La racine Oman et l'artiste qui fait entrer l'abstrait dans le concret
Comment l'émouna se comprend à partir de l'artiste, de son œuvre et de l'intériorité rendue visible dans la matière.
Rav David Partouche
Ensuite : Hineni : la réponse d'Avraham et l'émouna comme acte, 54 min
En bref
Le Rav Partouche reprend la racine Oman (émouna) à partir de l'artiste : l'œuvre reflète le monde intérieur de son auteur, et faire acte d'émouna, c'est faire passer l'abstrait dans le concret. Il montre ensuite que la vie elle-même vient d'une source qu'aucun homme ne peut créer, et que les aliments ne font que l'entretenir. Il conclut en proposant de nommer cette source à partir de la racine Havaya (donner l'existence) et du Yud Kevavke.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ok, shalom à tous. Shalom David. David, quand vous dites « vous envoyez », vous envoyez comment ? Après le cours du Rav Yoel, je reste cinq minutes et je réponds à toutes les questions.
Ok, shalom à Rav Partouche. On va débuter sur la émouna. On est en pleine définition de la émouna. Avant de continuer au niveau du texte, on va voir où on était arrivé.
C'est-à-dire ? Notre but est clair: c'est de ne pas confondre la émouna avec n'importe quelle croyance. On était partis du principe que émouna, le mot émouna, a la même racine que... Est-ce que vous voyez à l'endroit ou à l'envers ? À l'endroit. Très bien. Vous voyez bien ce que j'écris là ? Oui, oui. Ok. Alors émouna, on avait dit que c'était la racine OMAN. OMAN. C'est-à-dire ?
Et OMAN, on avait dit, c'était l'artiste. Bien. À partir de ce moment-là, on a dit: peut-être qu'on a un moyen de comprendre la émouna. Il y a deux chemins pour comprendre la émouna. On avait commencé la semaine dernière, on avait bien avancé sur ce premier chemin. Alors on y va. Je refais les dessins: il va y avoir quatre dessins qui vont se compléter, et on va pouvoir comprendre. Donc on part. Ça serait possible de faire en majuscules ? En majuscules, d'accord. Merci.
Ok. On a exprimé que lorsqu'on parle de l'artiste, lui, il va créer une œuvre. Cette œuvre-là, on avait dit, c'était OMANOUT. O-MA-NOUT. Ça, c'est l'œuvre. Maintenant, son œuvre qu'il fait, on avait expliqué, on avait donné la phrase suivante: OMAN NE'EMAN.
Qu'est-ce qu'on a ici ? On a que l'artiste est NE'EMAN, il est fidèle à son œuvre, à son monde intérieur, à travers l'œuvre. Ce qui veut dire quoi ? Et là je rajoute: lorsque l'OMAN fait une œuvre, on va voir la matière, c'est-à-dire l'œuvre qu'il a créée, mais à travers elle, on va voir l'OMAN.
On va voir l'artiste, c'est-à-dire à travers son œuvre. Qu'est-ce qu'on va voir de l'artiste ? On ne va pas voir ses yeux, on ne va pas voir sa tête, on ne va pas voir ses membres. On va voir le monde intérieur de l'artiste. Et on avait donné une définition: ce que fait l'artiste, cet acte-là, c'est de faire pénétrer dans la matière quelque chose d'abstrait. De l'abstrait dans le concret, ou de l'intérieur vers l'extérieur. On avait donné toutes les possibilités.
Alors ça s'appelle un acte de émouna. Faire de la émouna, c'est comme cet artiste qui fait de l'art: il est capable de faire rentrer son monde intérieur dans la chose la plus concrète. La chose la plus abstraite dans la chose la plus concrète. Et on va dire qu'il fait un acte de émouna.
Maintenant, on va rajouter une définition par rapport à la semaine dernière. On va pouvoir dire que lui, il est MA'AMIN. C'est un peu compliqué. Lui, il est MA'AMIN. Qu'est-ce que ça veut dire qu'il est MA'AMIN ? Qu'il arrive à faire rentrer son intériorité dans du concret, dans de la matière. Donc tout OMAN, comme je sais, moi, un SARKAN, un joueur, il est MESSAREK, il joue. Un OMAN, il est MA'AMIN. Un OMAN, lui, il fait de la émouna. Un OMAN, il est MA'AMIN.
Posez-moi des questions jusque-là.
— Moi, j'ai une question. Pour comprendre ça, il faudrait être soi-même un peu OMAN, ou un peu... Qu'est-ce que je vais dire ou pas ?
C'est-à-dire que quelqu'un qui est très, il ne peut pas comprendre la émouna. D'accord. Comme une personne m'a dit: on a compris, à cause du Corona, que la musique était futile, que l'art était futile, parce que tout était annulé. Il n'y a plus de musique, il n'y a plus de concert, il n'y a plus de tout. Alors, nous...
— Oui ? Un SARKAN, c'est aussi un... il ose... il utilise... OSISA... émouna, parce que...
Deux secondes. Non, parce que vous avez dit que le SARKAN n'est pas l'OMAN, mais c'est la même chose. Le SARKAN doit se mettre dans la peau... D'accord, d'accord. De son rôle. Très bien, mais c'est l'air. Mais ce que je veux dire, faites très attention: ce n'est pas qu'il utilise sa émouna, c'est-à-dire...
Je reviens sur un point un peu lourd que j'ai dit depuis le départ: pour l'instant, ça n'a rien à voir avec HaKadosh Baroukh Hou. Ok. C'est-à-dire: tu as Rembrandt, tu as Léonard de Vinci. Quand il a fait son tableau, il pense peut-être à HaKadosh Baroukh Hou, mais pour l'instant, nous, on est capables de rencontrer Léonard de Vinci grâce à ses œuvres. On rencontre, comme l'exemple que j'aime ramener, Pour Élise, on rencontre Beethoven par son morceau. Donc à ce niveau-là, il est OMAN.
Et son œuvre reflète la vie de Beethoven. C'est-à-dire ?
— Donc c'est ça.
Mais non. Une personne qui n'a pas une grande sensibilité, il n'est pas besoin d'avoir beaucoup de sensibilité pour comprendre ça. Il est clair que, dans notre vie, on va voir tout de suite qu'on est tous des humains sans le savoir. Mais il y a des personnes plus ou moins fidèles à leur monde intérieur. Et certaines personnes ne sont pas du tout fidèles à leur monde intérieur.
Un enfant, de par sa nature, est très fidèle à ce qui vient à l'intérieur de lui. Quand il est triste, il pleure. Quand il est gai, il... Nous, on travaille sur nous-mêmes pour ne rien laisser passer. C'est énorme: pour ne rien laisser passer. Mais en principe, on devrait être NE'EMAN à notre monde intérieur. Maintenant, on nous a appris que ce n'est pas tout à fait... Des fois, un enfant ne se retient pas, donc il va dire ce qu'il pense.
Ça veut dire que quand vous écrivez MA'AMIN...
Ça veut dire qu'il fait cet exercice permanent de passer de l'intérieur à l'extérieur, d'exprimer dans son œuvre.
— Exactement. Ça veut dire que MA'AMIN, c'est un exercice.
Non, c'est faire une action. C'est faire une action.
— Exactement. Maintenant, puisque vous avez compris ça par rapport à l'artiste, on va le comprendre par rapport à l'œuvre.
On s'était arrêté là, on avait fait deux étapes la semaine dernière. La semaine dernière, on est arrivé à dire la chose extraordinaire, je peux même l'écrire en français, ça m'est égal: l'œuvre, donc là, OMANOUT, trois petits points, l'artiste. Et on avait donné tous les verbes: refléter, dévoiler, réaliser, concrétiser, tout ce que vous avez dit.
Et moi, j'avais dit: c'est très simple, je vais vous apprendre le mot qui veut dire refléter, dévoiler, réaliser, concrétiser, tout ce que vous m'avez dit. C'est MA'AMIN. J'ai du mal à écrire en majuscules, c'est difficile parce qu'on n'écrit pas comme ça, donc ça prend plus de temps, mais il est top. MA'AMIN. Vous arrivez à le dire un peu ? Ok. MA'AMIN. C'est quoi MA'AMIN ? C'est justement que l'œuvre réalise l'artiste. Elle concrétise l'artiste.
Elle fait émaner l'artiste, elle fait émaner l'artiste d'elle-même, de son œuvre. Mais il y en a qui pourraient dire: c'est de la poésie, …
Cours d'Orot veKelim
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