Préparer le Chabbat : participer, dîmes et veilleuses
Pourquoi chacun doit prendre part aux préparatifs du Chabbat, et comment prélever troumot et maasrot.
Rav Moche Luksenberg
Ensuite : Les paroles de Chabbat : éviter d'évoquer le travail interdit, 11 min
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Bonjour, nous allons donc continuer, comme d'habitude, avec les lois de Chabbat. Loi extraite du Kol Sofer, le cours hebdomadaire retransmis par satellite de notre rabbin maître, le Rav Mordechaï Eliyahou Chlita. Nous allons préparer aujourd'hui, parler aujourd'hui un peu de la préparation du Chabbat. Tout d'abord, il faut savoir que c'est une grande mitsva de participer soi-même au préparatif de Chabbat. Le Choulhan Aroukh stipule
que même celui qui a de nombreux serviteurs devra lui-même faire au moins quelque chose en l'honneur du Chabbat. On l'apprend de nos maîtres, les sages de la Guémara, les Amoraïm. On voit par exemple que Rav Rizda coupait lui-même la salade en tout petits morceaux pour le Chabbat. Rabba, Rav Yosef, coupait le bois en petits morceaux pour la fournée du Chabbat. Rabbi Zera lui préparait lui-même la fournée du Chabbat. Quant à Rav Nahman,
ils rangeaient la maison, ils arrangeaient tous les ustensiles de la semaine, sortaient tous les ustensiles de Chabbat. On voit donc que tous ces maîtres, qui étaient des sommités, des très grands de la Torah, n'avaient pas peur de relever le manche, ne craignaient pas pour leur dignité. Il faut donc savoir que c'est un grand mérite, un grand honneur de participer soi-même à la préparation du Chabbat, à la préparation du Chabbat,
et de ne pas craindre pour son honneur personnel. Il ne faudra pas non plus prétexter que c'est une perte de temps pour l'étude de la Torah. C'est au contraire quelque chose de très important. Spécifiquement en hiver, lorsque les journées sont courtes et que le Chabbat rentre tôt, il faudra aider sa femme afin que tous les préparatifs de Chabbat soient terminés avant l'entrée du Chabbat.
Alors, nous avons pour coutume de lire lors de la Kabbalat Chabbat le deuxième chapitre de la Michna du traité de Chabbat, le chapitre Bamé Madlikin, « Comment allume-t-on les veilleuses de Chabbat ». Or, la dernière Michna de ce chapitre, qui est citée dans la Guémara, page 34, dit, je cite: « Il y a trois choses que l'on doit rappeler dans sa maison avant la tombée de la nuit: avez-vous prélevé le maasser, la dîme ? Avez-vous préparé l'érouv ? Allumez la veilleuse de Chabbat. »
Donc, chaque personne devra, avant l'entrée du Chabbat, demander délicatement aux personnes de sa maison si tous les préparatifs de Chabbat sont terminés, s'ils ont préparé l'érouv et prélevé la dîme, le maasser. Alors, même de nos jours, il est important de toujours demander si la dîme, le maasser – c'est le prélèvement auquel on doit procéder sur tous les fruits et légumes – si tous ces prélèvements ont été effectués
comme il se doit.
Nous allons donc ouvrir une petite parenthèse au sujet des lois concernant les téroumot et les maasrot, c'est-à-dire les prélèvements et les dîmes que l'on doit faire sur les fruits et légumes. Le Rav Eliyahou raconte qu'une fois, il a fait un cours à la synagogue Milchat Yehouda, à côté du marché Mahané Yehouda à Yerouchalaïm. Pour illustrer son cours, qui traitait justement des lois des dîmes et des prélèvements, il avait amené une boîte d'amandes
pour pouvoir illustrer les différents prélèvements auxquels on doit procéder. Or, à la fin du cours, un homme est venu lui dire qu'il n'avait pas compris, qu'à son avis le Rav n'avait pas bien expliqué, et qu'il n'avait pas compris comment il fallait procéder. Alors le Rav a repris lentement les explications avec la boîte d'amandes. Une fois, deux fois, l'homme ne saisissait toujours pas comment il fallait faire. Alors le Rav, du haut, lui a demandé s'il avait pour habitude, à l'entrée de Chabbat, de lire le chapitre Bamé Madlikin,
L'autre lui a répondu que bien évidemment, puisque cela fait partie de la Kabbalat Chabbat. Alors le Rav lui a dit que si c'est comme ça, ta femme est plus érudite que toi, puisque chaque vendredi tu demandes à ta femme si elle a bien prélevé les dîmes: c'est donc qu'elle sait déjà comment procéder, alors que toi, pas encore.
En pratique, celui qui ne sait pas comment procéder, ou qui n'a pas le temps, prélèvera une petite quantité pour la térouma, le premier prélèvement, et une quantité pour la dîme, et il dira qu'il fait ses prélèvements selon ce qui est marqué dans le Sidour Kol Lyaou à la page 908, ou comme cela est marqué dans le tableau des téroumot et des maasrot. Celui qui a l'habitude d'acheter chez un marchand de fruits et légumes, dont les dîmes et les téroumot sont déjà prélevées, devra tout de même, à chaque fois qu'il achète, lui redemander si tous les prélèvements, les dîmes, les maasrot, ont bien été prélevés comme il se doit. C'est une mitsva de lui redemander à chaque fois.
Alors, comment procède-t-on à ces prélèvements ? À l'époque du Temple, on procédait de la manière suivante. L'agriculteur devait tout d'abord prélever 2 % de sa récolte qu'il donnait au Cohen: c'est ce qu'on appelle la térouma guedola, le grand prélèvement. Ensuite, il prélevait un dixième de ce qui reste, qu'il donnait au Lévi: c'est le maasser richon, la première dîme, qu'ils donnent au Lévi. Le Lévi, en recevant cette dîme, en prélevait lui-même un dixième, donc un dixième du dixième – en hébreu, maasser min hamaasser – et cette dîme de la dîme, il la redonnait au Cohen.
Après cela, l'agriculteur avait alors une deuxième dîme à prélever: soit le maasser chéni, la deuxième dîme, soit le maasser ani, la dîme du pauvre,
selon l'année du cycle shabbatique à laquelle il se trouve, comme on va l'expliquer tout de suite.
Alors, vous savez que tous les sept ans, c'est ce qu'on appelle la Chmita, l'année shabbatique, pendant laquelle on n'a pas le droit de travailler la terre. Cela nous donne donc un cycle de sept ans. La première, la deuxième, la quatrième et la cinquième année de ce cycle, après avoir prélevé la grande térouma et le premier maasser,
on prélève le maasser chéni, la deuxième dîme. Cette deuxième dîme, au temps du Temple, doit être mangée dans la pureté à Yerouchalaïm. De nos jours, on rachète cette deuxième dîme sur une pièce de monnaie que l'on doit détruire par la suite. La troisième et la sixième année du cycle sabbatique, on prélève à la place le maasser ani, la dîme du pauvre, que l'on doit donc donner à un pauvre. Il est possible, de nos jours, de convenir avec un pauvre qu'il profite de manière automatique de cette dîme du pauvre.
Pour savoir comment procéder à cela, il faudra demander au Rav Eytan la manière exacte de procéder. Alors, certains pourraient penser que l'agriculteur a beaucoup de prélèvements à faire. Si on regarde bien, finalement, sur toute sa récolte, il doit prélever en tout 22 %.
Il reste donc pour lui soixante-dix-huit pour cent. Celui qui pense que cela fait beaucoup devra comprendre qu'au contraire, celui qui fait toutes les dîmes et les téroumot comme il se doit aura la bénédiction, le rabracha, et, comme le disent les Rabanim, celui qui procède comme il faut à ses prélèvements ne pourra que …
Cours de Machon Meir
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