Kabbale : plusieurs approches, une même lumière
Pourquoi les kabbalistes lisent-ils différemment, et pourquoi ces écarts ne sont pas des contradictions ?
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Ratzon et Hafetz : volonté divine et désir, 46 min
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche explique que la Kabbala est un langage parallèle au texte de la Torah : le même récit peut se lire en personnages, en sphirot, en couleurs ou en fruits sans changer de sujet. Il présente l'arbre des sphirot dans le monde d'Atzilout, avec ses trois premières sphirot (Keter, Chokhmah, Binah), ses partsoufim et la structure à trois colonnes qui permet la réparation. Il montre enfin comment les récits bibliques (la rencontre de Yehouda et Yosef, Miriam et Moshe) se vivent à l'intérieur de chacun.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ezrat Hachem, boker tov, chavoua tov. Ezrat Hachem. Ezrat Hachem. Ezrat Hachem.
— Est-ce que je peux poser une question en début de cours ? Elle est liée à vos cours de manière globale. J'ai cru comprendre, plusieurs fois dans les cours, que le Rav parle souvent selon la Kabbale. Ce que j'ai étudié me donne l'impression qu'il existe plusieurs approches dans la Kabbale. Même chez les kabbalistes, il n'y a pas toujours une discorde entre kabbalistes et non-kabbalistes: il arrive qu'il y ait des divergences entre les kabbalistes eux-mêmes.
Donc, savoir s'il y a plusieurs approches dans l'étude de la Kabbale, et comment cela fonctionne exactement.
Les sens sont les mêmes. L'exemple type et simple, c'est la lumière du soleil. La lumière du soleil ne change pas. Mais selon le prisme, ou la massa, l'écran que j'ai mis sur ma vitre, si j'ai mis du vert, je vais recevoir la lumière d'une manière colorée en vert, alors que la lumière du soleil n'a pas changé.
Effectivement, dans l'accès aux choses, il y a aussi des différences. Mais ce ne sont plus les mêmes différences que dans la Guemara, où il y a des discussions, alors que dans le Zohar il n'y a pas de discussion. On y dit les choses, d'ailleurs, comme dans le Talmud de Jérusalem. Dans le Talmud de Jérusalem, on est tellement proche de la vision intérieure des choses qu'il n'y a plus de discussion: cela devient une halakha. Plus on s'approche de l'essence des choses, moins il y a de discussion, mais on respecte toujours le prisme de chacun d'entre nous, bien entendu, et cela est très important.
Les différences sont soit des kabbalot, liées au système de la Kabbale pure, comme par exemple celle du Rav Sharabi, le Rachach, lié au Harizal; tout est lié au Harizal, bien entendu. Soit une Kabbale un tout petit peu plus fondée sur la Hassidout, c'est-à-dire la Kabbale du Baal Chem Tov, que son mérite nous protège, et tout le reste. Les deux sont des géants, et chacun va appréhender la chose selon son cœur. Comme disent les sages, il faut tenir compte du cœur de chacun d'entre nous et de la manière qui l'attire le plus dans l'étude de la Torah.
C'est très important de faire confiance à ce que nous ressentons. On ne peut pas nous dire « Fais comme ça, et c'est tout ». Il y a « Fais comme ça », mais selon le prisme que tu préfères. L'un préfère le côté Hassidout, l'autre préfère le côté beaucoup plus cartésien et schématique de la Kabbale pure. Il y a donc de la place pour tout le monde. Ce sont, en gros, les grandes discussions au niveau de la Kabbale. Ce ne sont pas vraiment des contradictions. En tout cas, ce ne sont pas des éléments qui repoussent les autres en disant que ce n'est pas logique ou pas légitime. D'accord ?
Je ne pensais pas seulement au Harizal. Je sais que rapporte souvent la Kabbale, par exemple celle du Shaarei Hora, qui a précédé le Harizal. La Kabbale vient donc de Sfarad, etc. On voit donc parfois là aussi des différences. Mais en réalité, ce sont des différences qui se situent essentiellement à un degré très, très profond de prise de conscience, de la part des partsoufim ou des séphirot individuelles.
D'accord ? Certains traitent beaucoup plus des sphères. Quand tu traites des sphères, tu traites en fait de l'individuel. Quand tu traites d'un ensemble de sphères, c'est-à-dire d'un partsouf, tu prends conscience d'un degré plus large. Ce sont donc des différences qui sont des nuances très, très poussées, qui apparaissent quand on a déjà une certaine hauteur dans l'étude. Ce n'est pas ce qui doit gêner.
Au premier abord et au premier degré, on est encore loin de ce genre de différences et de cette prise de conscience. Pour nous, à ce niveau de l'étude, on est encore dans la base commune à tout le monde. Les bases sont de toute façon communes à tout le monde. C'est simplement, encore une fois, sur quoi je vais mettre l'accent, ou sur quoi je vais moins mettre l'accent. C'est tout. D'accord ? Merci beaucoup.
Ok, il n'y a pas de souci. Si vous êtes avec moi, on continue. Je vous ai dessiné cette fois-ci l'ensemble, et on va faire une récapitulation de tout ce que nous avons vu jusqu'à aujourd'hui, pour que vous compreniez bien. Nous sommes dans l'arbre des séphirot. Là, on ne voit plus l'arbre, on voit le fichier, les fichiers. Vous ne voyez que le fichier ? C'est bizarre. Tout à l'heure, on voyait tous les fichiers. J'ai compris.
Il fallait me le dire, je vais entrer dans Share, ok ? Là vous voyez ? Non, c'est toujours votre fichier. Toujours pas. Je vais fermer le dossier, attendez, je vais fermer celui-là, Stop Share. Voilà, là vous me voyez. C'est moins intéressant que l'arbre. Oui. Je suis carrément dans un autre dossier, j'ai compris. Désolé de ce retard. Ce n'est pas ça du tout. Où je vais aller, c'est ça. Vous pouvez faire comme j'ai fait tout à l'heure: j'avais un problème technique, moi aussi. Vous pouvez partager votre écran au lieu de partager le fichier. Voilà, ça y est. Là, vous l'avez ? Pour l'instant, non. Je crois que vous avez le même problème que celui que j'ai eu tout à l'heure.
Vous pouvez essayer de faire un partage d'écran global, et non partager juste le fichier. Dans le menu, vous tapez « partager l'écran ». Moi je le vois, et vous, vous ne le voyez pas. Oui, j'ai eu mon problème tout à l'heure. Bon, je vais annuler et recommencer. Partager l'écran, screen, partage screen. De toute façon, on verra si vous voyez.
— On a l'habitude, on sait que vous voyez des choses que nous ne voyons pas encore. C'est bien de garder le sens de l'humour. On est tous étudiants. Quand vous faites le partage, Rav, vous mettez screen au lieu du fichier. Là où on voit votre photo, ça va partager tout ce que vous voyez. On n'a qu'à nommer simplement l'arbre, plutôt que de le voir.
Vous avez de nouveau partagé les fichiers. Oui, je sais, mais je cherche le fichier. C'est dommage que je ne sois pas très fort dans tous ces domaines-là. Ça marche toujours pas ? Non, on voit la page des dossiers. Incroyable. Je ne sais pas quoi faire. C'est dommage.
J'ai eu le même problème. Au lieu de partager le fichier, quand vous mettez Share, vous mettez Share screen, là où il y a normalement votre photo. Il est marqué « You are screen sharing ». Oui, c'est ça, mais on voit le fichier. Quand vous avez Share, vous avez plusieurs options de partage. Prenez la première, le partage de l'écran: tout ce que vous voyez, on le verra. Là, on voit ce que vous voyez. En arrière-plan, on voit tout.
Vous voyez là ? On voit les arbres, mais pas en entier. Il faut juste faire un petit zoom arrière. J'ai compris. Maintenant on voit votre écran, tout ce que vous voyez, et …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Kabbale vivante : séphirotes, lettres hébraïques, Teshouva redéfinie. 30+ cours progressifs. Torah intérieure accessible et transformatrice.
- 1
Les dix séphirot et l'arbre de vie, introductionPourquoi la Kabbale revient à l'intériorité, et la différence entre l'arbre de vie et l'arbre de la connaissance. - 2
Les Patriarches et les séphirot, le lien mystiqueComment Abraham, Isaac et Jacob correspondent aux sphères, et comment lire la Torah à plusieurs niveaux. - 3
Kabbale : plusieurs approches, une même lumièrePourquoi les kabbalistes lisent-ils différemment, et pourquoi ces écarts ne sont pas des contradictions ? - 4
Ratzon et Hafetz : volonté divine et désirPourquoi la bonté précède les limites, et comment l'ordre Chesed, Din, Rachamim prépare l'équilibre de l'être. - 5
Le Chabbat, du fini vers l'infini : le septième jourComment le septième jour, la Malchout, devient le huitième, l'infini, selon les sphirot de la Kabbale. - 6
Erets Israël, terre de révélation kabbalistiqueLe Rav Kook y voit la Torah du Sod comme celle de la vision et de la neshama d'Israël, pour la Gueoula. - 7
kabbale vivante : de l'idée à la transformationComment la kabbale passe de la réflexion intellectuelle à un travail intérieur qui change la personne. - 8
La sagesse divine agissante et la complétude du mondePourquoi la Torah se traduit en action, contrairement aux autres sagesses, et le rôle de l'homme dans le tikkun.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav