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La sagesse divine agissante et la complétude du monde

Pourquoi la Torah se traduit en action, contrairement aux autres sagesses, et le rôle de l'homme dans le tikkun.

1 h 00

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : L'Ein Sof et la contraction de la volonté divine, 51 min

En bref

Le Rav Yoël Benharrouche reprend le principe de la Chokhmah Po'elet, la sagesse divine agissante, à partir de la Torah des Secrets et du premier chapitre des Orot HaKodesh du Rav Kook. Il explique que la création a été laissée inachevée pour que l'homme la complète par l'action, et que la Torah doit se traduire en actes jusque dans les degrés les plus concrets du monde. Il oppose enfin l'étude de la Torah, qui transforme celui qui l'étudie, aux autres savoirs qui ne touchent pas l'essence de l'homme.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom ouvra'ha lékoulam, Hodèch tov, Chavouot haTov et Pessa'rot tovot. Aujourd'hui, be'ezrat Hachem, nous sommes dans la suite de notre développement, puisque vous avez un éventail de chiourim, et d'une manière ou d'une autre, les chiourim se relient entre eux lorsque HaKadosh Baroukh Hou veut bien faire un suivi à l'intérieur de nos paroles.

Aujourd'hui, nous allons continuer notre développement concernant la Torah des secrets, puisque c'est le sujet de tout notre système d'Orot veKelim. C'est diffuser, préparer la génération à la lumière messianique, ce qui contribue au dévoilement de cette Torah qui sera dévoilée à la fin. Cette Torah nous a été donnée par le Rav Kook, d'une manière très diluée, mais qui a pour racines et sources le Zohar et les écrits du Harizal. Aujourd'hui, nous allons traiter une face de cette Chokhma, et j'ai appelé le chiour HaChokhma HaPo'elet, la sagesse divine agissante.

Déjà, selon le titre, vous pouvez comprendre que la sagesse divine n'est pas une sagesse stérile, une sagesse qui se trouve dans les cieux, mais une sagesse qui a des conséquences sur la vie et sur tout le développement de la création. On commence donc: Torah tassod masbira, kiamounach 'asiya. Dans la Torah des secrets, nous apprenons que la notion de 'assiya: dès que vous entendez le mot 'assiya, la 'assot, faire, peroushot tikkoun. Il s'agit là d'un tikkoun, d'une réparation. Réparation ne veut pas dire quelque chose qui est

endommagé; réparation veut dire quelque chose à compléter, d'accord ? Donc, quand vous metaknim quelque chose dans la Torah, ce n'est pas une notion de réparation dans le sens premier du terme, mais beaucoup plus une notion de terminer quelque chose, de compléter quelque chose qui a déjà commencé d'être fait. Si, par exemple, votre verre de vin n'est qu'à moitié plein, son tikkoun, c'est de compléter, de rajouter du vin pour compléter le verre. Donc ça s'appelle un tikkoun. Entendez bien que le mot tikkoun, c'est une complétude. Mikan

de l'âme.

Première conséquence de ce qu'on vient d'expliquer: chez Khatimat HaBria, lorsque HaKadosh Baroukh Hou signe la fin de sa création du monde, il le signe par les mots suivants, Acher bara Elohim la'assot, que nous citons dans le Kiddouch. Je traduis: Dieu a créé, et il y a la dernière expression, la'assot. Selon notre traduction de tout à l'heure, cela veut dire que Dieu a créé pour terminer. Il y a donc ici une invitation du divin à la participation du monde à sa propre complétude. Or le monde, dans sa centralité, c'est l'homme. L'homme est appelé le monde. C'est à l'homme de compléter l'action divine de la création.

Dieu crée un monde imparfait, volontairement, pour laisser la place à l'association avec l'homme, pour que l'homme devienne associé dans la complétude de cette propre création. Pérouch, donc, la'assot. Que veut dire le mot la'assot dans le texte ? Pérouch hatzorekh lehashlim: il y a ici une invitation à l'importance de compléter, et ma'asaf shélaboré, les actions du Créateur lui-même. L'homme et le Créateur sont associés dans la création. Pratiquement tout a été fait par le Créateur. Il ne laisse qu'une partie que nous devons compléter, et pour cela nous avons six mille ans. Dès le moment de la création, le mot Béréchit veut dire qu'il a créé six. Cela veut dire que le monde, comme le dit le Talmud dans le traité Sanhédrin (97), durera 6000 ans, durant lesquels nous devons compléter la création du monde.

Vous entendez bien, vous comprenez bien que 99,9 % aient déjà été créés, et que tout ce qu'on nous demande de compléter pendant 6000 ans n'est qu'une infime partie, et regardez combien c'est compliqué. Nous sommes là pour compléter toute la création divine, devenir associés au divin dans cette création. C'est très clair. Je résume: l'apparition de l'unité divine, du Un absolu, se fait, donc la révélation de l'unité se fait avec l'association de l'homme, qui lui-même est censé faire.

Je veux dire par là que si la sagesse divine n'était pas actionnée immédiatement, ce ne serait pas une sagesse. Vous pouvez reconnaître une sagesse lorsqu'elle est active. Une véritable sagesse ne s'arrête pas à quelqu'un qui pense, mais à quelqu'un qui est capable de traduire cette idée, cette sagesse, en action.

Chokhmat Hachem n'est pas virtuelle, ou bien spirituelle, or ouchanit. Il ne s'agit pas du tout de ça. Le mot spirituel n'a rien à voir avec la sagesse divine. Ce n'est pas de la spiritualité. La sagesse divine a des bras, a des jambes, a une bouche, a des yeux, a des oreilles. Elle agit. C'est une sagesse agissante. La Chokhma chel 'Assiya, je l'ai appelée une sagesse d'action: une sagesse qui est directement traduite en action, en acte, en réalité, ou mimouch, et donc c'est la réalisation, la cristallisation de cette sagesse divine.

C'est pourquoi nous disons dans la prière: Baroukh chéamar vehaya haOlam, Baroukh omer veoseh. Béni soit l'Éternel qui dit, et vous comprenez maintenant que dire, c'est déjà une première traduction de la pensée en paroles. Et cette parole elle-même devient vaï'assé, une action. En réalité, il y a trois degrés. Lui, c'est Baroukh. Deuxième degré, c'est la parole, Omer. Troisième degré, veoseh, l'action. Il y a l'être, la parole de l'être, qui est déjà une première extériorisation de la pensée, qui aboutit à l'action, qui va révéler cette pensée, qui va lui donner un corps. Voici comment Dieu agit.

Nous sommes là pour imiter ces actions. En aucun cas, notre sagesse ni l'étude de notre Torah ne doit rester au niveau de la virtualité et de l'esprit. Notre Torah doit devenir action. Si j'ai compris le sens véritable de la Torah et que je veux imiter les agissements de notre Créateur, je dois faire en sorte que mon étude, elle aussi, devienne une action. S'il arrive un moment où je dois me battre pour mon peuple, je dois sortir de l'étude pour transformer mon étude en force agissante, pour éliminer les ennemis d'Israël. Ce ne sont pas deux choses différentes, certes, mais elles ne sont pas séparées. Toute séparation…

Il n'y a aucun recoin dans l'existence qui soit séparé de l'action divine dans toute l'existence. Intégrez ce sujet et cette notion, qui est immense, qui voit dans la sagesse divine un fondement de toute la création, et pas moins dans le corps que dans l'âme. Attention: la Torah ne s'adresse pas à l'âme plus qu'au corps. Elle s'adresse à tous les degrés de ce monde. Morale: tu n'as pas le droit de négliger un degré, aussi lointain soit-il de la neshama. Bien au contraire. Tant que l'idée divine, la pensée divine, sa sagesse, n'est pas arrivée au plus loin, c'est-à-dire au plus loin de sa pensée, donc dans le monde le plus concret, le plus matériel possible, cela prouve que sa sagesse, chas vechalom, n'est pas complète.

Je ne peux pas dire une chose pareille. Le but, c'est au contraire d'arriver au plus loin possible: le plus haut doit arriver dans le plus bas possible. C'est pourquoi tu ne peux pas donner une préférence à l'âme plutôt qu'au corps, et tu …

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