Hineni : la réponse d'Avraham et l'émouna comme acte
Le cours distingue l'émouna du savoir et du ressenti, et explique le mot Hineni d'Avraham comme disponibilité à Hachem.
Rav David Partouche
Ensuite : Le Khaver, la émouna et le Dieu de nos pères, 58 min
En bref
Le Rav Partouche reprend la définition de l'émouna selon le Rav Kook, distincte du sechel (l'intellect) et du regech (l'émotion) : c'est une troisième voie, celle de la réalisation vécue. Il part de la certitude d'exister, puis remonte au nom Yud Kevavke comme source de l'existence, et au sens des lettres de ce Nom. Le cours montre enfin que l'émouna est une action de donner la vie, et que la faute ou l'exil peuvent faire perdre cette présence.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chalom à tous et à toutes. On était en plein Agdara, en pleine définition de ce qu'est l'émouna. On va essayer de continuer dans l'Agdara avant de reprendre le texte du Kouzari. Aujourd'hui, en principe, on doit continuer le texte du Kouzari et arriver à l'Agdara, et arriver au Yud Gimel Tetva. Alors, on y va.
On était arrivé, on avait expliqué que tout l'ensemble de l'émouna, il y a plusieurs possibilités, ou plusieurs moyens de pouvoir connaître les choses. Il y a un moyen qui s'appelle le Sechel, l'intellect. Avec l'intellect, je vais pouvoir connaître les choses. Est-ce que vous voyez droit, vous, ou vous voyez ce que j'écris à l'envers ? On voit droit. Mais c'est parce que moi, je vois sur mon écran à l'envers.
Il y a un autre chemin pour connaître les choses, à part l'induction, la déduction, etc. C'est-à-dire, à part utiliser l'intellect, utiliser son cerveau pour comprendre les choses. Il y a une autre façon de connaître les choses, qui s'appelle le Derech HaRegech. D'accord ? Derech HaRegech. Qu'est-ce que ça veut dire, Derech HaRegech ? Ça veut dire par les émotions. Le monde émotionnel: je vais pouvoir sentir des choses. Je rappelle que le mot Regech, justement, c'est grâce aux émotions que je vais pouvoir…
Maintenant, le Rav Kook vient.
Il dit: si tu te poses la question, qu'est-ce que c'est que l'émouna ? L'émouna, ce n'est ni le Sechel, ni le Regech. Ce n'est ni le côté intellectuel, ni le côté émotionnel. Là, l'émouna, c'est un troisième chemin. Un troisième chemin qui est même essentiel, qui est au-delà du Sechel et du Regech, mais, pour l'instant, je le mets en dessous.
Et là, c'est le chemin de l'émouna. L'émouna, ce n'est pas penser quelque chose, ce n'est pas ressentir quelque chose, c'est vivre la chose dans laquelle j'ai l'émouna. Lorsque je dis que j'ai l'émouna dans cette chose, c'est que je vis cette chose. Vous voyez ? Maintenant, lorsqu'on parle du verbe, on avait expliqué le Ehamin, qui veut dire « être actif ».
Ce n'est pas seulement je vis, mais je réalise cette chose-là. Et on avait illustré ça par une phrase très simple. On avait dit que le mot émouna vient du mot oman, qui veut dire artiste. Alors nous pouvons dire que omanout, l'œuvre, l'œuvre d'art, ma'amina, elle est ma'amin, ba'oman, l'artiste.
Pour l'instant, on ne va pas rentrer dans les règles de grammaire. Je mets le mot « et » entre parenthèses, parce qu'on expliquera un jour pourquoi il y a une différence. En tout cas, omanout, c'est-à-dire l'œuvre d'art, ma'amina est ba'oman, elle réalise l'artiste. Et on s'était posé la question: quelles sont les choses, chez nous, dans lesquelles on a l'émouna ?
On avait répondu: dans notre Havaya, on est ma'amin de la Havaya qui est en nous. On est ma'amin la Havaya. C'est quoi, la Havaya ? L'existence. On a en nous une certitude, qui est au-delà de tous les doutes, que nous existons. Chacun de nous a cette conscience-là. Ce n'est même pas une conscience intellectuelle, ce n'est pas une conscience émotionnelle: c'est quelque chose qui relève d'une certitude de vie.
Notre conscience que nous existons. Le Rambam Nahmani dira: si une personne n'a pas cette conscience qu'elle existe, au niveau psychologique, elle est dans une situation très, très grave. Donc, quand on parle de l'émouna, on va dire: ani ma'amin, que moi j'ai l'émouna, que moi je réalise, que moi je dévoile, et ça me remplit de certitude. Ani ma'amin et ha'avaya. Je réalise la Havaya, la Havaya étant l'existence.
Ne pas confondre avec Chavaya. Chavaya, c'est l'expérience. C'est très utilisé en hébreu, un peu moins en français, mais en anglais, c'est experience, c'est tout le temps là: vivre les choses, une expérience, un apprentissage de vie. Mais là, on parle de Havaya, d'existence. L'existence qui vient vers moi et qui me remplit de certitude. Est-ce que jusque-là, vous comprenez ce que je dis ?
Je suis prêt à répondre aux questions pour pouvoir avancer. Question directement en rapport avec ça. Est-ce que vous comprenez ce que je dis jusqu'à maintenant ? Oui. Oui, oui. Et là. Maintenant, de la même façon qu'on avait expliqué que la Lettre à Élise est ma'amina de Beethoven, elle réalise Beethoven, elle est entièrement la réalisation de ce que Beethoven a mis dans son œuvre.
On peut dire que la lettre réalise, elle est ma'amina Beethoven. Qu'est-ce qu'elle est ma'amina de Beethoven ? Ce qu'il a voulu dévoiler dans cette lettre, elle le réalise. Et nous, on est arrivés à vouloir donner un nom à ce ma'amin, à vouloir donner un nom, faites très attention, à la source de cette Havaya, à la source de l'existence. Le Am Israël est le seul à pouvoir connaître…
Connaître dans son sens le plus plein, le plus parfait. Connaître qui est la source de l'existence. C'est-à-dire ? Mais non, on est à… Je vous écoute. [Question d'un élève, inaudible en partie.] — Des fois, on vit des choses, on n'a pas l'impression que ça correspond à ce qu'on veut. Ou, je ne sais pas, ani ma'amin be'havaya. Des fois, on a l'impression que la Havaya qu'on vit ne correspond pas à ce que anachnou ma'aminim.
La première définition, la première des choses, c'est cette conscience d'être en vie. Cette conscience de vivre. Cette conscience d'être en vie relève du Khush de l'émouna, du sens qui s'appelle l'émouna. Vous faites la différence entre des choses que vous voyez, des choses que vous sentez, des choses qu'on vous dit, des choses qu'on vous prouve intellectuellement, et le fait même que vous vivez. C'est sûr.
D'accord, ce sont deux consciences complètement différentes. C'est vrai que, dans les écrits du Rav Kook, ils appellent ça le Khush de l'émouna. Ils utilisent le mot « sens ». Mais les élèves du Rav Kook expliquent qu'il a utilisé ce mot parce qu'il n'y en a pas d'autre. C'est une faculté de l'émouna. Mais ce n'est pas parce qu'on m'a prouvé que j'existe que j'ai ce sentiment d'exister. Ce n'est pas parce que je me touche, que je touche, que j'existe, que j'ai ce sentiment d'exister. Et là, c'est au-delà de tout ça.
Donc, quand je prétends avoir de l'émouna, c'est quelque chose que je vis, sur lequel il n'y a aucun doute. Rappelez-vous toujours qu'en parallèle, on a dit émouna, amen, émet, vérité: c'est du 1000 %. Personne n'a un doute sur le fait de vivre. La grosse kouchia, la grosse difficulté, c'est que si personne n'a un doute qu'il vive, c'est très bien, mais quel rapport avec Hachem ?
Alors je vais vous donner une réponse qui est vraie et fausse à la fois: pour l'instant, il n'y a aucun rapport. Quel rapport avec la cache-route ? Aucun rapport. Quel rapport avec un chapeau, des péot ? Aucun rapport. Pour l'instant, ce discours, on peut le donner même à un goy en lui expliquant que l'émouna, c'est être ma'amin la Havaya. Maintenant, je vais aller plus loin que ça.
Cours d'Orot veKelim
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