Michelat Yecharim : les tsadikim et les hassidim
Le Ramhal distingue la halakha minimale du hassidout : aller au-delà de ce qui est exigé, par égard pour son frère.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Mesilat Yecharim : entrer dans le texte par l'introduction, 55 min
En bref
Le cours ouvre l'étude de Mesilat Yesharim du Ramkhal, en partant de son titre complet, « Sefer Mesilat Yesharim Kolel Kol Inyane Moussar Ve Yirat Hachem ». Le Rav montre que le livre s'adresse aux yesharim et conduit par étapes vers la tsadikout, la hassidout puis la kedoucha, avec les douze premiers chapitres pour la tsadikout. Il distingue la morale, commune à tous les hommes, de la crainte de Hachem qui seule protège la morale de ses dérives.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Et voilà, c'est parti. Boker tov à tout le monde, Chavoua tov. Alors, ça y est, on est dans la dernière ligne droite, pour la simple raison que les Ashkenazes ont enfin rattrapé leurs frères séfarades et ont commencé les slihot également. Semble-t-il, comme chaque année, on a moins de choses à se faire pardonner que les séfarades ?
— Non, c'est pas ça ?
Non, non, c'est pas ça du tout.
— Ah, c'est pas ça ? Moi, je l'avais compris comme ça, personnellement.
— Moi aussi.
La vérité, c'est que ça n'a rien à voir avec le Ramhal, Messilat Yesharim. Mais comme on ne peut pas ne pas ouvrir la journée comme ça, il ne faudrait pas que les gens pensent que Hachem a moins de choses à se reprocher. Bon, c'est vrai que nous, on ne mange pas de hamets à Pessa'h, mais effectivement…
Non, en fait, c'est pas ça. Une phrase simplement, pour qu'on comprenne bien de quoi il s'agit. Quand on parle de Berech Hiour, on pourrait penser que les Ashkenazes ont moins de choses à se faire reprocher. En vérité, quand on y réfléchit bien, il faut se poser une seule question: pourquoi les séfarades commencent-ils les slihot ?
Et si on arrive à répondre à cette question, on comprend totalement autre chose dans la notion même de slihot. Ce n'est pas le sujet de notre cours, mais c'est hachouv quand même de lancer cela. Peut-être qu'un jour on y répondra. En tout cas, pourquoi commence-t-on les slihot chez les séfarades, et Roch Hachana chez les Ashkenazes ? Quarante jours avant, quoi. Quarante jours avant les slihot.
Donc quarante jours. Toi tu dis quarante, c'est un bon chiffre… Pourquoi quarante jours avant ? Quarante fois trois, quoi. Il a brisé les tables quarante jours avant. Pourquoi tu ne fais pas quarante fois trois ?
— Bah ouais.
Les deuxièmes tables n'ont été réécrites que pendant les quarante derniers jours. Donc tu viens de donner la réponse: il ne s'agit pas de la slikha. Mais c'est l'article de la Paracha, on l'a reçu, oui.
Tu l'as reçu avant qu'il monte. Moïse monte quarante jours, quarante nuits, depuis Chavouot jusqu'au 17 Tammouz. Il descend avec les premières tables, et de l'autre côté, il casse tout. À ce moment-là, entre le 17 Tammouz et Roch Hodech Elloul, quarante jours, il demande pardon. Ce pardon est accepté. À la fin, c'est-à-dire à Roch Hodech Elloul, Dieu lui dit…
Vayomer Hachem el Moché, Ke'hal … Remonte, et je vais te donner les deuxièmes tables. Ce qui veut dire que les quarante derniers jours, de Roch Hodech Elloul à Kippour, ne sont pas des jours de slikha. Ce sont les jours où la slikha a déjà eu lieu, et on remet en place notre lien avec le Saint béni soit-Il. Donc les slihot des séfarades, c'est depuis notre lien avec le Saint béni soit-Il. Ok ? Pardon ?
C'est ça, la techouva, le rézor, la chédé. Donc ce n'est pas la slikha. La slikha doit avoir lieu à un autre moment, on en parlera un jour, mais ce n'est pas notre sujet ce matin.
— Et donc, Eytan, on peut le faire une semaine avant ? Il n'y a pas besoin de mettre quarante jours ?
Ah non, parce que les slihot ashkenazes ne sont pas là justement pour mettre en place le lien. Ça, les Ashkenazes doivent l'apprendre de leurs frères séfarades. Les slihot des Ashkenazes commencent à motsaï Chabbat. Ce n'est pas un rapport de journée particulière, c'est un rapport de motsaï Chabbat.
Elles commencent à motsaï Chabbat. Il n'y a pas de timing officiel chez les séfarades, puisque parfois ça peut être quatre jours, parfois dix jours, parfois une semaine. Ça dépend de quand tombe Roch Hachana. Tu feras le motsaï Chabbat d'avant, avec un minimum de quatre jours, sinon le motsaï Chabbat d'encore avant, et ça fera onze jours. C'est comme ça que les Ashkenazes ont commencé hier soir, en disant…
C'est après Mal'ka de Chabbat qu'on vient vers toi, parce que la slikha des Ashkenazes veut se rattacher à la Création du monde. Ok ? Mais tout ça serait l'idée d'un cours sur les slihot. Ce n'est pas notre sujet ce matin. Ce matin, nous ouvrons le livre Messilat Yesharim. J'espère que tout le monde a Messilat Yesharim. Par contre, le problème de Messilat Yesharim, c'est qu'il n'y a pas une édition officielle, si je puis dire.
Donc chacun d'entre vous, j'imagine, a un texte différent. Ce qui veut dire que je ne vais pas pouvoir vous donner les pages, à chaque fois. On va parler en termes de chapitres et de paragraphes. Mais je pense que ça ira, on survivra quand même.
Alors, Hafizan, est-ce que je peux partager mon écran à chaque fois que vous parlez, pour qu'on puisse le voir aussi ?
— Oui, oui, bien sûr.
Alors, je mets mon livre sur l'écran. Yalla, b'hefkel. Alors, la semaine dernière, on a fait toute une introduction historique sur qui était le personnage du Ramhal. J'espère que… enfin, je n'ai pas entendu le cours du Rav Benarroch, mais j'espère qu'il n'y a pas eu ici de… de répétition ?
— De répétition, ou de…
Non, non, j'ai prévenu le Rav Yoël. Il a apprécié votre introduction.
Ah bah c'est très drôle. Voilà, c'est bon. Très bien. On n'a plus besoin de faire l'introduction historique du bonhomme, mais il est important, avant de rentrer dans le texte lui-même, de s'attarder deux petites secondes sur le titre du livre. Le Ramhal a décidé de nous enseigner un livre qu'il va appeler Messilat Yesharim.
En vérité, le nom du livre, ce n'est pas Messilat Yesharim. Comme on l'a dit la semaine dernière, il y avait deux versions de Messilat Yesharim. La première version s'appelait Seder Vikouah, c'est-à-dire un dialogue entre le Hassid et le Hakham. Dans cette première version, le Ramhal enseignait son Messilat Yesharim d'une façon intellectuelle. Le Hakham venait avec des questions que le Hassid venait expliquer. C'était vivant, c'était un ping-pong qui ressemblait un peu au Sefer HaKuzari.
Malheureusement, cette première version n'a pas vraiment été imprimée. Elle était connue en tant que manuscrit, enfermé à Leningrad. On a pu enfin avoir cette édition après la chute du mur de Berlin, quand on a pu sortir les archives de Leningrad. Aujourd'hui, on peut trouver dans le commerce Seder Vikouah. On l'appelle aussi Messilat Yesharim Aleph.
Nous, on ne va pas étudier ce seder-là. On va étudier ce qu'on appelle Seder Ha'Pirakim, c'est-à-dire le livre dans lequel Messilat Yesharim ne fait pas un dialogue, mais un grand monologue, chapitre après chapitre.
Et pourtant, le titre du livre n'est pas véritablement Messilat Yesharim. Le vrai titre du livre est un peu plus long. Je vous le lis: « Sefer Messilat Yesharim Kolel Kol Inyané Moussar Veyirat Hachem ». Ok. C'est tout un programme. Rien que dans cette phrase-là, on a du balagan.
Alors, je tiens à vous dire une chose très importante, avant même d'aller plus loin dans la phrase. Il y a une mida, on va en parler évidemment dans le livre, mais même sans …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Le chef-d'œuvre du Ramhal étudié de A à Z par le Rav Eytan Fiszon. De la vigilance à la sainteté, gravissez l'échelle des midot pas à pas : un vrai chemin de travail sur soi, accessible et profond
- 1
Qui était le Ramhal, Rabbi Moshé Haïm LuzzattoSa filiation avec le Ari, son rôle dans la transmission de la Kabbale et l'époque où il a vécu. - 2
Michelat Yecharim : les tsadikim et les hassidimLe Ramhal distingue la halakha minimale du hassidout : aller au-delà de ce qui est exigé, par égard pour son frère. - 3
Mesilat Yecharim : entrer dans le texte par l'introductionLe Ramhal annonce qu'il ne dira rien de nouveau, et pourquoi étudier ce qu'on croit déjà savoir. - 4
Fin de l'introduction au Messilat Yecharim du RamchalPourquoi l'étude de la Torah Tamidit exige un effort permanent, et le plan du Ramchal pour l'approche de la crainte de D.ieu. - 5
Le devoir de l'homme dans ce monde : kiffer ou obéirLe Ramhal oppose hédonistes et stoïciens, puis montre que faire la volonté d'Hachem est le vrai devoir de l'homme. - 6
Ce monde et le monde futur dans Messilat YecharimPourquoi le Ramchal place l'idéal de l'homme dans le monde futur, et comment l'ici-bas y conduit. - 7
Zehirout : la vigilance face à la routine et au confortPourquoi le Ramhal range la vigilance parmi les midot humaines, et comment le temps libre devient un piège pour l'âme.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav