Ratzon et Hafetz : volonté divine et désir
Pourquoi la bonté précède les limites, et comment l'ordre Chesed, Din, Rachamim prépare l'équilibre de l'être.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Le Chabbat, du fini vers l'infini : le septième jour, 48 min
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche poursuit son étude de la Kabbalah à partir de la paracha Toledot : Abraham engendre Yitzhak, c'est-à-dire la bonté et le partage précèdent les limites, et l'ordre Hessed, Din, Rachamim doit être respecté pour atteindre l'équilibre. Il explique que les « secrets » de la Torah sont l'intériorité qui s'exprime à travers le récit, et que la Kabbalah relie le monde visible (Olam Azeh, septième degré) au monde caché (Olam Abba, huitième degré). Le cours détaille la correspondance entre les lettres du Tétragramme et les figures de Léa, Rachel et Yaakov, et insiste sur la nécessité de descendre dans le monde concret ce qu'on a compris en haut.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le vêtement et l'intériorité
Très heureux de vous revoir. Après une semaine d'absence, malheureusement je n'étais pas en Erets Israël, donc je suis très heureux de vous revoir maintenant. Notre texte, vous le voyez ici ? Est-ce que vous le voyez ? Non. Alors, share screen, Torah ve-kabbale.
Est-ce que vous la voyez maintenant ? Oui. Ok. Alors je vais un peu réduire le texte, mais les images… Voilà. Nous continuons dans notre développement. Nous avons expliqué que les secrets de la Torah, c'est en fait l'âme, qui est recouverte d'un vêtement historique, et que sans l'étude de cette profondeur, on ne reste qu'à l'étage du vêtement.
Or, le vêtement est important, mais il nécessite aussi l'intériorité. Ce vêtement sans l'intériorité, de la même manière que l'intériorité sans le vêtement, ça ne se diffuse pas, ça ne se dévoile pas. Ce que je veux dire par là, c'est que la Torah nous demande d'être entiers. Un corps avec une âme, et non pas un corps sans âme ni une âme sans corps.
Et c'est pourquoi l'étude de la Kabbale, c'est l'étude de l'équilibre, parce qu'elle ne néglige aucune part de la réalité. Elle respecte autant l'extériorité que l'intériorité. Et cela équivaut à l'élargissement de l'être, à l'agrandissement de l'être, à l'épanouissement de l'être.
Et c'est la véritable techouva, c'est grandir. Grandir, c'est tout simplement dépasser le premier degré, la première lecture du texte de la Torah, pour essayer de comprendre le sens profond des choses. Nous sommes ici dans ce que nous avons déjà commencé à amorcer.
Si Sitreï Torah, hem helkha nichmati shel HaTorah, donc les secrets de la Torah, c'est la partie de l'âme. Hem ossqim bamé chénim tsamé'ver la sipour hapchout, c'est ce qui est au-delà du récit dans le premier sens, l'histoire.
Par exemple, dans la paracha de Toledot, on va dire: Ve-eleh toledot Yitz'hak ben Avraham, Avraham holid et Yitz'hak. Si on s'arrête au premier degré, on a un fait historique: Yitz'hak est le fils d'Abraham, et Abraham a engendré Yitz'hak. Ok, on respecte ce premier sens historique, et là on rajoute une couche.
Et on va dire qu'Abraham représente une certaine qualité de vie, et Yitz'hak en représente une autre. Abraham va représenter la Hessed, l'une des sphères, et Yitz'hak va représenter la Guevoura, une autre sphère.
Donc maintenant j'ai une deuxième lecture très intéressante: je dis qu'Abraham, la notion de Hessed, c'est elle qui va engendrer la notion de Guevoura. Maintenant ça devient très intéressant. Ce n'est plus un papa qui a eu un fils. C'est aussi que le fils, ce sont les limites, puisque Yitz'hak représente les limites, la Guevoura. Eh bien le papa, de ces limites, c'est d'abord la bonté et le fait de partager. Abraham a engendré les limites. La bonté, l'amour, a engendré les limites, et non pas le reste, l'inverse.
Est-ce que vous comprenez ce que je suis en train de vous dire ? Ça veut dire qu'avant de commencer à donner des limites dans votre vie, il faut d'abord être quelqu'un de large. Si vous n'êtes pas quelqu'un de large, au début, vous allez commencer par donner des limites, et vous allez terminer, en réalité, dans une petitesse d'esprit. Vous allez fermer votre canal de réception.
Donc: Abraham, yolid, et Yitz'hak. Il faut d'abord être comme Abraham, le papa, dans cet ordre-là, qui va engendrer Yitz'hak, dans cet ordre-là. Une fois que je suis quelqu'un de bien dans ma vie, quelqu'un qui aime donner, quelqu'un qui aime partager, alors là, deuxième phase: je cherche les limites. Et une fois que j'ai donné les limites, je vais trouver un équilibre: c'est le troisième fils, Yaakov.
Donc je vais créer un système qui s'appelle Kheder: Hessed, Din, Rahamim. D'abord la Hessed, après le Din, et après l'équilibre qu'on appelle Rahamim, comme la matrice de la femme, dans laquelle le bébé va se développer, le fœtus va se développer. Kheder.
Et il faut faire très attention de ne pas inverser les éléments. Si, Chas véchalom, on est dans la Hessed, et qu'on met les Rahamim avant le Din, on va terminer par le Din, et on va devenir, au lieu de Kheder, Khared: on va devenir craintif. Donc faites très attention à ce rythme-là.
C'est cette partie que nous sommes en train d'étudier. Si on prend du bas vers le haut, étant donné que nous avons dix éléments, dix sphères, dix couches, eh bien, du bas vers le haut, lorsqu'on arrive à ce qu'on appelle la Béria, qui correspond à la sphère de Binah…
J'ai promis, et je vais vous le faire, Be'ezrat HaChem, pour la prochaine fois, un tableau. Donc la Béria, c'est au niveau des mondes. La Binah, c'est au niveau des sphères. Ha-Mekhouné gam be-chem Olam HaBa, qui est appelé aussi l'Olam HaBa. Et nous avons donc expliqué que l'Olam HaBa est au présent, c'est-à-dire que c'est un niveau de conscience très élevé.
Du bas vers le haut, c'est le huitième degré. C'est-à-dire que si, à partir de mon monde à moi, je commence à regarder les sphères du bas vers le haut, lorsque j'arrive au chiffre 8, je suis à l'Olam HaBa. Jusqu'au 7, je suis encore dans l'Olam HaZé, qui est inhérent à la nature. C'est pour ça que la nature est basée, elle aussi, sur le chiffre 7. Tout ce qu'il y a dans la nature, c'est le chiffre 7. La semaine, on l'appelle Chavoua, Chéva, parce qu'il y a 7.
En hébreu, les lettres Chin et Tet peuvent s'intervertir entre elles, donc Téva et Chéva, c'est la même chose.
Mais si, par exemple, je suis à la source des sept, dans le puits des sept, je suis déjà dans le huit. Alors si la Torah me parle un jour de Beer Chéva, ce n'est pas seulement le nom d'une ville, c'est le puits des sept degrés de ce monde matériel. Donc Beer Chéva, c'est quoi ? C'est le huit, puisque c'est le puits qui va donner naissance aux sept degrés. Et l'inverse: si je dis Bat Chéva, ça va être la fille des sept. Donc ça va être la résultante, qui va correspondre à la Malkhout, au dévoilement du monde d'en bas.
Vous comprenez comment ça marche ? Donc ce sont des codes. Et tout doucement, au fur et à mesure de notre étude, nous allons comprendre comment entendre ces codes-là et comment, en réalité, comprendre le sens des choses.
Donc, si je veux creuser un puits, le puits, c'est au-delà de la nature, puisqu'il faut creuser la nature pour trouver le sens profond. Donc dès que la Torah va me parler d'un puits, c'est en réalité de l'Olam Aba, d'un monde caché qu'on n'a pas ici. Il faut que je creuse la matière, il faut que je creuse les sept degrés de ce monde pour trouver le puits des sept.
La Torah va l'appeler Maayan, Ayin, Béer… Exactement. Il y a là aussi des degrés, dans Maayan et Béer, mais ce n'est pas le moment. De toute façon, vous avez compris: c'est déjà au-delà des sept, c'est-à-dire les trois premières séfirot, qu'on appelle Keter, Chokhma et Binah.
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