Le Hamas et le modèle de Mahomet selon Al-Qaradawi
Comment Ephraim Herrera analyse les intentions du Hamas à travers les écrits et propos d'Al-Qaradawi.
Ensuite : Le sionisme comme émancipation des Juifs selon les Lumières, 22 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonsoir à tous. D'abord, je voudrais remercier et dire toute mon estime à Florence et à Fadila pour le travail exceptionnel qu'elles font. Nous, ici en Israël, on est protégés automatiquement. On vit cette guerre. On sait qu'on est du côté de ceux qui défendent les grands principes moraux qui ont toujours été ceux d'Israël. Et elles, elles sont face à une haine perpétuelle à tous les niveaux, au niveau de leur vie de tous les jours, au niveau de l'université, du CNRS, de la possibilité de trouver un travail. Donc, franchement, on ne peut avoir qu'une estime infinie.
Ce par quoi je vais commencer se relie absolument à ce qu'elle disait sur ses enfants et l'importance de la vie. On aurait dit qu'on a été de concert, mais ce n'est pas le cas. Je vais commencer par cette caricature qui a plus de 20 ans. Je ne me rappelle pas d'où je l'ai prise.
Vous avez deux jeunes avec les bandeaux verts du Hamas. Celui de droite dit « Jahiz », ça veut dire « Est-ce que tu es prêt ? ». Et on voit qu'ils ont des ceintures d'explosifs et ils sont face à Israël. Israël, dans sa représentation juive, c'est le Magen David. Alors il dit: « Est-ce que tu es prêt à te faire sauter ? Et à faire sauter l'entité sioniste ? » Et l'autre lui répond: « Naam, Jahiz ». Oui, je suis prêt. On se retrouvera au paradis. On a tout dit avec ça.
Ce que je vais présenter maintenant, c'est ce qu'on m'a demandé: les véritables intentions du Hamas par rapport à Israël et aussi par rapport à l'ensemble de l'humanité.
On a beaucoup parlé déjà, Florence, on l'a rappelé, du cher Kardawi. Le cher Kardawi, il est mort il y a quelques années, c'était l'idéologue de facto des Frères musulmans, le maître spirituel de tout l'islam sunnite. Son livre que Florence a rappelé, Le licite et l'illicite dans l'islam, qu'on peut trouver à la FNAC, c'est le livre le plus vendu après le Coran dans le monde musulman. Il avait une émission sur Al Jazeera avec des dizaines de millions de personnes qui le suivaient toutes les semaines.
Alors vous allez écouter ce qu'il dit. Je vais traduire au fur et à mesure, si ça marche. C'est le problème de technique, on va voir.
D'accord, je vais dire après ce qu'il a fait.
Ce qu'il dit, c'est qu'en fait, Allah s'occupe toujours de punir ceux qui sont corrompus. Et là, il parle des Juifs. Et Hitler a commencé le travail, bien qu'on exagère quand on parle de ce qu'il a fait. Et il espère que le travail sera complètement accompli par les mains des croyants.
Ça, c'est la première partie. Je n'ai pas eu le temps de traduire en français. Je m'excuse.
Il dit que lui-même, vous imaginez, c'est la plus haute autorité spirituelle du monde musulman, orthodoxe, qui vient et dit ce que je souhaite: que même maintenant, je suis avec ma chaise roulante, que je puisse venir et me faire sauter avec une bombe. Il dit bien: pas contre les sionistes, pas contre les Israéliens, contre les Juifs. Et donc ça, c'est sa visée, et c'est ce qu'il a transmis à tout le monde musulman.
Je vais aller vite sur le début parce que Florence en a parlé, mais il faut vraiment parler de Ouswa hassana, le bel exemple de Mohamed. En quoi c'est important ? Parce que c'est lui qui fixe la règle à tous les niveaux. Ce qu'il a fait, comme c'est rapporté dans le Coran, dans les hadiths et dans la Sira, la Sira de Rasoulallah qui raconte la vie de Mohamed, ces actes sont la règle. Il y avait la ʿisma, il était infaillible. Et donc, ce qu'il a fait par rapport aux Juifs, c'est ça qu'il faut faire par rapport aux Juifs. Alors, qu'est-ce qu'il a fait ?
Le verset, il est là, d'accord ? Donc, c'est lui le bel exemple. Je vais aller très vite. Il est parti de La Mecque, il est allé à Yathrib, Médine, la ville du Prophète. Ils n'étaient pas beaucoup, mais ils fondent une nation, la Oumma, jusqu'à aujourd'hui. C'était contraire complètement à ce qui se passait dans le désert d'Arabie où il y avait des tribus. Donc, ils fondent une nation. Il faut qu'elle vive. Elle n'aura pas forcément de quoi vivre, elle n'a pas du tout de quoi vivre. Et il va commencer à pratiquer des razzias contre des caravanes. Et ces razzias sont justifiées par le fait que ce sont des idolâtres. Vu que ce sont des idolâtres, Allah donne les biens des idolâtres aux croyants.
Et finalement, comme l'a bien dit Bat Ye'or, le djihad indique la sacralisation de la razzia bédouine. Il faut bien insister sur ce point dont a parlé Florence. L'islam est considéré comme din wa daula, c'est-à-dire une religion et une nation, un État. Il n'y a pas de séparation, comme dans la chrétienté, entre rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. C'est à la fois politique et à la fois religieux, avec une visée très claire: que la religion d'Allah domine le monde, juridiquement et politiquement.
Jihad, ça ne veut pas dire faire la guerre. Jihad, c'est concentration d'efforts. Et tous les moyens sont bons. Florence l'a rappelé avec toutes les méthodes d'entrisme, mais ça figure aussi dans la charte du Hamas de la fin des années 80, où il dit: celui qui écrit un bon article, qui réussit à convaincre, etc., par tous les moyens qui vont permettre d'atteindre ce but. Et les différences en général entre les différents courants, qu'ils soient terroristes ou pas, d'ailleurs, c'est sur la méthode à employer pour arriver à cette fin. Mais la fin, elle est acceptée par tous les courants de l'islam.
Donc le monde se divise en deux. On a parlé de Dar al-Islam, c'est une terre qui a appartenu une fois à l'islam. Elle peut lui appartenir encore, ou ne plus lui appartenir, et c'est déjà une terre d'islam. Et le reste s'appelle Dar al-Harb, la maison de la guerre, où il y a les terres qui seront encore à conquérir jusqu'à ce qu'on arrive à Dar al-Salam, la maison de la paix. À savoir, qu'est-ce que c'est que la paix pour l'islam ? Quand un musulman va vous dire: nous sommes pour la paix dans le monde, ça veut dire: nous sommes pour la domination du monde dans son ensemble par l'islam.
On va parler de la centralité des Juifs. Au début, Mohamed essaie de les convaincre de devenir musulmans. Vous voyez ici une mosquée qui s'appelle Masjid al-Qiblatayn, c'est-à-dire la mosquée des deux directions, parce qu'au début, il a orienté la direction de la prière vers Jérusalem. Quand il arrive à Médine, il rentre en guerre contre les trois tribus juives qui y vivaient. Les Banou Qaynouqa, qui avaient conclu un traité de non-belligérance avec Mohamed, alors qu'il voulait les tuer. Il les expulse et il prend leur bien. Saïd Qutb, que vous avez rappelé, dit que Mohamed a …
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