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Fin de l'introduction au Messilat Yecharim du Ramchal

Pourquoi l'étude de la Torah Tamidit exige un effort permanent, et le plan du Ramchal pour l'approche de la crainte de D.ieu.

1 h 01

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Le devoir de l'homme dans ce monde : kiffer ou obéir, 1 h 02

En bref

Le cours ouvre la fin de l'introduction du Mesilat Yesharim du Ramchal : après avoir affirmé qu'il faut étudier la Torah Tamidot (la Torah du perfectionnement intérieur), le Ramchal explique qu'on la néglige au profit de la dispute pilpoul, et que l'attachement à Hachem ne vient pas naturellement. Le Rav montre pourquoi la morale humaine seule ne suffit pas, en s'appuyant sur Rav Kook et le Malbim.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov ! Boker tov ! Chavoua tov ! Et sans plus attendre, nous retournons dans notre étude du livre de Messilat Yecharim du Ramchal. Nous sommes toujours dans l'introduction du livre, et aujourd'hui, Béézrat Hachem, on termine l'introduction. Vous avez le texte sous les yeux.

Non, non, nous étions arrivés au début de la pisqa d'en haut. Kévan. Attends, attends, attends. Où t'es parti, là ? Voilà. Kévan chekma. Ok ?

Alors, comme on l'a dit la semaine dernière, et comme l'avait fait remarquer d'ailleurs une des participantes, pour l'instant le Ramchal nous dit des choses extrêmement ennuyeuses, puisqu'il nous dit des choses qu'on connaissait déjà: à savoir que c'est très important d'étudier la Torah tamidot (?) et la moussar, ce qu'on appelle Torah tamidot. Le seul problème, c'est que, certes, il enfonce une porte ouverte, mais en même temps il fait tout de suite remarquer que, vu que c'est tellement évident, personne ne le fait. Et donc il est temps de s'en occuper. Dans la deuxième partie et la fin de l'introduction, il va nous dire comment il a décidé d'organiser l'étude de la Torah tamidot.

Alors je vous propose, sans introduction à l'introduction, de rentrer dans le texte. On l'a dit, ça a déjà été clairement énoncé et prouvé que c'est très important d'avoir ce qu'on appelle, c'est-à-dire d'être propre dans ses valeurs, quand on va s'intéresser à comprendre la volonté du Créateur. Bétsoura taora vénekia, chellala, ella béva daï, eina retsouya la Hachem, klal elanim eset, oumé toé véth aliado.

Il est évident que quelqu'un qui serait peut-être très religieux, c'est-à-dire qui pratique les mitsvot, mais qui ne serait pas un mec bien, c'est quelque chose de complètement metoav, c'est-à-dire de dégoûtant aux yeux de Dieu. Comme disait le Baal Nefech HaChaïm, Rabbi Haïm de Volojine: Dieu a horreur des tsadikim lo yecharim. On est dans Messilat Yecharim. Qu'est-ce que c'est, des tsadikim lo yecharim ? Ce sont des religieux, je mets mes guillemets, qui ne seraient absolument pas droits. On peut comprendre cela très facilement.

Quelqu'un qui serait extrêmement regardant sur... vous savez quoi ? Je vous donne un exemple très simple. La Michna, dans le tout début de Massèchet Chabbat, la première Michna de Massèchet Chabbat, nous dit: c'est quoi les Yetsi'ot ha-Chabbat ? Et là-bas, on nous explique, de manière assez technocratique semble-t-il, comment ça marche: on nous met en relation avec Annie et Achir. On aurait pu trouver plein d'autres mises en relation: un homme et une femme, un enfant et un adulte.

Et on a l'habitude, de manière technocratique, ilkhatique, de lire: Yetsi'ot ha-Chabbat, Chnayim she-em arba, virgule, keitzad, deux points. C'est quoi les Yetsi'ot ha-Chabbat ? Deux points, et là on te le présente. Alors que ce n'est pas du tout comme ça qu'il faut lire la Michna. Il faut la lire en disant: c'est quoi les Yetsi'ot ha-Chabbat ? Keitzad ? Ani nishar ba-hutz ve-ha-achir bifnim: c'est-à-dire, comment est-il possible de comprendre que le pauvre est dehors et que le riche est dedans ? Mais c'est Chabbat ! On ouvre

Massèchet Chabbat et tu me dis qu'il y a un pauvre qui reste dehors ? Ma pitom ! Ma pitom ! Fais-le rentrer dedans ! Donc la téchouva de la Michna, c'est que non, non, non: ani, nichnas, bifnim. C'est-à-dire qu'on n'est même pas rentrés dans les débats sur les dinim de Tsaha, dans les lois sur le fait qu'on a le droit de sortir, béréchout arabim, béréchout ha-yachid. On te dit: mais attends deux secondes, c'est Chabbat. Chabbat, tu ne laisses pas quelqu'un dehors. Chabbat, c'est tu le fais

rentrer à l'intérieur. Chabbat, c'est qu'on est tous ensemble.

Donc les tsadikim lo yecharim, ce sont des gens qui sont extrêmement regardants sur les principes de la halakha, mais qui ne sont pas droits dans leurs bottes. Et donc le Ramchal nous dit, et on peut revenir au texte, que c'est évidemment quelque chose de complètement metoav aux yeux de Dieu, qui est dégoûtant.

Alors continuons. Kikol levavot doresh Hachem, v'chol yetzer machevot mevin: c'est le verset de Divré Hayamim. Ma nahana be-yom tochecha im yitrashalnu minayoun azeh veinachnus lichat davar shehu kol kach mutal alenu.

Et là, le Ramchal va nous dire quelque chose qui n'est pas très ramchalien, parce qu'il nous parle comme un rosh yeshiva qui fait une sichat moussar. Il y a ce qu'on appelle les chmoussot à la yeshiva, les sichot moussar. De temps en temps, les rabbanim font des sichot aux talmidim, et l'objectif de ces sichot, on va dire, c'est que tu ressortes avec un sentiment de culpabilité par rapport à ce que tu as pu faire pendant la semaine. Ce n'est pas très ramchalien de faire un truc

comme ça, parce que le Ramchal nous dit: qu'est-ce qu'on va répondre le jour où on arrivera devant Dieu, et qu'il nous dira: alors, tu n'as pas étudié les midot, hein ? Pourquoi est-ce que le Ramchal nous met là-dedans ? Tout simplement parce qu'on est au début, on est dans l'introduction. Dans l'introduction, il ne nous parle pas encore comme aux tsadikim qu'on sera à la fin du livre. Donc le Ramchal, quand il est au début de son chemin, nous parle comme si nous aussi on était au

début du chemin. Il est évident que l'idéal n'est pas, dans mon rapport à Dieu, d'avoir peur de ce qui va se passer quand je vais me faire juger, mais c'est un point de départ. Donc ici il nous dit: qu'est-ce qu'on va répondre à ce moment-là ?

Bépilpoulim, Hachem, lo yitsélanou zara, mé-emet chumperi, vé-diyunim vé-dinim, Hachem einam chayachim lanou. Le Ramchal te dit: regarde, tu as laissé de côté toute la Torah tamidot, tu as laissé de côté tout ce qui va, en fait, te corriger pour avoir une relation avec Dieu, et tu t'es occupé de quoi à la place ? De pilpoulim et de dinim. Chema ? Cheh, Hachem ein chumperi.

C'est quoi, ça ? Le pilpoul. Est-ce que vous avez déjà entendu parler de livres de pilpoul, d'Almenata Pilpoul ? Il ne faut pas oublier une chose. Dans le monde de l'étude de la Torah, quand on regarde la Guemara, il y a deux façons d'étudier la Guemara: la façon Ashkenaz et la façon Séfarad. La façon séfarade d'étudier la Guemara est la plus saine, et c'est Ashkenaz qui parle. Quelle est la façon séfarade d'étudier la Guemara ? Prenez le Rif, Rabbeinu Yitzhak El Fassi. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a pris toute la Guemara, et à chaque fois qu'il y avait des débats entre les hachamim de la Guemara qui n'étaient pas des débats menant à la compréhension de ce qu'il faut faire en halakha, il ne les a pas mentionnés.

En d'autres termes, pour les Séfaradim, comment est-ce qu'on étudie la Guemara et le pilpoul ? C'est essayer de comprendre le comment du pourquoi. Les Séfaradim nous disent: ce qui m'intéresse, c'est évidemment de m'intéresser au pilpoul, mais pourquoi ? Pour arriver à comprendre ce qu'est la halakha.

Cours d'Orot veKelim

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