Israël, identité et énergies : le Lech Lecha pour chacun
Qui est Israël, pourquoi ce peuple est choisi, et comment le Lech Lecha s'adresse à chaque génération.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Terre d'Israël et État d'Israël, une même histoire, 58 min
En bref
Le Rav ouvre une étude sur l'identité d'Israël, en partant de la notion d'otiot (les lettres) comme véhicules d'énergies et du monde à venir. Il montre qu'Israël est une âme unique, d'abord portée par Abraham, dont la mission est de relier les nations. Le cours insiste sur le Lech Lecha, appel permanent à quitter sa zone de confort pour devenir soi-même.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonsoir à tous, et merci une fois de plus d'être là. Aujourd'hui, Be'ezrat Hachem, nous allons commencer une étude plus sérieuse sur texte. Et Be'ezrat Hachem, j'espère que l'hébreu que j'utilise sera assez limpide. En tout cas, nous traduisons.
L'importance des lettres est capitale, puisque les sages nous disent que les lettres rendent sages. Regarder les lettres, c'est donc regarder des éléments qui nous conduisent vers quelque chose. La traduction littérale du mot otiot ne veut pas dire « lettres ». Il tire sa source de l'araméen, qui veut dire ata, venir.
C'est-à-dire que lorsque l'on lit, lorsqu'on écrit, lorsqu'on utilise des lettres, on fait venir des énergies. Lorsqu'on veut dire « Rabbi Shimon est venu », on dit Atta Rabbi Shimon, comme si les otiot, les lettres, avaient été le véhicule pour le faire venir. Si bien que nous avons un monde qui s'appelle le monde des lettres, que vous utilisez malheureusement en français comme le monde futur.
En hébreu, on l'appelle Olam HaOtiyot. C'est en réalité le monde qui vient, Olam HaBa. La même racine, celle qui fait venir les énergies, désigne un monde qui est au présent: Olam HaBa, Lo Olam Sheyavo, Olam Sheba. Seulement, étant donné qu'il est dans une dimension différente de la nôtre, il est difficile d'y accéder. Et ceux qui arrivent à faire le lien entre ces deux mondes, c'est par les lettres. Olam Hazeh et Olam HaBa. Le monde dans lequel nous sommes est le monde des lettres, c'est-à-dire le monde des énergies.
À chaque chose a précédé une lettre, et à chaque lettre a précédé une pensée. Et même dans les lettres elles-mêmes, il y a différents degrés: ce qu'on appelle les te'amim, les nekoudot, les taguin et les otiot. Lorsque vous lisez dans un livre de Torah, il y a des dimensions qui nous acheminent vers différents aspects du même texte. Et selon la lecture du lecteur, il appelle des énergies. C'est pour ça qu'en hébreu, lire, c'est aussi appeler: likro.
Lorsque je lis, je fais sortir les lettres du contexte et du texte, et je leur donne des ailes. Si je lis bien, convenablement, mon texte ne reste pas figé sur le papier, il prend son envol, et immédiatement je commence à comprendre des choses que je ne pouvais pas comprendre sans l'utilisation de toute cette intelligence divine. Car toutes ces lettres nous ont été offertes par le Créateur lui-même, puisque le monde a été créé avec ces lettres. Baruch She'amar ve'hayah ha'olam.
Dans notre développement de cours, le sujet principal est le fondement même de ce qu'on appelle Israël. Vous allez voir qu'on va essayer de toucher des éléments très riches dans ce contexte, Israël, très mal connu. Je dis toujours que nous plongeons dans les textes de la Torah sans savoir notre identité.
Baroukh Hachem, le temps est venu d'étudier cette identité, de savoir qui nous sommes à la base, pour savoir ce que nous sommes venus faire. Il faut savoir d'où nous sommes venus, qui nous sommes, pourquoi nous avons été choisis, quelle est la matière énergétique par laquelle nous sommes formés, pour savoir vers quoi nous devons aller, quel est notre rôle dans ce monde.
Nous avons une règle dans Béréchit Rabba: Ma'aseh avot siman lébanim. Première règle, qui nous dit que ce qui s'est passé chez nos pères, au niveau de leurs actions, se passera chez les enfants. Donc, lorsque j'étudie les pères, chez le peuple d'Israël, c'est tout simplement s'affairer à étudier qui est Israël dans la source, mais aussi au moment de son dévoilement.
J'explique. Avant que le judaïsme soit dévoilé sur terre, il y avait un concept, Israël, que l'Infini a pensé. Mais cet Infini qui a pensé Israël devait l'habiller dans des êtres humains. Il aurait donc été possible que ce soit n'importe qui qui prenne sur lui de devenir le conducteur de ce concept. Or, il y a ici une sélection: pas n'importe qui ne peut devenir l'Israël en question, le porteur de ce message de l'Infini.
À tel point que si je joue à devenir cet Israël alors que je ne le suis pas, je risque ma vie. N'est pas Israël qui veut. Ceux qui se prennent pour Israël et qui veulent jouer à Israël se détruisent, s'autodétruisent. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y a une énergie tellement grande de l'absolu que je suis censé être capable de véhiculer lorsque je suis le vrai Israël. Et si je suis le faux Israël, cette même énergie me brûle littéralement. Elle ne me laisse pas en vie.
Donc, seul un Israël véritable, authentique, a le pouvoir de véhiculer cette énergie. Lorsque j'étudie Abraham, Yitzhak, Yaakov, Moshe, Aaron, Yossef, David, Sarah, Rivka, Rachel, Léa, ce ne sont pas seulement des personnages que j'étudie, mais les porteurs de cette grande neshama qui s'appelle Israël.
Aujourd'hui, cette même neshama a été distribuée au nombre de juifs qui sont sur terre. Vous comprenez ? Chaque génération a un nombre différent de juifs. Mais lorsque Abraham était là, il était le seul porteur. Ça veut dire que l'énergie qui est aujourd'hui distribuée à 14 millions de personnes était chez un seul homme, qui s'appelait Abraham. Porter cette énergie à lui seul, c'est incroyable. C'est tout simplement pas possible, si ce n'est que c'est le porteur, la matrice de tout Israël. C'est pour ça qu'à chaque fois que nous faisons quelque chose, nous devons repartir vers cette référence.
Quand vous faites une prière, même si ce n'est pas une prière que vous faites avec vos livres, commencez toujours cette prière par Elohe Avraham, Elohe Yitzhak et Elohe Yaakov. Même si vous êtes seul à la maison, sans livre, sans rien du tout. Ne commencez pas par « mon Dieu 1, 2, 3, 4, 5 ». Non. Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Israël et le Dieu de Yaakov, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il y a trois dieux ? Non. Il y a différents aspects et différents degrés d'approche.
Le Dieu d'Abraham, c'est le Dieu du jour, de la clarté, c'est-à-dire le Dieu que je trouve quand tout va bien. Nous n'avons pas souvent ce Dieu en présence. Généralement, nous préférons contacter Dieu lorsque les choses vont un petit peu plus mal. Quand ça va bien, on a tendance à oublier. Donc Elohe Avraham, c'est très important. Même quand il fait jour. C'est pour ça qu'Abraham a fait la prière de Chaharit. Ce n'est pas qu'il l'a instaurée, c'est qu'il a compris qu'accéder à l'Infini, aborder l'Infini lorsque tout va bien, ce n'est pas évident.
Il y a aussi une autre chose qui n'est pas évidente: aborder Dieu lorsqu'il fait très nuit, dans la Shoah. Ça, c'est Yaakov. Yaakov a instauré la tefila de Arvit. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pas seulement qu'à Arvit il faut dire le Chema Israël, puis la Amida. Non, c'est beaucoup plus profond. Est-ce que je peux, même dans les moments les plus sombres de ma vie, comprendre que Dieu est encore là ? Ça, c'est Yaakov.
Et Yitzhak a instauré la tefila de Mincha, c'est-à-dire lorsque je suis en pleine forme, en plein travail, en plein mouvement. …
Cours d'Orot veKelim
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