marier ? Une fois, tu te maries. Et voilà.
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