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Les trois jours redoutables : Roch Hachana, Kippour, Simchat Torah

Pourquoi ces trois fêtes forment un même ensemble, lié à la techouva, et ce que chacune répare.

59 min

Plusieurs Rabbanim

Ensuite : La simha, mitsva de la Torah, même en temps de guerre, 15 min

En bref

Le Rav explique pourquoi Roch Hachana, Kippour et Simchat Torah forment un ensemble à part, les « trois jours redoutables », distinct des trois régalim (Pessa'h, Chavouot, Souccot) : ces jours ne comportent pas de pèlerinage et concernent le retour intérieur (techouva). Il montre que le Moussaf de ces trois fêtes est identique (un taureau, un bélier, sept moutons, un bouc) et qu'elles correspondent à trois registres de la relation à Hachem, l'amour, la crainte et la joie, selon l'enseignement du Kouzari. Il développe enfin la signification du shofar de Roch Hachana comme appel à la liberté, et explique pourquoi on ne sonne pas du shofar à Simchat Torah.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

J'ai donné comme titre, à la demande de David Altar, de notre étude d'aujourd'hui: les trois jours redoutables. Il faut bien comprendre de quoi l'on parle. Quand on parle des Yamim Noraïm, il s'agit en général de dix jours, ou de deux jours, Roch Hachana et Kippour. Pourquoi trois jours ? Ce que je voudrais mettre en évidence, c'est que ce qu'on appelle les Yamim Noraïm correspond en fait à trois jours différents: Roch Hachana, Kippour et Simchat Torah.

Je pense qu'il y a une étude à faire ici, qui consiste à comprendre le contexte dans lequel se situent Roch Hachana et Kippour. Comme par hasard, ils tombent dans un mois où il y a encore deux autres événements importants: la fête de Souccot et la fête de Simchat Torah. On ne peut donc pas vraiment comprendre la totalité, la signification des jours de Roch Hachana et de Kippour, si on ne les relie pas aux autres jours de fête de ce mois-ci. Alors pourquoi ne pas parler carrément de Roch Hachana, Kippour, et Souccot et Simchat Torah ?

C'est pour une raison très simple: il existe en fait deux registres différents de jours fériés dans le calendrier hébraïque. Il y a ce qu'on appelle les régalim, c'est-à-dire les fêtes de pèlerinage, qui sont au nombre de trois: Pessa'h, Chavouot et Souccot. Il y a un autre registre, qu'on appelle aussi les moadim, mais qui ne sont pas liés aux régalim.

Il s'agit des trois jours de Roch Hachana, Kippour et Simchat Torah, dans lesquels il n'y a pas de pèlerinage. C'est-à-dire que le peuple, à l'époque du Beit Hamikdach, ne venait pas à Jérusalem pour ces trois jours-là. Il est vrai que, quand on était déjà resté à Jérusalem pour Souccot, on restait naturellement pour Simchat Torah, mais ce n'est pas obligatoire. Nous avons donc trois régalim et trois moadim. Ce n'est pas du tout la même chose.

Ce que je voudrais mettre en évidence dans notre étude, c'est le dénominateur commun entre ces trois jours redoutables. Les trois concernent en fait l'événement intérieur de la techouva. Nous faisons techouva, nous avons besoin de nous nettoyer, comme l'a très bien dit le Rav Fiszon: pour les Naknikiyot et les Hidnakot de Mirata Eno, il faut se purifier de nos fautes. Cela se fait, disons, de trois manières différentes.

Mais tout d'abord, pour bien comprendre de quoi je parle, je voudrais parler des sacrifices. Aujourd'hui, nous ne faisons malheureusement pas les sacrifices dans le Temple de Jérusalem; cela viendra, si D.ieu le veut, bimheira biyamenou, mais pour l'instant nous ne les faisons pas. C'est pourquoi nous étudions ce que représentent les sacrifices de ces jours-là à travers le texte de la Torah. Ce qu'il faut étudier ici, c'est le sacrifice particulier de la fête, que l'on appelle le Moussaf, c'est-à-dire le sacrifice supplémentaire.

Tous les jours de la semaine, on amène le sacrifice perpétuel, le Korban Tamid, qu'on amène aussi en semaine et également le Chabbat. On fait des sacrifices le Chabbat dans le Temple de Jérusalem. Chaque jour, on amène deux moutons; le jour du Chabbat, on en amène quatre: deux pour le sacrifice habituel et deux pour le Moussaf. Ouvéyom haChabbat, chenei kevasim, le jour du Chabbat, deux agneaux: ça, c'est le Moussaf de Chabbat.

Là où cela se complique, c'est lorsqu'on arrive au sacrifice supplémentaire de Moussaf pour Roch Hodesh, le premier du mois, et pour les fêtes. Là, cela devient extrêmement compliqué. Je vais aller très vite. Pour Roch Hodesh, à chaque Roch Hodesh, on amène deux taureaux, un bélier, sept moutons, ce qui fait donc dix animaux, et tous sont présentés en holocauste, c'est-à-dire entièrement consumés sur l'autel. On ajoute également un bouc expiatoire, le hatat. Le bouc expiatoire est en partie consumé par l'autel et en partie mangé par les Cohanim. Voilà le sacrifice de Roch Hodesh.

Je reviens là-dessus, c'est très important, et je vous recommande d'ailleurs de prendre des notes par écrit: deux taureaux, un bélier, sept moutons et un bouc, soit onze animaux en tout. Ça, c'est pour Roch Hodesh. Qu'en est-il de la fête de Pessa'h ? Pour Pessa'h, c'est la même chose: le premier jour, on amène deux taureaux, un bélier, sept moutons et un bouc. De même pour le deuxième jour de Pessa'h, puis le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième et le septième jour. C'est comme si le jour de Pessa'h était une multiplication de Roch Hodesh. Étant donné que le mois de Nissan, dans lequel tombe Pessa'h, est considéré comme Roch Hodachim, à la tête des mois, il est en quelque sorte le Roch Hodesh de toute l'année. La fête qui se produit pendant le mois de Nissan…

Tout cela est très beau, mais pourquoi deux taureaux, un bélier et sept moutons ? Il y a énormément de symbolique là-dedans; dans les midrachim, on voit énormément d'interprétations. Ce qui est central, c'est que cela correspond en fait à Abraham, Itzhak, Yaakov et Yossef. Abraham est représenté par les deux taureaux, Israël par le bélier, ça va de soi. Les sept moutons représentent Jacob. Et étant donné la faute de la vente de Yossef, il y a également le bouc expiatoire, parce que la tunique de Yossef a été trempée dans le sang d'un chevreau, un jeune bouc. C'est donc la même chose pour Roch Hachana et pour Pessa'h.

Maintenant, passons à la fête de Chavouot. Là, cela devient beaucoup plus compliqué, parce qu'il y a deux textes contradictoires dans la Torah elle-même. Il y a un passage dans la paracha de Pinhas — pardon — là où se trouve la liste des moussafim, les sacrifices supplémentaires. Il y est dit qu'à Chavouot on amène, tenez-vous bien, deux taureaux, un bélier, sept moutons et un bouc: la même chose qu'à Pessa'h et la même chose qu'à Roch Hachana. Mais dans la paracha d'Emor, dans le livre du Vayikra, c'est autre chose. Il n'y a qu'un seul taureau, et non deux; il y a deux béliers, et non un; puis sept moutons et un bouc.

Y aurait-il une erreur de copiste ? Évidemment pas. C'est pour cela que le Talmud, la Guemara, nous dit qu'il faut amener également les sacrifices qui sont dans les morts et dans une race. Ce qui fait donc, en tout, trois taureaux, trois béliers, quatorze moutons et deux boucs. C'est énorme. Il faut comprendre que cela vient du fait que la fête de Chavouot est très différente de toutes les autres fêtes, en ce sens qu'il y a une kedoucha, une sainteté à double sens. À Pessa'h, c'est D.ieu qui

intervient, donc cela va du haut vers le bas: le taureau, puis le bélier, les moutons, puis le bouc. À la fête de Chavouot, il y a une conjonction entre le monde d'en haut et le monde d'en bas, puisque la Torah a été donnée à ce moment-là. Il y a eu un moment de contact entre la transcendance et l'immanence. Il faut donc des sacrifices qui correspondent à l'effort de la créature, et d'autres qui correspondent au flux divin qui vient vers …

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