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Rizkiya, le Machiah manqué et le Hallel du peuple

Le Talmud se demande pourquoi Rizkiya n'a pas été le Machiah, et ce que vaut le Hallel récité par le peuple.

45 min

Plusieurs Rabbanim

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En bref

Le Rav part d'une énigme du Talmud (Sanhédrin 94a) : dans Isaïe, le roi Ézéchias est annoncé comme pouvant être le Machia'h, mais une lettre finale (mem fermé) apparaît au milieu d'un mot, signe qu'il a été disqualifié. Il s'avère qu'il a refusé de réciter le Hallel après la levée du siège de Sanhérib, et que le peuple a dû le faire à sa place. Le cours en tire que la reconnaissance envers D.ieu est la réparation de l'ingratitude du premier homme, puis relie ce Hallel de l'indépendance au Hallel de Yom HaAtzmaout et à celui du Seder de Pessa'h.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Puisque nous nous rencontrons à l'occasion de la veille de Yom HaZikaron, jour de commémoration de ceux qui sont tombés pour l'État, ou après la fondation de l'État, et que nous nous approchons du grand jour qui est Yom HaAtsmaout, nous allons entreprendre une étude qui va lier les deux.

Dans le traité de Sanhédrin, à la page 94a, tsad 'amoud alef, il y a un texte qui s'interroge sur un verset du prophète Isaïe. C'est un peu ardu, ce que je vais dire, mais on va essayer d'être le plus clair possible. Il y a dans le livre d'Isaïe un chapitre dans lequel le prophète annonce la naissance du roi Hizkiya.

Hizkiya, en français, Ézéchias. Ce roi est, disons, destiné à devenir un très grand personnage. D'après tout ce qui est dit dans le texte, il semblerait qu'en fait Hizkiya n'aurait pas été moins que le Machiah. Il aurait été lui le Machiah. Et dans ce cas-là…

Sa résistance à l'impérialisme assyrien de l'époque, avec le roi Sanhériv, en français Sennachérib, qui essayait de s'emparer de Jérusalem, eh bien, ça aurait été la guerre de Gog et Magog. Nous savons par l'histoire que Hizkiya n'était pas le Machiah et que Sanhériv n'était pas Gog et Magog.

Dans le verset qui annonce la naissance de ce roi, il y a une particularité hébraïque qu'on ne trouve qu'une seule fois dans tout le Tanakh. Il est appelé lémarbé hamisra oulé-chalom en-ketz, « celui dont le pouvoir est abondant et dont la paix est éternelle ».

Celui dont le pouvoir est abondant, lémarbé hamisra. Misra veut dire pouvoir. Lémarbé veut dire « à celui qui abonde ». J'espère que c'est assez clair jusqu'à présent. Or, le mot lémarbé, celui qui abonde, s'écrit en hébreu mem, reich, bet, 'ayin. Le mem est au milieu du mot. Or on ne met pas un mem final au milieu d'un mot en hébreu. C'est le seul cas dans toute la Bible où, au milieu d'un mot, il y a un mem final. Lémarbé, c'est comme s'il y avait un mem ouvert qui s'est refermé. Vous savez que le mem final est une sorte de carré, une lettre complètement fermée, tandis que le mem habituel, celui qui est au milieu d'un mot, est ouvert.

C'est comme si le prophète avait voulu dire quelque chose et que sa bouche s'était fermée. Il aurait voulu dire le m… et puis ça s'est transformé. Quel est le mot qu'il aurait voulu dire, qui commence par un mem ? Eh bien, c'est Machiah. Il aurait voulu dire que Hizkiya, non seulement sera une figure de grand pouvoir, mais qu'il sera le Machiah.

Et là, je vous lis le texte de la Guemara.

Celui qui est au milieu d'un mot est toujours ouvert, et celui-ci est fermé. Évidemment, il serait utile de pouvoir lire le texte, qui est beaucoup trop petit pour être lu sur un écran. Il serait peut-être raisonnable d'agrandir la feuille autant que possible. Je sais bien que ce n'est pas toujours évident, mais ça serait utile. En tout cas, oui. Qu'est-ce que tu dis, David ?

— Yaakov, il y a le plus, euh, en haut, au-dessus de Hachem, Péréchit Khad ? Au-dessus de Péréchit Khad, tu as un plus ?

— Il y a un plus, effectivement. Voilà, très, très bien. Encore. Ah, super. Ah, voilà. Maintenant, on est à l'aise. Donc, je reviens ici.

La'asot Hizkiyahou Machiah, parce que Dieu a voulu faire d'Ézéchias le Messie, ve-Sanhériv Gog ou-Magog, et de Sanhériv, il a voulu faire Gog et Magog.

Rappelons un peu l'arrière-plan politique. À l'époque, le royaume de Juda, dont le roi est Hizkiya, n'est pas véritablement un royaume indépendant. Il fait en fait partie de l'Empire assyrien, et le roi Hizkiya paye un tribut. Chaque année, il le verse au roi d'Assyrie, dont il est le sujet. Il cesse de payer son tribut, et Sanhériv fait le siège de Jérusalem. Il se produit alors un miracle: un ange de Dieu décime l'armée de Sanhériv, et celui-ci quitte Jérusalem.

Après avoir perdu cent quatre-vingt-cinq mille soldats. Peut-être que le chiffre est exagéré, mais c'est ainsi que le Tanakh présente la catastrophe de Sanhériv, et le royaume de Juda retrouve son indépendance politique. Comprenez bien ce qui s'est passé: c'est un moment de l'histoire où le royaume de Juda, qui était sous domination, sous mandat assyrien, est devenu indépendant. C'était donc le moment pour Hizkiya de devenir le Machiah.

Amar Midat ha-Din ilfné haKadoch Baroukh Hou. La rigueur s'est présentée devant Dieu et lui a dit: Ribono Chel Olam, Maître du monde, oumah David Mélekh Israël chamar ka-mashir od tichbachot lefanékha, lo'asité Machiah ? Comment, David, roi d'Israël, qui a dit devant toi tellement de louanges et de cantiques, et tu n'en as pas fait le Machiah ?

Hizkiyah, she'asita lo kol hanissim al alou, Hizkiya, à qui tu as fait tous ces miracles. Ve-lo ha-mar shira lefanékha, il n'a pas récité un cantique devant toi. Ta'aseu Machiah, tu vas en faire le Machiah. Al hékh nistamet, c'est pour cela que le mem s'est fermé, ce qui explique le mem fermé au milieu du mot.

Qu'est-ce que cette histoire veut dire ? Hizkiya a été disqualifié de devenir le Machiah parce qu'il a refusé de réciter le Hallel lors de son indépendance. On attendait de lui qu'il récite le Hallel pour glorifier Dieu de lui avoir donné l'indépendance politique. On peut se demander pourquoi c'est si grave. Pourquoi, pour un problème de liturgie, quelqu'un de la dimension de Hizkiya ne devient-il pas le Messie ?

La réponse est que tous les problèmes ont commencé par le péché du premier homme. Et le deuxième péché du premier homme est plus grave que le premier. Le premier péché, vous le savez, c'est quand il mange le fruit défendu que lui donne sa femme. Mais on peut dire qu'il est un peu inconscient, qu'il ne se rend pas compte exactement de ce qu'il fait. Le deuxième péché, en revanche, c'est, d'après les Hakhamim, le plus grave: quand il accuse sa femme. Ha-ichah asher natata imadi, il m'a dit, c'est la femme que tu as mise avec moi qui m'a donné ce fruit. C'est là qu'il a été méconnaissant. Il a été ingrat, et l'ingratitude est le plus grave des péchés.

À partir de cette ingratitude du premier homme, tous les problèmes de l'histoire ont pu intervenir. Le Machiah a pour rôle de réparer tous les problèmes depuis la première chute de l'humanité. Si le premier problème était l'ingratitude, la première chose que doit faire le Machiah, c'est la gratitude: être capable de remercier. Mais pourquoi tout tient-il précisément là-dessus ?

C'est très simple. La seule chose que l'homme peut faire à la place de Dieu, c'est-à-dire la seule chose que Dieu ne peut pas faire à la place de l'homme, c'est de dire merci. Si Dieu veut que je sois rassasié sans manger, il peut le faire. S'il veut que je sois riche sans travailler, il peut le faire. Mais il ne peut pas dire merci à ma place. On peut donc dire que remercier, c'est-à-dire réciter le Hallel pour l'indépendance, est l'accomplissement de …

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