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Le Khaver, la émouna et le Dieu de nos pères

Le Khaver affirme sa émouna dans le Dieu qui a fait sortir Israël d'Égypte, et pourquoi ce vécu prime sur la seule raison.

58 min

Rav David Partouche

Ensuite : Le Mashal du roi d'Inde et le dévoilement d'Hachem, 57 min

En bref

Le Rav Partouche reprend le dialogue 11 du Kouzari, où le Khaver affirme sa émouna dans le Dieu d'Avraham, Yitzhak et Yaakov qui a fait sortir Israël d'Égypte, et oppose cette foi vécue à une foi fondée sur le seul raisonnement. Il montre que le Kouzari répond au Khaver que la preuve par l'intellect mène au doute, alors que l'histoire vécue du peuple juif (la sortie d'Égypte, la révélation au Sinaï, le retour à Sion) ouvre à la vraie connaissance. Le cours éclaire aussi la différence entre une religion qui va de l'homme vers Dieu et la révélation qui vient de Dieu vers Israël, et il conclut que le peuple juif a été choisi avant d'avoir reçu la Torah.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous avons connu un long arrêt, puisque le cours précédent portait sur Pessa'h, puis il y a eu Pessa'h, puis Yom HaTzmaout. Nous étions arrivés au dialogue Yod Alef, c'est-à-dire le dialogue 11. Nous avions quitté le texte pour expliquer ce qu'est la émouna. Ce que j'ai dit théoriquement, nous le retrouverons ensuite dans le Kouzari. Je reprends donc. Quand nous étions au dialogue Yod Alef, c'est-à-dire le dialogue 11, le Khaver dit: « Ani ma'amin beloé Avraham Yitzhak d'Yisraël, amotzi et bin Yisra'im, bin Yisra'im, botot ou mouftim »

J'ai la émouna dans le Dieu d'Avraham, le Dieu d'Yitzhak et le Dieu d'Yisraël, celui qui nous a fait sortir d'Égypte, celui qui a fait sortir Yisraël d'Égypte avec des miracles. Il s'est occupé de… Il leur a donné à manger pendant tout le séjour dans le désert. Il leur a donné la terre d'Erets Israël, la terre de Kenaan. Il les a fait traverser la mer, il les a fait traverser le Jourdain avant de rentrer en Erets Israël, etc., etc. Et nous, j'ai la émouna. Alors nous, « ma mini, behol ma shekalou, la Torah, Badrechi, Marouki ». Maintenant, faites très attention, il y a une chose assez intéressante: on voit que même les chapitres et les numéros de dialogue ont une signification. Et je m'explique.

On a un chiffre qui est très, très important, et même plus que bon. Quel est ce chiffre ? À part le chiffre 1, on a le chiffre 10. Pourquoi le chiffre 10 ? Parce que c'est à partir de 10 qu'on peut compter le minyan. Mais en fait, le fait de compter dix hommes pour pouvoir dire la Kedoucha relève de quelque chose qui a précédé le minyan: ce sont les dix paroles, ou les dix dires, avec lesquels HaKadosh Baroukh a créé le monde.

On a aussi les dix makot. C'était moins agréable pour les Égyptiens, mais c'est grâce aux dix makot, aux dix plaies, que nous avons pu sortir d'Égypte. Et enfin, nous avons les dix paroles, les dix commandements, les fameuses dix paroles que HaKadosh Baroukh nous a données lorsque nous étions au Sinaï. On voit donc que le chiffre 10 est le chiffre de la Chekhina, de la présence divine; c'est un chiffre important dans la Torah et dans l'âme d'Israël.

Ce qui s'est passé avec Yossef était un tikoun, la Sefira Malkhout, un tikoun des dix frères de Yossef qui avaient vendu Yossef. Et les dix frères de Yossef représentaient, en fait, le Klal Israël. Dix représente le collectif d'Israël. Je dirais quelque chose de plus simple: dix, c'est le chiffre le plus grand, parce qu'on compte en base dix. On aura l'occasion d'étudier cela dans un cours entier, pour bien comprendre le Klal Israël, quand Rabbi Yehouda Halevi nous en parlera. Mais pour retenir: dix représente le collectif d'Israël. Quand il y a dix Juifs, chaque homme a l'importance de sa place dans le collectif; il représente le Klal Israël.

Maintenant, si dix représente le Klal Israël, il y a un danger. Quel est le chiffre très, très dangereux et très mauvais ? C'est le chiffre 11. Il n'est pas mauvais au sens de dangereux, mais il est très mauvais. On voit dans la Torah que, lorsqu'il y a eu une maguefa, une épidémie, Moshé Rabbeinu a fait venir l'encens pour empêcher la mort des enfants d'Israël. Et les encens, la Ktoret, ou les Sammanim, sont au nombre de onze: Ahad Asar Sammanim, les onze épices. D'un côté on a dix, qui est extraordinaire; de l'autre, on a les Sammanim, au chiffre onze, qui est quelque chose de mauvais, quelque chose qui a besoin d'être réparé.

Pourquoi le chiffre onze est-il dangereux ? Parce que onze, c'est dix plus un. C'est-à-dire ? Et quel est le danger de dix plus un ? C'est celui qui va se sortir du collectif d'Israël. Il n'est pas dans les dix. C'est justement le tikoun de ce que vont faire les frères de Yossef. Ils vont tous se prosterner devant Yossef. Là, les frères voulaient vendre Yossef, et ensuite il faudra réparer. Comme les onze encens viennent réparer le mal: il y a un mal, et on est obligé de le réparer. En fait, dans l'histoire de Yossef, les frères ont voulu sortir Yossef du collectif. Ils étaient donc sous le chiffre onze. Et lorsque tu veux sortir quelqu'un du Klal Israël, tu es sous le chiffre onze. Il faut le ramener au sein du peuple d'Israël.

Je vous donne un exemple très simple et flagrant. Quand on étudie Rabbi Yehouda Halevi, la chaîne des rabbins qui suit Rabbi Yehouda Halevi, c'est le Maharal de Prague. C'est peu connu: on a Rabbi Yehouda Halevi en parallèle de Maïmonide; après Rabbi Yehouda Halevi, c'est-à-dire après le Kouzari, quatre cents ans plus tard, on a le Maharal de Prague. Le Maharal de Prague écrit un livre extraordinaire qui s'appelle Netzah Israël, l'éternité d'Israël.

Au chapitre 11, très long, il explique que vous êtes et vous restez les enfants du peuple d'Israël, que vous vous comportiez bien ou mal. C'est ce que Rabbi Meir Baal Haness a dit dans la Guemara, et c'est ce qui fixe la halakha: le Juif reste juif, reste bien Israël, qu'il se comporte bien ou mal. Il l'a placé au chapitre 11. Pourquoi ? Parce que c'est l'inverse: cela répare. Le chiffre onze a la possibilité de sortir du plan d'Israël, et lui vient nous enseigner que personne ne peut sortir du plan d'Israël.

Excusez-moi, est-ce que cela correspond aux gens qui sont exclus, qui s'excluent ?

— Qui sont exclus ? Ce sont des gens qui veulent se faire exclure, et nous devons les ramener au sein du dix. Nous devons les ramener dans le collectif.

Et le chiffre deux, alors ? Puisque onze, c'est un plus un, ça fait deux. Quel est le rapport entre deux et onze ? Non, deux montre le rapport entre nous et HaKadosh Baroukh. C'est la création. La création est binaire; elle représente notre corps. Nous sommes le deuxième. Il y a le premier-né et il y a le second.

— Vous pensez que cela se rapporte directement au sujet ?

Cela se rapporte directement au sujet, je vous l'expliquais. Dix, onze. Onze est le chiffre dangereux. Qu'est-ce qui peut entraîner une personne à quitter le collectif d'Israël ? C'est très simple: c'est le sekhel. Ces pensées vont donner de nouvelles définitions de ce qu'est Israël, de ce qu'est un Juif, de ce que doit être un Juif, de tout ce que doit être la nation d'Israël.

Au niveau d'Israël, il va donc y avoir des conclusions différentes, qui peuvent amener un Juif à penser qu'il est à l'extérieur. Et même, des personnes vont exclure des Juifs d'Israël en disant: eux, ils ne sont pas juifs. Je vous rappelle l'histoire du Rav Ashkenazi. Il disait que, lorsque les pionniers sont montés en Israël…

Il y a eu beaucoup de pionniers religieux, beaucoup de Chomrei Chabbat qui étaient religieux, mais beaucoup de pionniers ne l'étaient pas, étaient anti-Torah, communistes, et tout ce …

Cours d'Orot veKelim

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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

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