Le retour, la guérison et la Gueoula selon le Rav Kook
Iyar, mois de la guérison, et ce que les rabbanins ont dit de la fondation de l'État d'Israël.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Période très très spéciale : Yom HaAtsmaout et la galoute, 55 min
En bref
Le cours part de la lettre Iyar et de ses abréviations pour montrer que la fin de la galout et la création de l'État d'Israël sont lues par les rabbanim comme le début de la Gueoula. Le Rav s'appuie sur des témoignages de rabbanim (dont le Rav Halimi de Constantine, le Rav Ovadia Yossef, le Baba Saleh) et sur le texte d'Ezéchiel pour expliquer que l'exil était une profanation du Nom divin, que le retour en Erets Israël en est la fin, et que ce retour est un processus qui passe par la maturation du peuple avant les mitsvot.
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## Iyar, mois de la guérison
Bon, retour à la yeshiva. On est entré dans le mois d'Iyar. Iyar s'écrit Aleph, Yod, Yod, Resh. Là, on nous enseigne que les lettres Rechamim sont les initiales de Ani Hachem Ro'ekha, « Je suis Hachem, ton guérisseur », celui qui va te guérir. On voit que cette période d'Iyar est propice à la guérison, à la guérison d'HaKadosh Baroukh Hou.
Qu'est-ce que la guérison d'HaKadosh Baroukh Hou ? HaKadosh Baroukh Hou va guérir l'homme Israël de tous ses maux, et nous en avons été témoins. Il y a soixante et un ans, Hachem nous a guéris d'une partie de la galout, puisque nous étions exilés de notre pays pendant deux mille ans. Hachem nous a ramenés, Hachem nous a redonné un État. Ani Hachem Ro'ekha: Hachem nous a guéris des souffrances de la galout.
C'est sûr que, lorsqu'on est entré dans cette période de Gueoula, de libération et de délivrance, on n'est pas arrivé à la Gueoula chelema, à la délivrance totale. Mais la Gueoula a commencé. Elle a débuté par le fait qu'HaKadosh Baroukh Hou nous a redonné notre État.
On s'est souvent posé la question: qu'est-ce que disent les Rabbanim sur Yom HaAtsmaout ? Qu'est-ce que disent les Rabbanim sur la création de l'État d'Israël ?
Je vous ai ramené quelques témoignages, par exemple, puisqu'il y a des Constantinois ici. Il y a des Constantinois ? J'ai ramené des Rabbanim connus des Français. Il y a le Rabbi Sidi Frech Halimi, vous en avez entendu parler ? Le grand Rav de Constantine. Lui a vécu la création de l'État d'Israël. Regardez, je vous l'ai marqué: en 1955, il a fait une visite en Israël. En revenant, il a déclaré que cet État était Réchit Smichat Guéoulatenou, le début de la Gueoula. Quand il a vu l'État d'Israël, il a dit: ça y est, la Gueoula est arrivée.
Il fêtait Yom HaAtsmaout avec une ferveur et un enthousiasme particuliers. Il récitait le Hallel. Il organisait un repas de fête pour remercier Hachem ce jour-là. À chaque fête d'indépendance, à chaque Yom HaAtsmaout, c'était lui qui officiait et qui faisait la tefila. Il insistait sur le fait qu'il fallait respecter la décision du grand rabbinat d'Israël, de réciter le Hallel et de remercier Hachem ce jour-là. On voit bien que, pour les grands Rabbanim séfarades, Yom HaAtsmaout était un jour kadoch, un jour saint, un jour où l'on récite le Hallel et où l'on remercie Hachem du merveilleux cadeau qu'Il nous a fait.
Le Rav Israël Abou Hatzéra, le Baba Saleh, tout le monde a entendu parler de lui. Il ne cessait de prier pour la réussite de nos soldats. Il y a une histoire connue: deux élèves étudiaient dans une yeshiva. Ils se sont présentés devant lui et ont dit: voilà, nous voudrions que le Rav fasse une bénédiction pour que nous n'allions pas à l'armée. Il les regarde et demande: pourquoi n'allez-vous pas à l'armée ? C'est une des plus grandes mitsvot, défendre son pays, défendre ses frères. Il faut aller à l'armée.
Ils lui répondent: mais regarde cet État, regarde ce gouvernement, pourquoi devrions-nous aller dans cette armée ? Il dit: bédéref, vas-y, va à l'armée. Ils demandent: mais il vaut mieux que je reste à la yeshiva ? Il répond: non, toi, tu dois aller à l'armée. On raconte qu'il savait discerner les personnes sérieuses de celles qui ne l'étaient pas: quelqu'un qui allait à la yeshiva pour fuir l'armée, et quelqu'un qui allait à la yeshiva parce qu'il voulait aller à l'armée.
Celui-là voulait défendre son peuple, il voulait quelque chose de très grand, d'Allah. D'un autre côté, il était tellement amoureux de la Torah, il voulait tellement étudier la Torah, que c'était très difficile pour lui de quitter le livre. Une telle personne, il valait mieux qu'elle reste à la yeshiva. Il faut choisir le moment, faire moins d'armée, il faut voir après. Mais la base, c'est qu'il faut aller à l'armée. Toutefois, si une personne, parce qu'elle étudie la Torah, peut-être qu'il faudra repousser l'armée.
Peut-être qu'il faudra ne pas faire l'armée pour l'instant. Mais le Baba Saleh, lorsqu'il voyait que les élèves étaient restés à la yeshiva et qu'il leur posait la question, il les envoyait à l'armée. Il disait: soit tu étudies la Torah, mais si tu n'étudies pas la Torah, il vaut mieux que tu défendes ton pays. Tout cela pour vous dire qu'il ne voyait rien de mal dans l'armée, et qu'au contraire, il la voyait comme une grande mitsva.
Je saute une phrase, je vous la raconterai plus tard. Il disait: comment ne pas remercier Hachem, alors que, lorsque nous étions en galout, les Arabes nous dominaient et nous faisaient souffrir ? Et aujourd'hui, Baroukh Hachem, nous sommes en Israël, et c'est nous qui les dirigeons.
Comment peut-on ne pas remercier Hachem ? C'est un Talmid Hakham énorme, un mekoubal énorme, qui te dit: regarde, jusqu'à maintenant, les Juifs étaient dominés par les nations, ils souffraient, ils n'étaient pas dans leur propre pays. Maintenant, Hachem nous a ramenés. Nos ennemis, c'est nous qui les dirigeons maintenant. C'est nous qui sommes à la tête de ce pays. C'est un pays qui protège les Juifs. Qu'est-ce que tu veux de plus ? Pourquoi ne remercierais-tu pas Hachem ? Il n'y a rien de plus naturel que de remercier HaKadosh Baroukh Hou.
Il faut se demander par quel mérite les pionniers ont été ceux qui ont reconstruit Yerouchalaïm et la Terre d'Israël. Les haloutsim, les pionniers, n'étaient pas spécialement religieux. De l'extérieur, on dit: qui sont ces gens-là ? Ils ne respectent pas le Chabbat... Mais eux ont eu un mérite particulier, et on ne sait pas pourquoi. Ils ont eu le mérite particulier de reconstruire Yerouchalaïm. Et ils avaient cette intention: quand ils disaient la bera'ha, « Boné Yerouchalaïm », « Baroukh Hachem qui reconstruit Yerouchalaïm », ils se posaient la question: mais regarde, les haloutsim, ils doivent avoir un mérite énorme, d'avoir eux-mêmes reconstruit Yerouchalaïm, reconstruit l'État d'Israël.
Le Rav Yossef, le Richon LeTsion... On n'a pas terminé. Le Baba Hakaki disait que les pionniers étaient des guilgoulim, des âmes du temps des rebelles du second Beit Hamikdash. Le Baba Hakaki, c'était le frère du Baba Saleh, un grand Rav sioniste, qui disait que les pionniers étaient en fait des guilgoulim, des âmes revenues du temps des rebelles de Yerouchalaïm. Qu'est-ce que les rebelles de Yerouchalaïm ? Pour les guilgoulim ?
Il faut demander au mekoubal, moi je ne suis pas mekoubal, mais celui qui l'est doit savoir pourquoi, et ce que sont ces mekourot. Lui disait que les rebelles de Yerouchalaïm sont du temps du second Beit Hamikdash. Vous vous rappelez qu'il y avait un siège des Romains, et qu'à l'intérieur de Yerouchalaïm, on ne s'inquiétait pas, parce qu'on avait du bois, on avait tout le blé, tout ce qu'il fallait pour vivre vingt et un ans, je ne sais plus combien d'années. Qu'ont fait les rebelles ? Pour forcer les Juifs à se battre contre les …
Cours d'Orot veKelim
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