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Le Kouzari et le tournant vers le christianisme

Pourquoi le roi des Khazars se tourne vers le christianisme, et ce que Maïmonide en dit.

59 min

Rav David Partouche

Ensuite : Rav Partouche et la trinité chrétienne, 58 min

En bref

Le cours part du Kuzari de Rabbi Yehouda Halevi : le roi des Khazars, déçu par les philosophes, se tourne vers le christianisme puis l'islam parce qu'ils affirment un Dieu qui s'intéresse au monde et à l'homme. Le Rav explique comment le christianisme en est venu à faire de Jésus un Dieu incarné, et en quoi cette thèse heurte la logique. Il montre aussi que les notions de Dieu, de Torah et d'émouna ne se réduisent pas à une religion ou à une philosophie de vie.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Oui, voilà. Shalom Aleikhem, Rav. Chavouot tov.

Donc le roi des Khazars, après avoir été déçu des philosophes, puisque le philosophe parle d'un dieu qui est seulement existant, mais qui ne s'intéresse pas au monde, et surtout ne s'intéresse pas à l'homme et n'intervient pas dans ce monde. Il est éloigné de ce monde. Il était peut-être à l'origine, il était peut-être la cause première, mais il n'intervient plus dans ce monde.

Le roi des Khazars exprime d'une manière tout à fait simple: moi, mon vécu, mon expérience est différente. J'ai vécu un rêve. Dans ce rêve, le divin m'a parlé et il m'a dit qu'il avouait que mes intentions étaient bonnes, c'est-à-dire que mon intention m'a approché de toi, de Dieu, du divin, mais que mes actes étaient mauvais. Donc moi, ce que je cherche, dit le roi des Khazars, c'est justement l'acte parfait. Or toi, philosophe, tu nous as dit que les actes n'avaient aucune importance aux yeux du divin. Par conséquent, tu ne m'aides pas à avancer dans ma recherche, la recherche de la vérité, de ce que j'ai vécu, de ce que j'ai expérimenté.

Et donc il va se tourner vers l'islam et vers la chrétienté. Pourquoi ? Parce que ce sont les deux religions, dit-il, qui sont prêtes à se battre. Il avait déjà cité ça au philosophe: ils sont prêts à se battre, à mourir, pour affirmer que leur religion est la vérité. Les guerres de religion, justement, cela veut dire qu'une personne est capable, au nom de Dieu, au nom de son idéal, d'être prête à se battre pour dire que ce que je fais, c'est le hémètre, ce que je fais, c'est la pure vérité. Et ils sentent, dit le roi des Khazars, une vérité au niveau de leurs actes. Parce qu'en effet, soit une personne décide d'être chrétienne, soit une personne décide d'être musulmane. On ne peut pas être à la fois chrétien et musulman.

Il y a un acte parfait. L'acte parfait est soit dans la religion chrétienne, soit dans la religion de l'islam. Par conséquent, il dit que ces deux religions se battent et sont fortes dans ce monde, elles dominent le monde. Par conséquent, il y a une vérité à chercher, et ils se tournent vers le christianisme. Pourquoi vers le christianisme ? Parce qu'il a précédé de presque 600 ans la religion de l'islam. Donc ils commencent par les chrétiens. Et là, le chrétien lui dit: je crois au Dieu qui a créé le ciel et la terre. Dieu s'intéresse au monde. Dieu parle aux hommes. Il y a ce qu'on appelle la prophétie. Et Dieu attend des hommes des actes… qu'il leur a donnés.

Et donc, a priori, cela peut donner une explication à ce que le roi des Khazars a rêvé. C'est-à-dire que Dieu s'intéresse à des actes. Peut-être que les actes demandés par Dieu dans le discours du chrétien correspondent à la vérité, sont la vérité. Mais, à un moment donné, il explique ce qui s'est passé pour ce dieu-là.

Alors, je vais faire un partage d'écran, et on va lire ensemble. J'espère que David le voit. Super. Je vais vous montrer le texte en hébreu du Kouzari, et comme ça on va pouvoir suivre là où on est arrivé. On est à Marichon, je vais vous dire: on est à Dalet, la douzième ligne, à Dalet.

Donc, Edi et ce dieu-là, un jour a décidé… d'abord, attendez, voilà. Et d'une manière générale, vous voyez ici ? D'une manière générale. D'abord, pour le chrétien, tout ce qui est dit dans notre Torah, Hagdoshah, c'est-à-dire dans le Tanakh, Torah Nevin K'tuvin, dans le Pentateuque, les livres des prophètes et les hagiographes, dans tous nos livres saints, Yoham Israël, le chrétien affirme qu'ils sont vrais, qu'ils sont pure vérité. Bahavour, Pirsoum, Pirsoumam, Véatmada Tam, Vigalotam, Bamonim, Dolim. Et là, ils donnent des critères de vérité. D'abord, ce sont des textes qui ont été connus. Ils ont été diffusés par tout un peuple, par toute une nation, en effet.

Quand on sort d'Égypte, ce n'est pas une personne qui sort d'Égypte, c'est tout un peuple qui sort d'Égypte. At-Mandatam: il y a eu une pérennité dans le temps de ces récits, qui se voulaient récits d'une nation, et cette nation existait. Lorsqu'on parle du roi Salomon, c'était un roi qui existait. Lorsqu'on parle de Yahushua, Josué, qui est en train d'arriver en Israël, c'est une époque qui existait, qui a été vécue par une nation tout entière, et vécue aussi par les nations à l'extérieur d'Israël.

Donc toutes ces histoires étaient connues, surconnues. Ve'i galoutam ba'mounim v'dolim. Et donc elles ont été dévoilées à la masse. Je précise: la masse, non seulement juive, de la nation, des Juifs, mais aussi des goïm. On voit dans le Sefer Yehoshoua, au tout début, justement, où Rahab va dire à Josué, aux envoyés de Josué qui doivent faire la conquête d'Israël: « Oui, j'ai entendu il y a quarante ans que vous êtes sortis d'Égypte, que la mer s'est fendue. » C'est-à-dire que même les nations qui entouraient le récit biblique du peuple d'Israël étaient au courant de ce qui se passait.

Parce que c'est comme si aujourd'hui on comptait l'histoire de l'État d'Israël. Aujourd'hui, on est le 29 novembre 1947, le jour du vote à l'ONU pour accepter la création de l'État d'Israël. Donc ce n'est pas juste l'histoire du peuple d'Israël, c'est une histoire qui concerne le monde entier. Le monde entier était au courant. Et donc les chrétiens disent, par conséquent: Tanakh, c'étaient des choses qui étaient connues de tous. Surtout le Pentateuque, Hamishah Houmshei Torah, les cinq livres, parce qu'ils parlent de l'histoire d'Israël, et les prophètes.

Maintenant, peut-être que des livres comme les Tehillim, c'est autre chose. Enfin, les livres d'histoire. Les Tehillim, ce sont des psaumes. Le livre de Daniel, alors, cela concernait seulement Daniel à l'époque de l'Empire de Babel. Mais quand on parle du Tanakh, ce sont des livres qui sont historiques. Je vous rappelle qu'à chaque fois que dans la Bible on parle à l'époque des prophètes, le roi et son prophète sont marqués dans les textes du prophète. C'est-à-dire que le prophète dit: j'ai prophétisé à l'époque de tel roi. Le prophète est toujours en rapport avec une nation, la nation d'Israël sur sa terre.

Il dit: et à la suite de ça, à la suite de l'histoire d'Israël… Ekev, c'est le talon, c'est-à-dire la suite. La divinité, c'est-à-dire Dieu, est matérialisée. Hachama, Hachama b'ivrit, guéchem: on prie en Israël pour le guéchem, pour la pluie. Guéchem a donné le mot gachmi. Gachmi, c'est la matérialité, gachmiout, c'est la matérialité. Gachmi, c'est quelque chose de matériel. Il y a le rouhani, il y a le spirituel, et il y a le gachmi, le matériel. Quand on parle de hachama, c'est la même racine.

Akhchama, cela veut dire la matérialisation du divin. Et qu'est-ce que cela veut dire, la matérialisation du divin ? Ve'ayah, il était. Donc le divin est devenu… Oubar, un embryon, béréchem betoula, dans …

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