Le retour à la vie, de Yom HaZikaron à Yom HaAtsmaout
Pourquoi la mémoire des souffrances précède la joie de l'indépendance, selon Ezéchiel et le Rambam.
Plusieurs Rabbanim
Ensuite : Yom HaAtsmaout, entre fête nationale et Torah, 43 min
En bref
Le cours part du passage de Yom Hazikaron à Yom Ha'atzmaout, qui suit la logique du « Vayi erev vayi voker » : on traverse la souffrance avant d'atteindre la lumière. Il s'appuie sur Kedoshim Tiyou (Lev. 19) lu avec les teamim, « Kedoshim tiyou kikadosh ani Hachem Elokekhem », pour affirmer que la kedoucha ne se dévoile qu'en tant que nation et non en individu. Il développe la notion de Goy Kadosh, le retour en Eretz Israël comme sanctification du Nom, et la vision des ossements de Yechezkel comme image de la renaissance du peuple.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous ! Bienvenue au Mahomir virtuel. On est dans une époque où le virtuel prend de plus en plus d'importance, mais on utilise les moyens que HaKadosh Baroukh Hou nous a donnés pour pouvoir étudier Sa Torah. Alors, regardez, on va étudier ensemble jusqu'à quatre heures et demie. Todah Rabbah à toutes les personnes qui nous ont aidés à organiser ça à l'île Maud. Malachi et Aaron, Bézot, Hachem. Vous pourrez poser des questions tout au long du shiour. Il y aura des mekorot, il y aura des sources. On commence tout de suite par la première source.
Nous sommes un jour très particulier, puisque nous sommes le jour de Yom HaZikaron. Certaines personnes se posent la question: comment se fait-il qu'on ait fixé Yom HaZikaron la veille de Yom HaAtsmaout ? Comment peut-on sortir du jour de tristesse, du jour de deuil national, et entrer dans la joie de Yom HaAtsmaout ?
On sait que la vie du peuple d'Israël a toujours été Vayehi erev, vayehi boker. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que le jour, d'après la Torah, commence par la nuit. Avant d'arriver à la lumière, il faut passer par l'obscurité. Le soir de notre première Gueoula, qui était la Gueoula de Pessah, on voit aussi le même principe. On commence par la difficulté, par le gnout, par ce qui est mauvais à raconter: l'esclavage en Égypte. Mais ce même soir, celui de la sortie d'Égypte, on rappelle nos souffrances en Égypte, et on rappelle qu'on est sortis de tout ça vers la Gueoula. Et le Ham Israël, sans le savoir peut-être consciemment, mais en le connaissant au niveau de sa neshama, l'a prévu d'une manière tout à fait naturelle: faire Yom HaZikaron avant de pouvoir avoir le mérite de fêter la libération de Yom HaAtsmaout.
Avant tout, Yom HaZikaron, c'est se rappeler les souffrances par lesquelles nous sommes passés. La semaine dernière, Yom HaShoah résume toutes les souffrances de notre exil. Aujourd'hui, Yom HaZikaron résume tous les sacrifices que nos enfants et nos frères ont faits pour permettre au peuple d'Israël de revenir sur sa terre. Et en se rappelant cette souffrance, le gnout, la difficulté, les crises, nous allons pouvoir en sortir pour arriver vers la lumière, et remercier HaKadosh Baroukh Hou de nous avoir sortis de toutes ces souffrances.
Maintenant, il faut savoir une grande chose. Aujourd'hui et demain, nous allons pouvoir faire une grande mitsva, mais il faut respecter un grand principe de la Torah. Et ce grand principe est marqué ici. Vous l'avez ici, au Makor numéro 48, à la source numéro 48: c'est le Rambam. Le Rambam, Maïmonide, nous dit un grand principe de la Torah. Pendant 2000 ans, malheureusement, on a souvent été empêchés de réaliser ou de sentir ce grand principe, parce qu'il était peut-être devenu naturel de ne pas le voir. Il dit la chose suivante.
Celui qui se sépare du comportement de la collectivité d'Israël, afilou pi shelo avar avérot: bien que cette personne n'ait commis aucune avéra. Imaginez une personne qui est tellement tsadik qu'elle a réussi à faire toutes les mitsvot de la Torah, et qu'elle n'a commis aucune seule faute. Moi, personnellement, je n'ai jamais rencontré une personne qui n'a jamais fait une seule avéra. Mais le Rambam nous dit... En cas théorique, si une personne a fait toutes les mitsvot mais n'a jamais fait une seule avéra, éla nivdal miyadat Israël: mais elle se sépare de l'assemblée d'Israël.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Ve'ino oseh mitsvot bi...: elle fait les mitsvot, mais pas en tant qu'Israël. Pas en tant que ben Israël, pas en tant qu'enfant d'Israël, pas en tant que juif, pas en tant qu'appartenant au peuple d'Israël.
Donnez-moi un exemple. Le Rambam vient de dire qu'une personne ne fait pas les mitsvot en tant que peuple d'Israël. Qu'est-ce que ça veut dire ? Lorsque le peuple d'Israël se trouve dans ses souffrances, lui ne souffre pas, il ne pense pas au deuil. Lorsque le peuple d'Israël s'assoit en période de difficulté, en période de malheur, lui ne jeûne pas. Il se sent totalement différent de ce peuple d'Israël. Ou, à l'inverse, lorsque le peuple d'Israël fête ses joies et vit des périodes heureuses, lui ne se réjouit pas avec le peuple, parce qu'il se sent séparé de ce peuple.
Et le Rambam explique: il suit son chemin personnel, individuel, comme un goy, comme un non-juif, comme un homme qui n'appartient pas à Israël, ou kekhilou noumim, et comme s'ils n'appartenaient pas au peuple d'Israël. Et là, le Rambam nous donne un cas tout à fait particulier: une telle personne fait toutes les mitsvot et ne commet aucune avéra. Mais lorsqu'on lui pose la question: « Toi, tu fais partie du peuple d'Israël ? », elle répond: « Non, moi je ne fais pas partie du peuple d'Israël. Ce peuple, je ne le connais pas, je me sépare d'eux. » À tel point que quand le peuple d'Israël souffre, elle ne souffre pas; quand le peuple d'Israël est heureux, elle n'est pas heureuse.
Alors le Rambam dit la chose terrible: même s'il a fait toute la Torah, vous voyez ces mots ? Vous voyez cette dureté ? Il n'a pas sa place au. Comment est-ce possible, une chose comme ça ?
C'est possible parce que le secret d'Israël, c'est justement de ne pas avoir été créé individuel, de ne pas avoir été créé seulement comme homme. Et on va faire la différence entre nous et le reste des goyim. Le reste des goyim ont tous été créés hommes: Adam, bnei Adam. Mais notre être, l'être d'Israël, n'a pas du tout été créé en tant qu'homme. Il a un autre niveau. Quel est ce niveau ?
Vous allez le trouver ici. On va bientôt lire la paracha de Kedoshim. Il y est marqué une chose très simple, au début de la paracha: est-ce que vous arrivez à avoir les mekorot ? Si vous suivez, vous pouvez me... Yafé. Dans les mekorot, il est marqué: Vayedabér Adonaï el Moshé lémor. Hachem parle à Moshé en disant: parle à tous les enfants d'Israël, et tu leur diras: Kedoshim tihiyou, soyez saints, ki kadosh ani Hachem Elokeikhem: car saint je suis, moi l'Éternel, votre Dieu.
En général, lorsqu'on explique ce verset, c'est très simple. Soyez saints: pourquoi ? Parce que moi, comme moi, je suis saint. HaKadosh Baroukh Hou est Kadosh. Vous, vous devez être kedoshim aussi. Vous devez réaliser la sainteté, dévoiler le Kodesh.
Mais ici, il y a quelque chose de tout à fait particulier. On sait que dans la Torah, en dehors des mots et des lettres qui sont dans chaque verset, nous avons aussi quelque chose de très spécial: les teamim, les signes cantillatifs, qui indiquent de quelle manière il faut chanter ce verset, à quel moment il faut s'arrêter, à quel moment il faut insister. Et là, on découvre que d'après les teamim, il faut lire de la façon suivante: Vé kedoshim tihiyou, ici il faut mettre une virgule. Soyez saints, virgule, …
Cours d'Orot veKelim
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