De quoi vivons-nous vraiment : l'émouna vécue
Le Rav Partouche montre que l'émouna naît de l'expérience vécue, non de la seule étude, et que la vie tient à Hachem.
Rav David Partouche
Ensuite : La racine Oman et l'artiste qui fait entrer l'abstrait dans le concret, 56 min
En bref
Le Rav Partouche part de la question « de quoi vivons-nous vraiment ? » et y répond en distinguant la vie biologique (nourriture, oxygène, sommeil) des moyens qui la soutiennent. Il montre à partir du verset de Habakouk « Tsadik bemounato yichye » que la émouna est une faculté de vivre une expérience, à la différence du sekhel et du regech, et s'appuie sur la figure de l'artiste dont l'œuvre fait émerger son monde intérieur. Il conclut que l'on vit de la vie elle-même, dont la émouna est le lieu.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Assalamu alaikum, Chabbat Chalom.
Dans pas mal de vidéos, j'ai annulé la mise en miroir. Remettez-le peut-être comme ça, ça fera miroir sur miroir. Vous n'êtes pas en miroir, parce qu'on voit l'écriture en hébreu normale. Ah bon, vous voyez normal là ? Oui ? Ça va. Ok, mais c'est derrière moi, ça marche.
On a décidé avec David de donner dix minutes de questions. Je vous préviens tout de suite par rapport aux questions. Il y a des questions ?
Je n'arriverai pas à les rentrer dans le contexte du cours, dans le but du shiour, qui est de mieux comprendre l'émouna. Je ne pourrai pas répondre dans le cours. Deuxième sorte de question: il y a des questions qui sont directement en rapport avec le sujet, mais Rabbi Yehouda va en parler, ou plus tard je voudrais en parler. Donc ça aussi, je ne répondrai pas. Les dernières questions, je vous dirai si on peut y répondre. Ce que j'ai dit jusqu'à maintenant, c'est important.
D'être né ou pas, d'être sur le même niveau. Alors, Berhavot, je vous écoute.
— Alors, partout, je peux ?
— Oui.
— J'ai deux questions. Une que j'avais posée la semaine dernière, mais c'est la fin du cours et vous n'avez pas eu le temps de prêter attention. C'est en rapport avec l'émouna et les parachiot qu'on est en train de voir en ce moment. Vous avez demandé, par rapport à ce que vous avez dit, selon tous les avis: toute l'armée d'Israël avait entendu le premier commandement, Anokhi Hachem Elokekha asher hotseti… Et quarante jours après, ils disent Ki zeh Moshé ich acher heelanou me Mitsraïm. A priori, il y a une contradiction. Ça ne va pas.
Ma deuxième question, c'est qu'on a vu cette semaine, justement, pour les Chalosh Ha-Régualim, où il est marqué Yeraé et Pneï Hachem… Chalosh Pe'amim ba-chana. Et après, on verra Lo Ich Adam Vahay. Par rapport à l'émouna, où Rabbi Yehouda Halevi dit que ce n'est pas un acte kikhli, mais quelque chose qu'on réalise au quotidien… C'est pas… Ah, voilà.
— Mais ce sont des Khazars.
— La deuxième question, je pense qu'on va la laisser de côté. La première question, Rabbi Yehouda Halevi va parler du Chet Ha'igel. Qu'est-ce qui s'est passé au Chet Ha'igel ? Premier élément de réponse, sans spoiler: Rabbi Yehouda Halevi, dans la suite, le lien est comme ça. Il est vrai, et ça c'est en rapport direct avec le cours de la semaine dernière, qu'il y avait un manque, un manque de… C'est seulement quand HaKadosh Baroukh Hou leur a parlé qu'ils ont compris. Ils ont commencé à avoir plus d'émouna envers Moshé. Et après le Chet Ha'igel, qui va parler lors de la faute du veau d'or ? Qui va dire Eleh Elokekha Israël, « voici tes dieux, Israël » ? Rabbi Yehouda Halevi va nous expliquer exactement qui a fauté, qui n'a pas fauté, et pourquoi le peuple d'Israël est considéré comme ayant commis une grande faute.
Ce qui est très important de voir par rapport à la structure de l'émouna, et c'est la suite du Kouzari, c'est que tant qu'ils n'ont pas vécu la chose, ça ne s'appelle pas émouna. L'émouna, c'est par le vécu. Donc le Rav, Rabbi Yehouda Halevi, commence à dire au roi des Khazars: moi, je peux te parler uniquement d'une expérience qui a été vécue. Hachem a eu une expérience avec le peuple d'Israël, la sortie d'Égypte, puisque après il va dire « c'est moi qui vous ai fait sortir d'Égypte ». C'est quelque chose qui a été vécu. Quand c'est vécu, ça peut rentrer dans le cadre de l'émouna. Tout ce qui n'a pas été vécu, il faut savoir si on peut avoir utilisé l'émouna pour ça. Pour l'instant, on ne sait pas.
Rabbi Yehouda Halevi nous dit: si tu parles d'émouna, je te parle de relation avec un Hachem, un dieu, et ce dieu, je ne peux le connaître que par son action avec le peuple d'Israël. C'est très, très important, c'est la base. On ne voit Hachem dans les paroles du Khaver, du rabbin, qu'à travers les relations qu'Il a avec le peuple d'Israël: la sortie d'Égypte, le don de la Torah, Il s'est occupé d'eux dans le désert pendant quarante ans, Il les a fait entrer en Erets Israël, Il a ouvert la mer des Joncs, etc. C'est une relation que le peuple d'Israël a vécue avec le divin.
Rabbi Yehouda Halevi n'essaie pas de donner une définition théologique, philosophique ou intellectuelle de Dieu, mais raconte au contraire une histoire vécue, une expérience vécue. Il faut donc savoir quel est le rapport avec l'émouna, et pourquoi c'est important, et comment. La question que les élèves posent généralement quand j'enseigne ça: « Mais moi, j'étais pas au Sinaï », ou « Bon, ok, ça me concerne pas, on est trois mille ans après, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? » C'est ça. On y arrivera.
Mais la première des choses: quand le roi des Khazars lui pose la question, Rabbi Yehouda Halevi répond: une expérience, une expérience. Et comme on l'a expliqué, Rabbi Avraham Ibn Ezra n'est pas d'accord avec Rabbi Yehouda Halevi là-dessus, parce qu'il dit non, il y a une autre raison.
D'autres questions ?
— Oui, Rav, j'ai une question. Vous avez dit donc que l'émouna, c'est la faculté qui permet de vivre la chose, et que le vivre au niveau personnel, individuel, ce n'était pas suffisant. C'est parce qu'on le vit au niveau collectif qu'on doit arriver à ça ?
— On doit arriver à ça. L'émouna va se développer. Mais la première définition: le sékhel, l'intellect, nous permet de comprendre les choses. Quand je m'assois sur un texte philosophique, un texte de mathématiques, d'informatique ou de physique, on utilise notre intellect pour comprendre, analyser, etc. Quand je vais me promener en Erets Israël, que je vois les amandiers en fleurs, j'utilise mes chouchim, mes sens. Et grâce à mes sens, j'arrive à rencontrer la nature: je regarde, je sens les odeurs, etc. Ça, c'est utiliser le sékhel ou le régech: soit l'intellect, soit le côté émotionnel. L'émouna, c'est autre chose. L'émouna, c'est une faculté que l'homme a de pouvoir vivre…
— Je suis en cours ! — C'est sur la feuille !
— …de pouvoir vivre le sujet dans lequel on a l'émouna.
— C'est-à-dire ?
— Je vais vous donner un verset, vous allez tout de suite comprendre de quoi je parle.
Un des derniers prophètes. C'est une blague, mais ce n'est pas une blague. On est à Pourim, donc on peut parler de Miltad et Bédikhouta, un mot de bonne humeur. Un des derniers prophètes, c'est Habakkouk. Au chapitre 2, verset 4, il va dire la phrase très connue, mais mal connue: Tsadik béemounato yihyé.
Pourquoi je dis que c'est mal connu ? Parce que, dans les rues de Tel-Aviv, quand on veut dire que chacun a sa vérité, qu'on se laisse tranquilles les uns les autres, on dit « Ich béemounato yihyé »: un homme avec sa émouna vivra. Or c'est …
Cours d'Orot veKelim
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