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Zehirout : réfléchir avant chaque action

Le Ramhal explique que la vigilance porte sur chaque geste du quotidien, à distinguer le bien du mal.

58 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Messilat Yecharim : les trois sortes de personnes face à la Torah, 1 h 01

En bref

Le cours commente le troisième chapitre du Messilat Yesharim du Ramhal, consacré à la zehirout (la vigilance, le fait de faire attention). Le Rav explique qu'elle comporte deux temps : discerner ce qui est bien et ce qui ne l'est pas, puis examiner chacune de ses actions pour vérifier si elle relève du bien ou du mal, en sachant qu'il faut le faire aussi bien dans les actes que dans les intentions. Il pose la question de la morale des actes qui ne relèvent pas directement de la Torah, en s'appuyant sur le principe de derekh eretz et sur la démarche de Kant.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Boker tov lekoulam, Chavoua tov lekoulam. Amen, Chavoua tov. Amen ve'amen. On ouvre aujourd'hui le troisième chapitre du Messilat Yecharim. Nous avançons à pas de géants, on est presque déjà à Kedochim. Presque.

Donc c'est parti, perek trois, Chelichi du Messilat Yecharim: Be'heleck hazehirout. On est dans le troisième chapitre. Tout le monde voit bien ? Bien. Alors on y va. Le Ramhal va commencer à nous expliquer comment on peut acquérir les différentes midot.

Là, en l'occurrence, on commence avec la zehirout. La zehirout, on avait expliqué la semaine dernière que c'est ce qu'on appelle, en hébreu moderne, sho'omer lev, c'est-à-dire faire attention. La zehirout se passe dans la tête. Il faut faire attention. Attention à quoi ? Eh bien, nous dit le Ramhal, à tout. Alors c'est parti. Arotzeh lefakeah hal'tsman. Alors, de quoi on parle ?

Alors la première chose à faire, c'est que tu dois bien faire attention, lehitbonen.

Lehitbonen, ça vient de quel mot ? Banane. Rabotai. Binah. Binah. Exactement. Banane en français, binah en hébreu. Binah. Que veut dire le mot binah ? Discernement. Voilà. Et on est d'accord que ça ne nous aide pas beaucoup à comprendre. Et là, binah, est-ce que c'est un masculin ou un féminin ? Féminin. Masculin. Féminin de quel mot ?

C'est le féminin du mot bein. Bein veut dire « entre ». C'est-à-dire que la bina est la capacité qu'on a de faire la différence entre les choses, ce qu'on a appelé en français le discernement. Maintenant on sait exactement ce que ça veut dire. C'est-à-dire que lehitbonen, c'est prendre le temps de regarder les choses et de les catégoriser. Ça, c'est le seder, ça c'est le beseder. Ça, je le prends, ça, je ne le prends pas. C'est la bina.

Aich ad, rachid, bonen, mahoua tova, amiti, shei ifraou, boa adam ve'ara amiti shei anous mimeno. Donc, la première chose à faire, c'est de prendre conscience de ce qui est bien, que je dois donc essayer d'acquérir, et de ce qui n'est pas bien, que je dois fuir. Alors, évidemment, vous allez voir qu'il va aller un petit peu plus en profondeur dans ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Ve'hasheniya, c'est quoi la deuxième chose à faire ?

Chéyitbonen al hama'assim asher hou oseh, lirot ha'im hem mi'klal tov o mi'klal ra. Ben bishat ma'aseh, ben shelo bishat ma'aseh. OK ? Donc, qu'est-ce qu'on est en train d'essayer de comprendre ici ? La deuxième chose à faire, ce n'est pas compliqué: prendre les actions que j'ai faites et me poser la question, est-ce qu'elles sont bonnes ou pas bonnes ?

Il va expliquer un petit peu plus en profondeur de quoi il s'agit. Alors, continuons. Pour l'instant, c'est clair ? Pas de problème ? Non, pas de problème ?

Je dois toujours me poser la question: est-ce que c'est bien ou est-ce que c'est pas bien ? Je dois toujours avoir à l'esprit: qu'est-ce qui est bien et qu'est-ce qui n'est pas bien ? Comment je sais si un maassé est bon ou ne l'est pas ? La Torah, elle nous le dit. Elle n'est pas chaude. Il y a ce qu'on appelle le Choulhan Aroukh. Et le Ramhal nous avait expliqué qu'il ne parle pas du Choulhan Aroukh. Il ne nous enseigne pas, ici, dans le Messilat Yecharim,

comment savoir ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Mais nous, on sait très bien ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Donc, quand je vais faire une action, avant de la faire, je dois me poser la question: est-ce que c'est zé tov ou est-ce que c'est zé lo tov ? Zé pachout ? Ah, ça, vous avez déjà compris, la midat hazehirout nous empêche d'être des gens impulsifs. C'est quoi, la personne impulsive ? C'est celle qui agit

sans réfléchir. Ici, le Ramhal nous dit: non, ça n'existe pas. Tu dois d'abord, avant chaque action que tu vas faire, réfléchir. Et il nous dit aussi autre chose. C'est-à-dire que je dois prendre du temps, pas quand je suis en train de faire l'action, mais quand je ne fais rien.

OK, quand je suis à la maison, tranquille sur mon canapé, je dois me poser des questions sur ce que j'ai pu faire ou ce que j'ai envie de faire. Alors, de quoi parle-t-on ici ? On parle des actions du quotidien, évidemment, de tout le temps. Il y a des moments où je suis en mode repos. Vous savez, il y a l'ordinateur qui est en mode veille, et il y a des fois où l'homme est en mode veille.

Il est sur son canapé et il n'est pas très très actif dans la construction du monde. Et bien, nous dit le Ramhal, à ce moment-là, pose-toi la question. Par exemple, là, j'étais à la tefila ce matin. Disons que le mec est rentré de la tefila après Chabbat, après la tefila du Chabbat matin. Il y a eu la tefila, il y a eu le kiddouch, et voilà. Donc j'étais à la tefila, j'étais au kiddouch. Là, je me pose tranquille

en attendant que les invités arrivent et qu'on puisse se mettre à table. Je me mets à réfléchir. Alors, j'étais dans ma tefila, ça c'était bien, ça c'est bien, j'ai bien fait la tefila. Oui, mais dans la tefila, j'ai quand même eu le temps de faire une rétrospective complète de tous les matchs de foot qu'il y a eu cette semaine avec celui qui était assis à côté de moi. Alors peut-être que ça, ce n'est peut-être pas top. Ça, je ne le referai pas.

Mais la tefila, ça, je le referai, et peut-être encore mieux. La différence entre les deux réflexions est que l'une porte sur l'intention et l'autre sur le résultat. Non. Non, non. Dans les deux réflexions, je dois réfléchir: est-ce que j'ai envie de faire le bien ou est-ce que j'ai envie de faire le mal ? Et dans les deux cas, je dois me poser la question: est-ce que le résultat est bon ou pas bon ? Et les lunettes que j'ai pour vérifier cela sont les lunettes de la Torah.

Parce que vous comprenez bien que, des fois, je peux avoir des lunettes qui sont erronées, et me dire que finalement, ce que je fais va amener quelque chose de positif, alors que, halakhiquement parlant, torahniquement parlant, pas du tout. Donc il faut bien faire attention à cela. Encore une fois, le Ramhal ne vient pas nous expliquer ce qu'est la halakha. La halakha, il considère que tu la connais déjà. OK ? Ve'in yin tsa ba'em minara.

Le Ramhal est en train de nous expliquer une notion fondamentale: c'est que l'homme est capable de savoir si ce qu'il fait est bien ou pas bien. Et ça, c'est très, très important à comprendre. Nous sommes tout à fait capables de nous juger nous-mêmes.

On peut savoir si c'est bien, même sans la Torah ? Ça dépend. Ça dépend. S'il s'agit d'un acte, effectivement, de Derekh Erets, c'est ce que j'allais …

Cours d'Orot veKelim

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