Ce qui détruit la vigilance selon le Ramchal
Le Ramchal range le manque de temps, la moquerie et la mauvaise compagnie parmi les trois obstacles à la zehirout.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Les obstacles à la zehirout : la peur du qu'en-dira-t-on, 57 min
En bref
Le Rav poursuit son étude du cinquième chapitre du Messilat Yesharim du Ramchal consacré à la Zehirout, la vigilance sur ses actes. Il examine les trois obstacles qui empêchent d'y parvenir : l'occupation excessive (issouk et tirda), la moquerie et le cynisme (srok vé'atsbout), et la mauvaise compagnie. Il développe surtout le premier, en montrant que l'étude et le travail ne doivent pas occuper tout le temps, et qu'il faut garder un moment pour réfléchir à ses actes. Le cours traite aussi du Yetzer Hara, qu'il ne faut pas chercher à annihiler mais à orienter grâce à la Torah.
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Eh bien, c'est parti, allons-y. Boker tov à tous ! J'espère que Hanouka s'est bien passée. Nous pouvons maintenant revenir à notre étude. Où en étions-nous ? Bé Pérek… Hey ! Si je ne m'abuse, voilà: Pérek Hey, le cinquième chapitre du Messilat Yécharim.
De Rabbeinou Hagadol à Ramchal, Rabbi Moshe Haïm Luzzatto. Dans le texte que nous avons sous les yeux, il est écrit Beour Ma'akveh Azehirout. Dans la majorité des autres livres, vous verrez Beour Mafsideh Azehirout. C'est pareil: Mafsideh et Ma'akveh, c'est la même chose.
Comment le Ramchal procède-t-il ? Dans son livre, Messilat Yécharim, à chaque fois qu'il nous explique ce qu'est une mida et comment on s'en occupe, il y a toujours plusieurs parties. D'abord, il nous explique ce qu'est cette mida; chez nous, cela s'appelle Beour Midat Azehirout: il nous a expliqué ce qu'elle est. Ensuite, il nous explique de quoi elle est composée, c'est-à-dire comment nous devons l'aborder: Bechelke Azehirout. Ensuite, il nous explique Bederer Kniyat Av Zehirout, c'est-à-dire comment on acquiert cette mida. Et enfin, dernière partie: quels sont les dangers qui nous empêchent d'atteindre cette mida ?
Après avoir expliqué ce qu'est la zehirout: si on devait la résumer en une phrase, la zehirout, c'est la mida de faire attention, d'avoir de la réflexion sur nos actions, de se demander si elles sont bonnes ou non. Ensuite, le Ramchal nous a expliqué de quoi elle est exactement composée et comment on l'acquiert. Maintenant, nous pouvons enfin nous occuper du dernier paragraphe, à savoir: qu'est-ce qui pourrait nous empêcher d'être zahir ? Allons-y.
Il y a trois choses qui nous empêchent d'être zehirim.
Le Ramchal nous dit donc qu'il y a trois choses qui nous empêchent d'arriver à la zehirout. En français, on dira tout simplement: la première, c'est le fait d'être occupé par toutes nos activités dans ce monde, la parnassa, la course entre les caisses des supermarchés, chez Osher Ad ou chez Rami Levy et autres, ou alors le fait qu'il faut aller chercher les enfants, etc. Issouk ve-atirda che-olam azé.
Ensuite, la deuxième chose, c'est le sehok ve-letson. On pourrait dire la rigolade, mais c'est en fait beaucoup plus que la rigolade; on verra quand on y arrivera, mais il s'agit, en un mot, du cynisme.
Et enfin, la dernière chose, c'est la chevra raha, c'est-à-dire une mauvaise compagnie qui te tire vers le bas. Ce sont les trois dimensions que le Ramchal va développer: ehad, ehad. Alors allons-y.
Marchavotav, Kishourot, Ba'azikey, Ammasa, Asheralehem, Oubilti, Efsharilo, la tête lève, Ela Maasim, Otam ou Ossé
Voilà. Le Ramchal nous dit que nous avons déjà expliqué, au début du livre, la première partie qui nous empêche d'être zahir, à savoir Issouk, va-atirda et ba'ol hamazé: c'est-à-dire qu'on n'a pas le temps. Le Ramchal nous a expliqué que pour pouvoir être zahir, il faut prendre le temps de regarder ce qu'on fait: est-ce bien, est-ce pas bien, comment faire mieux. Mais si je n'ai pas le temps, comment faire ? Si je n'ai pas le temps, je n'arriverai pas à être zahir.
La question est: est-ce que j'ai vraiment pas le temps ?
Tu fais très bien de le remarquer. Il y a issouk ve-atirda: ce sont deux choses. C'est-à-dire qu'il y a le fait que je suis tellement taraudé par la parnassa — je n'ai pas à manger dans mon frigo, comment vais-je donner à manger à mes enfants ce soir ? La tirda que cela engendre fait que, concrètement, je n'ai ni le temps ni la capacité de me poser et de réfléchir à mon rapport avec Dieu. Je suis préoccupé par d'autres choses.
Les deux vont ensemble. Quand je suis taraudé, concrètement, je n'ai le temps de rien faire, parce que je passe tout mon temps à être taraudé. Pareil quand je ne suis pas forcément taraudé, mais que je ne fais que sans m'arrêter.
Il faut bien comprendre une chose, et je voudrais qu'on s'y arrête tout de suite pour la mettre de côté. Vous savez, on a tous entendu les cours extraordinaires du Rav Ben Haroush pendant Hanouka, avant Hanouka et pendant Hanouka. Il est revenu sur cette notion qui lui est tellement chère et tellement forte: arrêtons d'être religieux cinq minutes pour pouvoir commencer vraiment à faire ce que Dieu attend de nous.
Il est évident que le Rav Ben Haroush ne pense pas qu'il faille arrêter de faire les mitsvot; ce n'est pas ça la question. Il s'agit d'arrêter d'être des techniciens de la halakha et de s'occuper davantage de ce que HaKadosh Baroukh Hou veut de nous.
Je m'explique. Quand on parle de tirda et d'issouk, qui m'empêchent d'acquérir la midat hazehirout, cela peut être vrai également quand je suis à la yeshiva. Prenez un bakhour de yeshiva, qui est à la yeshiva toute la journée. Il n'a pas à s'occuper de parnassa, il n'a pas à s'occuper de donner à manger à ses enfants. Mais, gam kakha, il se peut qu'il n'ait pas le temps. De quoi ? De réfléchir. Pourquoi ? Parce qu'il étudie tout le temps. Le grand danger de la yeshiva, c'est d'étudier tout le temps.
Suis-je en train de dire qu'il vaut mieux être à la yeshiva et ne rien faire ? Non. Je dis que lorsque le bakhour passe de seder en seder, et que le seul moment où il n'a pas les yeux sur une Guemara, c'est quand il dort ou quand il mange, il n'a à aucun moment le temps d'intégrer ce qu'il a étudié.
Il est très important qu'un bakhour de yeshiva, à la fin de sa journée, avant d'aller dormir, prenne un temps — je ne sais pas combien, dix minutes — où il va essayer d'intégrer tout ce qu'il a appris aujourd'hui. Sans en rajouter. Sans en rajouter !
C'est pour cela d'ailleurs que, lorsqu'on me demande quelle est la meilleure façon d'étudier la Torah — pas pour celui qui est à la yeshiva, mais pour celui qui a son métier, son travail, et qui veut quand même étudier la Torah, parce qu'il est obligé d'étudier la Torah, et c'est très bien — je dis aux gens: il faut qu'ils étudient.
Disons que la personne a dix minutes par jour. Dix minutes par jour ? Mais ça n'a rien à voir. Si tu as dix minutes par jour, tu dois étudier pendant huit minutes, et les deux dernières minutes, tu reviens sur ce que tu as étudié pendant les huit minutes. Et tu vas faire ça pendant cinq jours: le dimanche, le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi. Huit minutes d'étude, deux minutes de retour sur l'étude.
Le vendredi, tu n'étudies rien de nouveau. Tu prends les dix minutes pour revenir sur les cinq jours que tu as faits, c'est-à-dire deux minutes fois cinq: dix minutes où tu reviens sur les résumés que tu t'étais faits.
Chabbat, lis les histoires kiffantes. Très bien, ce n'est pas la prise de tête. Et c'est comme ça que tu vas réussir à véritablement étudier la Torah: parce que tu étudies, …
Cours d'Orot veKelim
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