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Le vidouï, la confession, et le bouc de Kippour

Comment le vidouï se formule, pourquoi trois termes pour le péché, et le rite du bouc émissaire.

55 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Techouva et kapara : la parole, la personne et l'expiation, 55 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour tout le monde. Nous continuons notre pénétrante étude du livre Hilchot Techouva du Rambam. Je crois que nous sommes arrivés au premier chapitre, dans la première halakha, si je ne me trompe. Est-ce que nous sommes arrivés à l'explication du fait que le vidouy se fait par la parole ? Non. Oui ? On a expliqué pourquoi la parole ? On a parlé de la parole.

Nous allons donc passer à la suite: Keitsad mitvadin. Comment fait-on le vidouy, comment fait-on sa confession ? Omer: il faut qu'il dise Ana Hachem, de grâce éternelle, hit'hati, he'evit'i, pachati. J'ai péché, j'ai transgressé et je me suis révolté. Lefanekha, devant toi, et j'ai fait telle et telle chose. Et présentement je regrette, c'est-à-dire je regrette. J'ai honte de mes actions. Je ne reviendrai jamais à cet acte. C'est cela l'essentiel du vidouy.

Bon, alors évidemment plusieurs questions se posent. Tout d'abord, pourquoi trois expressions: hata'ti, avi'ti, pacha'ti ? C'est qu'il s'agit en fait de trois modalités différentes de péché, et on a appris ici une formule générale qui permet d'englober toutes les modalités. Le het, c'est le péché qui est fait de façon involontaire, c'est le shogueg, l'avon. D'où le verbe aviti signifie le péché volontaire, la transgression, comme on dit. Et pachati, le pecha, signifie le péché qui est le fruit d'une révolte: je le fais par révolte contre l'autorité. Ce sont donc une gradation dans la gravité: hata'ti, avi'ti, pacha'ti. Lefanekha, devant toi. C'est-à-dire que, du point de vue de la halakha, le vidouy ne concerne que les mitsvot.

De manière plus générale, la techouva est beaucoup plus large que les mitsvot. Par exemple, retrouver sa bonne santé après avoir perdu sa santé, c'est également un acte de techouva, bien que ce ne soit pas une techouva au sens de la halakha. Mais il y a également une techouva halakhique, celle qui répare la transgression des commandements de la Torah, et celle-là demande le vidouy. À part ça, il y a une déclaration importante: ouleolam eyni shav la-davar hazeh, jamais je ne reviendrai à cette chose-là.

Donc, d'abord on dit: j'ai honte de ce que j'ai fait, et jamais je ne reviendrai à cela. C'est une décision qui est prise de ne plus jamais accomplir ce péché, ces transgressions. N'est-ce pas ? Par exemple, quel genre de péché ça peut être ? Par exemple le fait d'arriver en retard au cours. Alors, quand on fait techouva, on prend sur soi de ne plus revenir à ce péché. Ah, bonjour. Vous n'avez pas remarqué. Et donc...

Ça veut dire que la techouva englobe en fait trois temps: le présent, le passé et l'avenir. Dans le présent, c'est quand je prends conscience d'être en situation de péché, et donc je fais le vidouy. Mais il y a également le regret de l'avoir fait, ce qui se rapporte au passé. Et l'acceptation pour l'avenir, qui conserve l'avenir. C'est ça ? Vous avez donc ici les trois temps qui font partie de la techouva. Si vous voulez, d'une certaine manière, la techouva, c'est une façon de voyager dans le temps. On voyage dans le passé, dans l'avenir, ce qui dénote une capacité de l'homme d'inclure dans sa pensée le passé et l'avenir, contrairement à la bête. Et c'est intéressant, parce que ça veut dire qu'on peut transformer, par exemple, le passé en avenir.

Le passé, c'est passé, n'est-ce pas ? Il n'y a pas à revenir là-dessus. Eh bien, la réponse, c'est que si, on peut revenir là-dessus. Le passé appartient au passé, mais on peut le transformer par la techouva, par exemple. Il y a une particularité grammaticale en hébreu qui met cela en évidence, c'est ce qu'on appelle le vav hahipoukh, le vav conversif. Vous savez ce que c'est, le vav conversif ? Vous connaissez le vav conversif ? Qu'est-ce que c'est, le vav conversif ? Hein ?

Oui, c'est un vav. Un vav, tu sais ce que c'est ? Il y a un vav qui permet de transformer un verbe qui est au passé en avenir. D'accord ? Yomer, vayomer. Et hayah, vehayah. D'accord ? C'est-à-dire qu'on peut transformer le passé en avenir et l'avenir en passé. C'est le vav conversif. C'est une particularité grammaticale qui ne se trouve qu'en hébreu, et dans aucune langue, dans aucune langue sémitique même. C'est-à-dire qu'il y a des langues sémitiques qui sont proches de l'hébreu, mais c'est dans l'hébreu seulement qu'on a découvert cette particularité du vav conversif. Ce qui correspond à cette capacité qu'ont les Hébreux de faire techouva.

Oh, comme c'est gentil. Je suis très touché. Merci. Bon, alors c'est ça, donc, l'essentiel du vidouy. Continuons.

Et qui s'étend sur cette idée-là, sur ce sujet: c'est préférable, c'est louable, leharbot mishuvah. Donc, d'après le Rambam, il est bon de faire souvent le vidouy et de faire un long vidouy. Là, nous avons une controverse, disons, diamétrale entre les kabbalistes et les pashtanim. Les pashtanim, c'est-à-dire les maîtres du niglé de la loi, révéler, tel que le Rambam, disent qu'il est bon de faire souvent le vidouy. Les kabbalistes, au contraire, s'y opposent. D'après le Hari, Rabbi Yitzhak Loria, il ne faut faire qu'un seul vidouy dans chaque prière. Par exemple, dans les prières de Kippour, on fait le vidouy pendant la Amida, on fait le vidouy pendant la hazara, et c'est tout. Alors que dans les anciens mahzorim, il y avait de nombreux vidouyim dans la Amida.

Mais ils ont été supprimés par les kabbalistes. Et le Hari disait que celui qui fait plus d'un seul vidouy, alors si vous êtes des âmes sensibles, je vous demande de sortir, il dit que c'est comme un chien qui remange son vomi. J'espère que ça ne vous dégoûte pas trop. Mais ça veut dire que quand on fait le vidouy, c'est comme si on avait vomi. C'est-à-dire qu'on s'est dégagé, on s'est libéré d'un aliment empoisonné, le péché. Le péché est sorti. Maintenant, si je refais le vidouy, ça veut dire que je me réalimente du péché. C'est-à-dire que je remémore en moi les forces qui m'ont permis de faire le péché, qui m'ont amené à le faire.

Alors, le minhag chez nos frères séfarades, c'est de faire comme les kabbalistes, donc de ne faire qu'un seul vidouy. Et le minhag, je crois, chez nos frères ashkénazes, c'est d'en faire plusieurs. Donc il y a différentes fixations de la halakha. Chez nos frères yéménites, ça se divise en deux camps, les baladi et les shami, mais enfin, ça c'est autre chose. Donc c'est ce que dit le Rambam: il est bon de faire souvent le vidouy. Pour le Rambam, c'est parce que cela approfondit la techouva. D'après les kabbalistes, il ne faut pas le faire, parce que cela approfondit le péché. C'est en fait deux stratégies psychologiques qui, toutes les deux, se valent.

Ceux qui doivent amener un hatat ou un acham. C'est quoi, un hatat et un acham ? Ce sont des sacrifices qu'on amène pour différentes transgressions, n'est-ce pas ? Le hatat est appelé, je crois, un sacrifice expiatoire. Non, non, il y a autre chose. Il y a des …

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