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Eliyahou HaNavi et la voix du ciel dans la ruine

Pourquoi Hachem se lamente-t-il des enfants exilés, et ce que l'Aggada de Berakhot nous apprend sur la galout.

45 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : L'exil, la présence divine et la douleur d'Hachem, 47 min

En bref

Le Rav Eytan Fiszon commente la Haggadah du Talmud (Berakhot) où Eliyahou HaNavi apparaît à Rabbi Yossi dans les ruines de Jérusalem et lui fait entendre la plainte divine sur les enfants d'Israël exilés. Il explique le commentaire du Rav Kook : la souffrance d'Israël n'est pas seulement un chagrin divin, elle est une anomalie qui perturbe l'ordre général du monde. Il en tire la conviction que la Gueoula est l'état normal du peuple et que l'exil est temporaire.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Boker tov, Chavouot tov, lekoulam. Et voilà, on revient pour notre étude d'Ein Haya. On est reparti. Ça, on l'a fait, c'était le 7, on a fait le 7. La différence entre Sarafti, Echali, Echavti et Beiti… Non, dites-moi, je m'en rappelle peut-être plus. La différence entre Beit et Vayik, on l'a faite, on l'a faite. Bien. Alors on est au 8, c'est parti.

Donc ça, c'est en fait la première véritable agada du Talmud. Même si on a vu des agadot où la nuit est divisée en trois, en quatre, etc., c'était quand même sur la base d'un débat halakhique. Là, on arrive à la première agada du Talmud, avec Rabbi Yossi, qui rencontre pour la première fois, c'est la première fois qu'on le voit dans le Talmud, Eliyahou HaNavi.

Le texte dit: Tania, amar Rabbi Yossi: Pa'am aḥat hayiti mehalekh baderekh… Rabbi Yossi, c'est un des élèves de Rabbi Akiva, c'est l'époque de Rabbi Shimon bar Yochaï, donc on a Rabbi Yossi en Galilée.

Tania, amar Rabbi Yossi: Pa'am aḥat, un jour, j'étais en chemin, baderekh. Ve-nikhnasti lĥourba aḥat mi-ḥurvot Yerouchalayim… Pouvez-vous agrandir ? Merci. Bon. Voilà. Tere mémaddabrim ve-ani eshma… Ça va, ça, c'est grand ? Tout va bien ? Oui. Donc: Tania, amar Abiyossi, un jour, j'étais en chemin, je suis rentré dans une des ruines de Jérusalem pour l'Eid Palel, pour y prier. Eliyahou est venu et m'a gardé l'entrée de la porte pendant que j'étais en train de faire ma tefila. Il a attendu que je termine.

Une fois que j'ai terminé, il m'a dit: Beni, mi-pnei ma nikhnasta lekhou-ḥazo ? Pourquoi es-tu rentré dans cette ruine ? Je lui ai dit: Le-hitpalel, c'était pour prier. J'étais sur le chemin, maintenant je suis rentré pour prier. Il m'a dit: Ayalekha le-hitpalel baderekh ? Ce n'est pas bien ce que tu as fait, tu aurais dû prier en chemin.

Mais Rabbi Yossi lui a répondu: j'ai eu peur que les passants me dérangent. Là, il y a marqué ve-ḥoulé, mais la guemara dit qu'Eliyahou lui a répondu: tu aurais dû prier une tefila tsara. Et après, il dit:

J'ai appris de lui, donc d'Eliyahou, trois choses. La mat ish herem eïn hanassim lĥourba, c'est-à-dire: j'ai appris qu'on ne rentrait pas dans une ḥourba, dans une ruine. La guemara, ici, le Rav Kook ne ramène pas tout, mais elle dit aussi: j'ai appris qu'on ne rentrait pas dans une ruine pour prier quand on était en chemin, il fallait prier en chemin. Et j'ai appris également que si on doit prier en chemin, on doit faire une tefila plus courte.

Voilà les trois choses que j'ai apprises d'Eliyahou HaNavi au niveau halakhique. Mais là où ça nous intéresse, et c'est ce qu'on va étudier, c'est qu'Eliyahou lui demande: Ma ata shamata baḥourba ? Qu'as-tu entendu dans la ruine ? Et Rabbi Yossi répond: « J'ai entendu une voix quand j'étais là-bas. »

Eliyahou lui demande: Amarlei, beni, makol shamata baḥourba zo ? Quel son, quelle voix as-tu entendue dans cette ruine ? Il répond: Amar lei, shamati bat kol, shemena emet kayyona, ve-omeret: j'ai entendu la voix, une voix du ciel qui, comment on dit, gazouille tel une colombe, et qui me dit… Alors, qu'est-ce qu'elle me dit ? Ve-omeret:

Oy, sheherachavti et beiti, ve-sarravti et hekhali, ve-yigleti et banay, le-bein oumot. Cette voix dit: Oy vavoy, pourquoi est-ce que mes enfants sont en exil ? Eliyahou répond à Rabbi Yossi: Ḥayekha ve-ḥaye roshekha, nou bémet.

C'est comme ça qu'on traduit Ḥayekha et Ḥaye roshekha. Nous, *bémé…

Donc, à chaque fois que Bnei Israël disent le kaddish, HaKadosh Baroukh Hou menahanéh haRosho, ve-omer ashrei haMelekh…

Donc il dit: à chaque fois qu'on dit ça, Dieu dit, quelle chance le roi a-t-il d'avoir des serviteurs qui lui font un tel kavod dans sa maison. Mais dans le même temps, le père se morfond de voir ses enfants dispersés chez les goyim, et les enfants eux-mêmes vivent très difficilement le fait d'avoir été exilés.

Si on veut récapituler notre agada: elle nous dit qu'Eliyahou HaNavi enseigne à Rabbi Yossi qu'à chaque fois que les Bnei Israël se réunissent à la synagogue, HaKadosh Baroukh Hou dit: que vous soyez partis. Ok ? Maintenant qu'on a compris la guemara, on peut rentrer dans le texte du Rav Kook. C'est bon ?

Voilà, j'ai envie d'expliquer cette agada. Quel est ce qu'on doit sortir de cette histoire-là ?

Cette chose évidente que tout le monde connaît: lorsqu'Israël souffre, HaKadosh Baroukh Hou n'est pas content. C'est clair, mais ça, c'est yad doa, c'est une évidence. Je n'ai pas besoin de le dire. Il y a plein de versets dans le Tanakh qui nous disent que lorsque le peuple d'Israël ne va pas bien, HaKadosh Baroukh Hou n'est pas content. On n'a pas besoin de développer là-dessus. Ce n'est pas ça que l'agada vient nous apprendre.

— Oui ? Et pourquoi ne pourrait-on pas… Il n'y a pas une raison pour laquelle le Rav Kook précise qu'il va éclaircir son agada, alors qu'en général c'est tout le but du livre ? Chaque fois qu'il amène une agada, c'est pour l'éclaircir. Pourquoi là il ajoute cette phrase: « Je vais éclaircir son agada » ?

Justement, c'est une très bonne raison. Justement parce qu'il vient de te dire: ne pense pas ce que tu aurais pu penser, que c'est simplement pour dire que quand un Juif ne va pas bien, HaKadosh Baroukh Hou n'est pas content. Non, ce n'est pas pour ça. Il dit: ça, je n'aurais pas eu besoin de te le dire. Tu étais censé déjà le savoir. Donc moi, je vais t'expliquer autre chose. D'accord ?

Alors qu'est-ce qu'il nous explique ? Veimrak, mais… Ba'in yan, la niudati, le-ha'er tochen bi'ur tsar shel mala. Ma shelo nitan, hopa, attention, page 6… Hop, il n'y a même plus besoin de sortir de l'écran et de revenir.

Ze peleh peleyim. À la fin de l'année, Yaakov, c'est lui qui devient le patron de… Il va l'embaucher à… Donc le Rav Kook va nous expliquer: non, j'ai un autre truc à t'expliquer. Al pi pshuto. Ve-nikar lanou, al pi pshuto de quoi ? Du tsar shenigram le-mala, de la douleur, entre guillemets, qu'il y a dans les cieux.

On va donc prendre comme exemple une douleur physique, pour pouvoir la comparer ensuite à une douleur dans le monde supérieur.

Eh bien, il n'y a pas de problème, ça marche bien. Et la douleur est due à quelque chose. Prenons un exemple: l'homme est fait pour marcher, je ne sais pas moi. Quelqu'un qui resterait statique, allongé ou assis pendant deux jours pleins, va avoir mal aux jambes. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas naturel pour l'homme d'être statique et inactif. Ou à l'inverse: l'homme est censé marcher, mais il n'est pas censé courir des marathons. Ce n'est pas la nature de l'homme de courir des marathons. Il y a des animaux qui ont été créés pour la …

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