Maladie de l'âme et santé morale selon Maïmonide
Le Rambam compare la santé de l'âme à celle du corps et montre comment le mal fausse le jugement sur le bien et le mal.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Maïmonide, la liberté et les lois de la nature, 52 min
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## Maladie de l'âme et maladie du corps
Troisième chapitre des Chemona Pérakim. Il y a un sous-titre qui est un peu trompeur: le terme Holi Nefesh, que l'on traduirait en hébreu moderne par maladie mentale. Ici, il s'agit de la maladie morale. D'accord ? Le Rambam nous parle donc d'un problème de morale et non d'un problème de psychiatrie.
Amrou Haqadmonim, les anciens ont dit. Qui sont les anciens ? Aristote ? Oh là là, vous êtes bien informés.
Il s'agit d'Aristote, dans l'Éthique à Nicomaque, ainsi que d'Abou Nasr al-Farabi, commentateur privilégié d'Aristote d'après le Rambam. Qu'est-ce qu'ils ont dit, les anciens ? Ils ont dit: Kéch ha-nefech bi-yedoua be-holi, l'âme est susceptible de santé et de maladie. Kemo ch'ha-guf bi-yedoua be-holi, de même que le corps est susceptible de santé et de maladie. C'est-à-dire qu'il y a un comportement, une manière d'être qui est saine, et une autre manière d'être qui est une maladie.
Alors, c'est quoi la santé de la nefech ? Be-yedouta nefachi, la santé de l'âme consiste en ceci: cheti-yihé tikounah ou tikounat ha-kocha, que sa qualité et la qualité de ses parties soient des qualités tekhounot cheta'assé ba-hen tadira tovot ve-pe'ulot ha-tovot, qui l'entraînent à toujours faire les actions qui sont bonnes, à toujours faire le bien.
C'est-à-dire que si je suis naturellement porté à faire le bien, c'est que je suis en bonne santé. Mon âme est saine. Il y a différents degrés. Il y a différents degrés de santé. Par exemple, quand je suis en bonne santé, ça veut dire totalement, ou pas ? Oui, il peut y avoir des mélanges. Il y a des degrés.
Et la maladie consiste en ceci: cheti-yihé ha-khounata ou ha-khounatra ha-kocha, de sorte que sa qualité et la qualité de ses parties soient des qualités qui l'entraînent à toujours faire le mal et les actions déplorables.
Et en vérité, pour ce qui est de la santé du corps et de ses maladies, c'est l'ouvrage de la médecine de s'en occuper.
Il y a donc une sorte de parallèle. De même que ceux qui sont malades dans leur corps, à cause de la détérioration de leurs sens, pensent que ce qui est amer est doux et que ce qui est doux est amer, et s'imaginent que des choses qui ne sont pas convenables sont convenables, et ils ont un grand appétit, et de grands désirs qui ne procurent aucun plaisir aux hommes en bonne santé, et qui peuvent même amener de la souffrance...
Comme la consommation de la poussière et du charbon. C'est-à-dire, ça s'appelle des cigarettes et des pipes. D'accord ? On peut être malade et donc consommer du tabac, et s'imaginer que c'est très bon. Ve-advari ma'afutsim ve-hamoutsim me'od, ainsi que des choses très fortes et très acides. Par exemple, le whisky, la vodka. D'accord ? Les alcooliques s'imaginent qu'il n'y a rien de plus agréable à boire au monde que l'alcool. Or, c'est grave, parce que l'alcool, pour quelqu'un en bonne santé, c'est dégoûtant.
Donc, vraiment, la cigarette et l'alcool, ce n'est pas tellement nocif, par exemple, si on s'en sert comme serre-papiers, ou bien pour...
Oui, il y a de très grands médecins qui sont payés pour dire que ça ne fait pas de mal. D'ailleurs, ils sont très bien payés, par Marlboro et... etc. D'accord ? Bon.
Ha-cher lo ye-ha-vou la-im abrim, que les hommes en bonne santé ne désirent pas, va-limassu otam, au contraire, les rejettent. Il y a donc une détérioration des sens dans la maladie physique. Ken be-cholé ha-nefachot, il en est de même pour ceux qui sont malades dans leur nefech.
Ceux qui sont mauvais, c'est-à-dire ha-ra'im, ou ba'alé midot ra'ot, ceux qui ont des défauts, s'imaginent que ce qui est bien est mal, que ce qui est mal est bien, ou que le bien est mal et le mal est bien. C'est-à-dire qu'on peut perdre l'échelle des valeurs, le sens du bien et du mal. On peut perdre ce sens, et même, au contraire, l'inverser.
L'homme est mauvais, il est toujours à la recherche de choses difficiles à acquérir, qui sont en vérité mauvaises. Et à cause de la maladie de son âme, il s'imagine que c'est bien. Par exemple, il y a ce qu'on appelle des obsessions, des aliénations, des choses de ce genre, qui font que l'homme est enchaîné.
Par exemple, dans la société occidentale, on propose ce qu'on appelle la liberté sexuelle absolue, etc., et on s'imagine que c'est ainsi qu'on acquiert le bonheur.
Il y a beaucoup de problèmes dans la société actuelle avec ces choses-là, parce qu'on a mélangé deux notions qui sont absolument antithétiques. On en avait parlé, je crois, quand on avait étudié Europe. Par exemple, l'amour et la sexualité. En vérité, c'est exactement le contraire l'un de l'autre. Pas totalement, mais l'amour consiste dans la recherche du bien de l'autre, et dans la sexualité, il y a souvent la recherche du bien de soi. Donc, c'est le contraire. Ce qu'on appelle le yetser et l'amour sont en vérité deux choses différentes que la société moderne présente comme étant équivalentes. Cela crée un déséquilibre de la personne morale. D'accord.
De même, les pâtissiers. Les pâtissiers sont des criminels, vous savez. Parce qu'ils proposent à l'humanité quelque chose qu'ils présentent comme bon, alors que c'est mauvais pour la santé. D'accord ? Ça ne veut pas dire que, de temps en temps, un peu par-ci, par-là, un peu Chabbat, etc. Mais il faut savoir qu'il y a le médecin, qui est en désaccord avec le pâtissier. Bon.
Alors, pour l'instant, c'est ce qu'on appelle le diagnostic.
Que font les malades de leur corps ? Qu'est-ce qu'ils font quand quelqu'un est malade dans son corps ? Il va voir le médecin. Génial ! Quand ils sont au courant de leur maladie, parce qu'on peut être malade sans savoir qu'on l'est, et qu'ils ne connaissent pas l'art de la médecine. Si quelqu'un sait qu'il est malade mais qu'il est lui-même médecin, il ne va pas voir le médecin, parce que c'est lui-même.
Il faut donc ici deux choses: d'abord, que le malade soit au courant de sa maladie, et qu'il ne soit pas lui-même médecin. Il doit interroger les médecins. Absolument. Les médecins l'informent de ce qu'il doit faire, et le préviennent de ne pas faire des choses qui lui semblent agréables mais qui lui amènent la maladie.
Ve-yah-rikhoum, et ils obligeront, les médecins obligeront les malades la-kahad dvarim anim asim ve-amarim, à prendre des choses désagréables et amères, par exemple des médicaments, ad she-yavriou bo-ftan, jusqu'à ce que leur corps revienne à la santé. Ve-yahshouvou le-ihor batov ve-limos ra'ah, et qu'ils reviennent à choisir ce qui est bon et à rejeter ce qui est mauvais.
Il en est de même pour ceux qui sont malades sur le plan moral. Tsarikh lahem le-ché-yish'alou ha-hakhamim, ils doivent aller interroger les sages, she-hem rofé ha-nefachot, qui sont les médecins de l'âme, et les mettre en garde contre ces choses mauvaises qu'ils considèrent comme étant des biens, ve-yazhirou mi-na'orot ha-hen asher yakhshevou bahen she-hen tovot. Et ils doivent les guérir ba-melakha asher yirapé'ou bah midot ha-nefech, selon l'art dont on se …
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