L'Olam HaAtsilout, vision d'ensemble de l'arbre des sefirot
Pourquoi le monde de l'Atsilout voit le tout avant les détails, et pourquoi il faut connaître l'antithèse pour comprendre un sujet.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : L'unité du monde selon le Rav Kook et la Kabbale, 50 min
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche présente le monde d'Atsilout comme une vision globale qui englobe tous les éléments, par opposition au monde des Nekoudim où chaque point se croit complet. Il explique, à partir de Orot HaKodesh du Rav Kook, qu'il faut toujours relier un détail au tout dont il est issu et qu'une compréhension véritable passe par la connaissance de l'antithèse. Il développe enfin l'idée que Pourim, où l'on déroule toute la Megillah, permet de voir le passé, le présent et l'avenir ensemble.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom. Shalom Arav
Ce n'est pas seulement pour faire bien: la Simcha fait partie, en réalité, de notre essence et de la Gueoula. Si on n'a pas de Simcha, il n'y a pas de Gueoula, khas vechalom. D'où est-ce que je le sais ? Eh bien, c'est écrit: Ki bessimha tétsé'ou: vous sortirez parce que vous êtes dans la joie. Donc, quelqu'un qui veut sortir, qui veut s'en sortir dans la vie, doit être dans la Simcha. Avant tout, la Torah, avant toutes les explications.
Il faut que vous soyez sains de corps et d'esprit, donc heureux, joyeux, et que vous ayez un sourire, beezrat Hachem, parce qu'avec votre sourire vous attirez toutes les formes de sourire qui se trouvent dans l'univers. Et si vous faites la hum, eh bien vous attirez la même chose, khas vechalom, de l'autre côté. Donc je nous souhaite à tous d'attirer que des sourires angéliques, de la vie toute entière.
Alors, juste une petite précision: on m'a informé tout à l'heure que le Rav Patouche ne sera pas là aujourd'hui, il doit aller à un enterrement. J'ai donc écrit sur le groupe qu'aujourd'hui, le cours du Rav Benicha sera avancé à deux heures à la place du Rav Patouche, et on finira la journée plus tôt. Ok. Alors, beezrat Hachem, que des bonnes nouvelles pour tous. Nous sommes dans notre développement, on a commencé, on a bien amorcé le monde de Atsilout, et j'ai précisé, avec l'aide d'Hachem, lors du cours précédent, qu'avant l'apparition du Olam Atsilout (qui, comme vous le savez maintenant, représente le Olam HaTikoun, le monde de la réparation, tout simplement parce qu'il prend en compte tous les éléments), il y a une vision globale de la vie, une vision globale de l'être, une vision globale de tout ce qui se passe.
Contrairement au monde qui a précédé le monde de Atsilout, qui était le Olam HaNekoudim, où justement ce qui manquait le plus, c'était cette harmonie entre tous les éléments. Autrement dit, chaque point (et c'est comme ça qu'on avait appelé le Olam HaNekoudim) pensait qu'il était lui-même le roi, qu'il rayonnait à lui tout seul, et qu'il n'avait besoin ni de compléter autrui, ni de se compléter par quelqu'un d'autre.
Cette façon de vivre, on peut la retrouver chez les êtres humains. On a des êtres qui ont l'impression d'être complets, qui n'ont besoin de personne. Il faut donc faire très attention à ne pas tomber dans ce piège-là. C'est un piège qui arrive généralement par un manque d'humilité. Quand on a de l'humilité, on peut recevoir. On peut recevoir de quelqu'un.
« Je suis devenu sage de tous ceux qui m'ont enseigné, et je suis devenu sage de mes élèves plus que de mes maîtres. » Ça veut dire que le maître ne doit pas se sentir supérieur à ses élèves. On est en train de partager des éléments de Torah, et les élèves peuvent absolument apporter leur lumière.
Et le Rav va aussi se compléter par ses propres élèves. Il y a donc ici une ouverture, une humilité, une anava, une tsniout, qui sont nécessaires pour l'étude de la Torah. Alors, nous avons dit que, malgré tout, ce monde de Nekoudim était nécessaire à la création du monde. Pourquoi ? Parce que nous allons le voir un tout petit peu plus tard.
Il fallait en réalité donner naissance à une contradiction. Je vais l'exprimer ainsi: chaque fois que nous sommes dans un processus de construction, nous devons avoir aussi une vision de l'antithèse. C'est très important. C'est-à-dire que, dans notre monde, rien ne se construit sur une seule ligne. Rappelez-vous, maintenant, nous sommes déjà sur trois lignes, et on a appelé ça Adam, Gimel, Kavim, les trois directions.
Qu'est-ce que ça veut dire, dans le sens le plus simple ? Eh bien, ça veut dire qu'à chaque fois que je veux développer un sujet, je dois connaître le sujet et son inverse. Et si je n'ai pas l'inverse du sujet, eh bien je ne peux pas réellement comprendre le sujet. Celui qui nous donne ce secret, c'est le Maharal, alav hachalom, Tsadik Yessod Olam, Srutot Hagen Aleinou, qui nous explique que quand je veux comprendre un sujet, je dois comprendre son inverse.
C'est-à-dire que, par exemple, bientôt nous rentrons dans Pourim. Si je rentre dans Pourim sans connaître l'antithèse de Pourim, je ne peux pas comprendre et vivre Pourim. Vous comprenez comment ça marche ? Alors, dans la Kabbale, ça s'appelle l'autre côté. Je suis en train de développer un côté, je dois connaître l'autre côté, ce qu'on appelle en araméen Sitra Ahra. Sitra Ahra veut dire l'autre côté. Donc, je développe maintenant un sujet, je dois savoir l'autre côté. Et si je connais l'autre côté, plus ce côté, ça va me donner une entité.
Comme dans la création du monde: Vayehi erev, vayehi boker, yom echad. Donc je dois avoir erev, je dois avoir boker. Je ne peux pas rentrer directement dans le boker. La même chose chez les soldats d'Israël: Hachem ischma otam, v'ichaya otam. Tous nos soldats le comprennent, et il y a en fait une école dans l'armée qui veut dire qu'il faut connaître la mentalité de son ennemi. Tant que je ne connais pas la mentalité de mon ennemi, je ne peux pas réellement comprendre comment faire, parce que je ne sais pas comment il réfléchit.
Alors que si je sais comment il réfléchit, si je rentre un petit peu dans sa tête, je peux savoir comment contrer. Donc, à chaque thèse, il y a une antithèse, pour avoir une synthèse. OK ? C'est très clair. Eh bien, c'est la même chose dans notre domaine. Nous avons, pour l'instant, développé un monde qui s'appelle Atsilout, qui est le Tikoun, où tout est pris en charge, tout est pris en compte. D'accord. Mais alors pourquoi, avant le Olam Atsilout, a existé le Olam HaNekoudim ? Réponse: pour justement laisser la place, dans le futur, à l'existence des antithèses, des klipot.
Donc HaKadosh Baroukh Hou a voulu mettre en place un système dans lequel, quand tu évolues dans la vie, il y a quelque chose et son inverse, et c'est avec les deux que tu vas avancer. On est ensemble ? Vous êtes avec moi ? C'est clair, ce que je dis ? Ok. Alors là, on va prendre un texte du Rav Kook qui va nous expliquer, en fait, ce degré. Al-Kah…
Dans les écrits du Rav Kook, même si tout est lié à la Kabbale, puisque le Rav Kook dit lui-même que tout ce qu'il a écrit est fondé sur le Zohar et sur les écrits du Harizal, il y a trois livres clés qui relèvent véritablement de la Kabbale. On les appelle Orot HaKodesh. Donc, dans le deuxième livre, il va nous écrire la chose suivante: il y a deux manières d'appréhender le monde. D'un côté, tu vas tout prendre en compte, tu vas tout rassembler, et tu vas comme ça comprendre le monde.
Mais, dit le Rav Kook, il y a une autre façon de voir le monde: Hachka fahama fredet. Il …
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