Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le juste milieu, cœur de la morale selon Maïmonide

Le bien est un juste milieu entre deux excès, et Maïmonide en donne des exemples concrets.

45 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les vertus intellectuelles selon le Rambam, 53 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Si je ne me trompe pas, nous sommes dans le chemin des Proakim et nous sommes au troisième chapitre, n'est-ce pas ? On a parlé, je crois, du mythe de Dédale et Icare, n'est-ce pas ? Donc on avait vu, dans le troisième chapitre, le problème posé par ce qu'on appelle le critère de la morale, c'est-à-dire qu'il faut se comporter selon le bien et non selon le mal.

Mais la définition exacte du bien et du mal nécessite quand même une certaine poussée divine, qui correspond un peu aux ailes des aigles qui sont données par HaKadosh Baroukh. En tout cas, ce que nous avons vu dans le deuxième paragraphe du troisième chapitre, c'est qu'il y a différentes manières de considérer son état de maladie morale.

De même qu'il y a différentes manières de considérer son état de maladie physique. Il y a chez les malades physiques trois sortes de personnes. Il y a ceux qui savent qu'ils sont malades et qui consultent le médecin, et donc ils guériront. Il y a ceux qui savent qu'ils sont malades mais ne veulent pas guérir, donc ils vont mourir. Et il y a ceux qui ne savent même pas qu'ils sont malades, ils se croient en bonne santé, et donc ils vont mourir aussi. D'accord ? Il y a donc trois sortes. Il en est de même pour les maladies morales. Celui qui sait qu'il a besoin de guérir va voir le spécialiste, qui est le sage.

Donc je reprends ici le texte. Ouhmo She'acholi Magoufanim. Vous y êtes ? Ça commence par les mots Ouhmo. Ve-Hamo... De même que les malades du corps.

Qu'est-ce qu'ils font quand ils se savent malades ? Ils ne connaissent pas la médecine. Ils interrogent les médecins pour qu'ils leur disent, leur enseignent ce qu'il faut faire. Et ils se préviennent des choses qu'ils pensent être agréables mais qui sont cause de maladie.

Et les médecins les obligeront à prendre des choses repoussantes et amères, jusqu'à ce que leur corps guérisse. De sorte qu'ils reviendront à choisir le bien et à écarter le mal.

Ken rofé, ken holé ha-néfachot: il en est de même pour ceux qui sont malades au niveau du nefesh, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas de moralité, les vicieux, comme on dit en français. Tsarikh lahem she-yishalou ha-hakhamim, she-m'rofé ha-néfachot: ils doivent interroger les sages, qui sont les médecins de l'âme. Ve-yazhirou mi-naot ahen, et qu'ils les mettent en garde de ces mots-là: Asher yachevou bahen shetovot, qu'ils s'imaginent être bons.

Ils les guériront avec la méthode par laquelle on guérit les midot de l'âme, que je mentionnerai dans le chapitre à venir. Oui ? Voilà. C'est donc dans le quatrième chapitre.

Du nefesh, ils ne sont pas conscients d'être malades, ils s'imaginent qu'ils sont en bonne santé. Ou bien ils se savent malades mais ne veulent pas guérir, ce qui est la fin du malade, lorsqu'il est entraîné par ses plaisirs et ne veut pas guérir.

Il mourra sans aucun doute. Sans doute. C'est-à-dire que celui qui ne veut pas guérir va mourir. Alors il y a deux sortes de maladies et donc deux sortes de morts. Il y a la maladie physique, qui entraîne la mort physique, et il y a la maladie morale, qui entraîne la mort morale. C'est quoi, la mort morale ? La Guemara dit même:

De leur vivant, les Rechaïm sont appelés des morts, et même après leur mort, les Tsadikim sont appelés vivants. Un quart d'heure avant sa mort, il était encore vivant. C'est ce qu'on appelle une lapalissade. Ava ala Margishi. Maintenant, toutes ces catégories qui ont été mentionnées, on les trouve également dans les versets de la Torah. Alors, ce que va faire le Rambam, il va nous donner ici des illustrations de ces différents types, les personnages selon les versets de la Torah.

Allons-y. Ceux qui sentent leur maladie mais qui sont entraînés par leur plaisir, la Torah dit, lorsqu'elle cite leur parole:

J'irai dans l'obstination de mon cœur, afin de satisfaire le désaltéré par la soif. Retonnez le mar: cela veut dire qu'il a pour intention de désaltérer, d'assouvir sa soif. Mais en vérité,

il ne fait qu'ajouter de la soif. C'est comme quelqu'un qui boit de l'eau salée, l'eau de mer, pour se désaltérer. Ah, mais al she-enam ar-gishim badavar: ceux qui ne savent même pas, qui ne ressentent même pas leur mal. Amar Shlomo Hamelech al Hashalom alehem, le roi Salomon, que la paix soit sur lui, disait d'eux: Derech evil yachar be-einav, ve-shomea le-etza hakham. Le chemin de…

…l'insensé lui semble droit à ses yeux. Celui qui écoute le conseil est un sage. Le Rambal disait: celui qui écoute le conseil du sage est lui-même un sage, parce que le sage l'informera de la voie qui est véritablement droite, et non pas de ce que lui pense être la droite.

Oui, c'est vrai. De même, il y a des discussions entre les différents médecins, mais de manière générale la médecine donne la santé, et l'absence de médecine entraîne la maladie, même s'il y a des débats entre les médecins. De même, les hachamim ont différentes opinions, c'est vrai. Mais malgré tout, ceux qui écoutent les hachamim sont des hommes de moralité, tandis que ceux qui ne les écoutent pas sont des méchants. C'est ça ?

— Des méchants, oui, bien sûr. Des méchants.

Les Rechaïm. Oui. Est-ce que les Chachamim disent de faire le bien ? Celui qui ne suit pas le Chacham fait le mal.

— Ah ! Très bonne question. Est-ce qu'il peut avoir des comportements qui sont neutres, ni bien ni mal ?

— Donc il fait le bien ?

— Oui, mais ça s'appelle faire le bien, ce que tu veux dire. C'est-à-dire avoir de bonnes midot, ça entre dans le cadre de faire le bien. Il y a tout un débat chez les Chachamim du Moyen Âge: est-ce qu'il existe ce qu'on appelle un champ neutre, où tout n'entre pas dans les catégories du bien et du mal ? Le Rambam pense que tout rentre dans les catégories du bien et du mal, tous les comportements humains.

— Non, selon Rabbeinu Bahya, ça existe. Selon Rabbeinu Bahya et Ibn Pakouda, ça existe.

— Mais est-ce que le neutre ne serait pas pire que le mal ?

— Je ne sais pas. Être quoi ?

— Tout ce que tu dis là, c'est Sartre. Le non-engagement est également une forme d'engagement. Bon. Ex voto.

— Quoi ? Le juste ?

Le juste, c'est celui qui fait le bien, et le méchant, c'est celui qui fait le mal. C'est très simple. Des définitions simples et claires, hein ?

— Manichéen ?

— Oui, c'est manichéen. Et alors ? Le bien et le mal, c'est manichéen. Oui. Qu'est-ce que c'est que le bien, et qu'est-ce que c'est que le mal ? Bon flanc. Alors, nous avons pour ça le quatrième chapitre. Je ne sais pas, c'est une décision, mais je ne sais pas encore. On va voir ce …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

97 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Maïmonide, Rambam, Les huit chapitres, Libre arbitre.

  1. 24
    La volonté, siège de la responsabilité morale selon le Rambam
    Où se situe la volonté dans l'âme, et pourquoi seule la liberté rend l'homme responsable de ses actes.
    51 min
  2. 25
    Maïmonide : l'âme humaine et la liberté morale
    Les cinq parties du nefesh, passage de la puissance à l'acte, et ce qui relève ou non de notre liberté.
    50 min
  3. 26
    Maïmonide : la prophétie et la cloison des vertus
    Pourquoi la prophétie suppose une part de sagesse et de bonnes midot, et ce que la « cloison » entre Dieu et le prophète signifie.
    51 min
  4. 27
    Maïmonide : la prophétie, le sage et la colère d'Élisée
    Pourquoi la colère fait perdre la prophétie, et comment la question du sage ouvre déjà la voie vers la réponse.
    48 min
  5. 28
    Le juste milieu, cœur de la morale selon Maïmonide
    Le bien est un juste milieu entre deux excès, et Maïmonide en donne des exemples concrets.
    En cours de lecture
  6. 29
    Les vertus intellectuelles selon le Rambam
    Sagesse, entendement et présence d'esprit, et leurs défauts opposés, avec l'exemple de la chaise.
    53 min
  7. 30
    Maladie de l'âme et santé morale selon Maïmonide
    Le Rambam compare la santé de l'âme à celle du corps et montre comment le mal fausse le jugement sur le bien et le mal.
    45 min
  8. 31
    Maïmonide, la liberté et les lois de la nature
    Pourquoi les lois de la nature sont voulues par Dieu sans que chaque chute soit une décision nouvelle, et ce qui oppose le Rambam aux mutakallimin.
    52 min
  9. 32
    Les tsadikim aux comportements extrêmes selon Maïmonide
    Pourquoi certains justes s'éloignaient du juste milieu, et le cas du nazir Shimon HaTsadik.
    40 min
  10. 33
    Santé et maladie de l'âme selon Maïmonide
    Le bien et le mal comme critères de santé morale, et pourquoi la définition du bien n'est pas toujours évidente.
    48 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav