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Herzl, le congrès de Bâle et la rencontre de 1898

Hommage à Herzl : sa visite en Erets Israël en 1898 et ce qu'elle annonçait, avec débat sur l'avenir du sionisme.

1 h 23

Rav Oury Cherki

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

— Nous sommes réunis ce soir pour rendre hommage à Théodore Benjamin Zeev Herzl, dont nous avons commémoré ce dimanche, il y a quelques jours, les 122 ans de la disparition, le 20 Tamouz. Je voudrais commencer par une citation que j'ai diffusée cette semaine sur le WhatsApp du Centre Begin. Il me semble que si nous avions connu l'esprit du judaïsme jusqu'au fond, si nous avions étudié toutes les manifestations nationales originales de sa création spirituelle, et si, sur la base de ces sources, nous avions conçu avec la plus grande précision la vision hébraïque de la personnalité, le schéma de cette personnalité coïnciderait parfaitement avec la personnalité de Benjamin Zeev Herzl.

C'est une citation de Zeev Jabotinsky dans un article qu'il a publié quelque temps après la disparition de Herzl. Et ce soir, hormis l'hommage que nous rendons à Herzl, nous rendons aussi un hommage particulier à Avraham Bliah, qui est ici, qui a une véritable passion pour Herzl et qui travaille depuis plusieurs années à perpétuer sa mémoire et sa vraie mémoire.

Ce qui m'amène à rendre hommage à une deuxième personnalité présente avec nous ce soir, qui est le docteur Georges Yitzhak Weiss, à qui nous devons le magnifique livre Théodore Herzl, une nouvelle lecture, qui a, pour ceux qui en avaient besoin, réhabilité la vraie personnalité et le vrai personnage de Herzl. Et c'est autour de cette vision que nous sommes réunis ce soir.

Je donne simplement le programme rapidement de la soirée. Tout de suite après moi, Avraham Bliah nous dira quelques mots. Ensuite, directement, nous commencerons la projection du film. Après la projection du film, deux étapes: une intervention de Georges Weiss, et ensuite un débat avec la participation d'Eliezer Shargorodsky, de Rav E. Kling, qui n'est pas encore là mais qui est en route, et d'Eliezer Cherki, que nous remercions tous les trois d'être présents ce soir.

Et c'est un débat qui sera animé par Brigitte Ullmo-Bliah, qui est l'épouse d'Avraham, et qui dirige la Midrashet Yehuda Manitou, avec qui la soirée de ce soir est organisée en partenariat. Ensuite, une fois que le débat sera terminé, s'il y a des hommes qui seront intéressés par la prière d'Arvit, on se réunira. On sortira par cette porte et on fera vite dans le couloir s'il y a dix personnes. Voilà, je donne la parole à Avraham Bliah et je vous souhaite une bonne soirée.

Avraham Bliah: Comme je suis grand, moi j'utilise ça. Comme ça, vous m'entendez bien ? Merci à Yoël qui a organisé cette soirée. Merci à vous tous d'être venus. Je vais être très bref avant que vous voyiez le film. Je voulais vous dire que certains ne comprennent pas que j'ai utilisé la bande dessinée, ou plus tard le dessin animé, pour décrire un personnage et peut-être lui avoir donné une dimension naïve. D'autres font le reproche, peut-être, de ne pas avoir ainsi donné la véritable image claire du sionisme à travers cet art, mais je ne suis pas d'accord avec eux.

Pourquoi ? Parce que, d'abord, faire connaître celui-là au plus grand nombre est une mitsva, est une bonne cause, et puis aussi pour deux autres raisons. La première, c'est celle que le président Georges Clemenceau a exprimée avant tout le monde. Il a dit qu'on a voulu enterrer sous une tonne de publications Herzl pour lui faire taire sa voix. Et c'est vrai, parce que la voix de Herzl prophétisait la Shoah et prophétisait un État juif dans une société juste et un phare pour toutes les nations.

La deuxième raison, ça s'appelle, en hébreu, Hakarat hatov, la gratitude. Dans nos prières, nous invoquons et nous demandons à Dieu de nous envoyer le Machiah. Comment se pourrait-il que nous n'ayons pas de reconnaissance pour celui qui nous a déjà envoyés et qui nous a extirpés de la galout ? Ça s'appelle la Hakarat hatov. Donc, ce soir, nous allons nous retrouver dans l'atmosphère du premier congrès de Bâle, à la différence que ceux qui y participaient rêvaient de vénération, et que vous, vous y êtes.

Et que grâce à Herzl, nous avons une nouvelle dimension, qui est celle de rêveurs, comme l'a dit le psalmiste. Et ce soir, nous n'aurons pas de problème à discuter de l'avenir du sionisme et de tous ses écueils, parce que nous n'avons pas peur. Pourquoi ? Parce que nous sommes des rêveurs. Bonsoir.

— Je voulais dire que nous avons le grand honneur et le plaisir, ce soir, d'accueillir Georges Yitzhak Weiss. Georges a écrit un livre, comme on l'a dit tout à l'heure, qui est extrêmement important, parce que c'est le premier qui a rétabli la réalité de Herzl contre toutes les caricatures qui existaient de lui et qui existent encore, malheureusement, dans la société israélienne. Encore un mot: tout ce que va vous dire Georges s'est fondé sur des textes de Herzl. Georges, tu as la parole.

Georges Yitzhak Weiss: Herzl avait déclaré à Bernard Lazare, il lui avait dit, avec une étrange prémonition: « Je ne suis qu'un instrument que l'on brisera après s'en être servi. » Je disais: Herzl a dit, avec une étrange prémonition, qu'il n'est qu'un instrument que l'on va briser après l'avoir utilisé. En effet, Herzl a été déjudaïsé et désionisé. Et il faut féliciter Avraham Bliah pour cette initiative remarquable, qui constitue un tikoun, une réparation de cette brisure.

Il est étrange de s'interroger sur l'avenir d'un État dont la majorité des Juifs et des non-Juifs considéraient l'existence même comme absolument impossible. Donc il est plus réaliste de s'interroger, non pas sur l'avenir de cet État, mais sur les circonstances de sa naissance, qui pourront nous donner la réponse à la question du débat: l'avenir du sionisme.

Herzl est certainement la dernière personne qu'on aurait pu imaginer comme étant le fondateur du sionisme. Certes, il a été dévoré par la question juive, mais il était convaincu que la seule solution à la misère des Juifs, c'était la conversion au christianisme. En 1992, il dit la chose suivante: « Tous les Juifs qui ont des enfants doivent décider de se baptiser à ma bénédiction. »

Deux ans plus tard, il assiste à une représentation d'une pièce de théâtre, et il écrit une violente critique, parce qu'un des personnages secondaires rêve de ramener les Juifs dans leur patrie. Et Herzl écrit la chose suivante: « Les Juifs n'ont désormais plus rien à voir avec leur patrie historique. Même si les Juifs devaient un jour réellement retourner, ils découvriraient dès le lendemain qu'ils ont cessé depuis longtemps d'être un peuple. »

Ainsi, pour Herzl, en début 1894, le peuple juif a cessé d'exister, et le retour à Jérusalem est un pur fantasme. Et pourtant, peu de temps après, dans un état d'extase, Herzl griffonne sur un papier, et je lis: « Nous sommes un peuple, un peuple un, et ainsi nous dirigeons vers la terre le beau pays de nos pères, que Dieu nous a promis et que nous n'avons pas besoin d'explorer pour l'aimer. »

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