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Pourquoi étudier la Torah dans sa langue hébraïque

Ce que la Torah est (la parole de Dieu) et pourquoi seul l'hébreu biblique permet d'en saisir le sens.

1 h 06

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : La Torah traduite en soixante-dix langues, 60 min

En bref

Le Rav Sigoura explique pourquoi étudier la Torah en hébreu biblique est indispensable : la Torah est une parole de Dieu adressée à un peuple dont la culture s'exprime dans sa langue, et les traductions déforment souvent le sens (il prend l'exemple du mot émouna, qu'on ne peut pas rendre par « foi »). Il présente la méthode du cours, qui consiste à lire les versets dans la langue originelle en partant du pchat, le sens premier voulu par Dieu, avant les niveaux remez, drach et sod. Il aborde aussi le fait que l'hébreu a évolué depuis la Bible et que la prière elle-même reprend des versets prophétiques.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom à tous, Boker Tov. On va commencer notre étude, très importante, de l'hébreu biblique. Aujourd'hui, nous allons faire une introduction sur le cours, sur son importance, et sur la méthode que nous allons utiliser. Mais avant cela, comme à notre habitude, nous étudions toujours pour la protection de nos soldats à Gaza, à la frontière du Liban, dans tout Israël, pour le retour des otages et pour la guérison de tous les blessés, militaires ou civils.

Avant de commencer, j'aimerais expliquer l'importance de ce cours et l'importance d'étudier la Torah en hébreu. De nos jours, Baroukh Hachem, ou peut-être pas Baroukh Hachem, justement, il existe beaucoup, beaucoup de traductions de la Torah dans plusieurs langues. Il y a même des traductions des commentateurs, de Rachi, et il existe maintenant des commentaires en français, qui incluent plusieurs commentateurs. Ils sont de très grande qualité. On peut donc se demander pourquoi se donner la peine d'étudier en hébreu. Évidemment, on comprend: c'est toujours mieux d'étudier la langue originelle.

Mais il existe tellement d'outils de support aujourd'hui pour l'étude de la Torah. Pourquoi est-il si important d'étudier la Torah en hébreu ? Je vais aller plus loin: non seulement c'est important, mais si vous n'étudiez pas la Torah en hébreu, vous ne comprendrez jamais réellement la Torah. Je vais très loin, et je persiste et je signe. Il existe un adage qui dit: « traduction égale trahison ». On le dit en général, et vous allez voir à quel point, dans l'hébreu biblique, cet adage est si vrai.

Pour comprendre cela, je vais vous montrer le programme du jour. Nous allons voir les points suivants, Bézrat Hachem. Tout d'abord: qu'est-ce que la Torah ? Si l'on comprend ce qu'est la Torah, on comprendra l'importance de l'hébreu biblique. D'habitude, je fais un petit jeu et je vous pose la question « qu'est-ce que la Torah ? ». Mais là, nous sommes trop nombreux, je ne peux pas le faire. Il y a ici des élèves de Yeshiva Online, de Horod Vekiling, qui sont déjà en deuxième ou troisième année,

élèves du Rav Nathaniel, qui connaissent peut-être la réponse. Mais en général, les débutants, et moi le premier, quand on me posait la question, répondaient: « la Torah, c'est un code de lois », « la Torah, c'est un chemin de vie », « la Torah, c'est une sagesse »... Il y en a plein. Et en général, dans ce jeu, je démontre que non, la Torah n'est pas une sagesse. La Torah est sage, mais ce n'est pas une sagesse, ce n'est pas ce qui définit la Torah. Dans

la Torah, il y a des lois, il y a un cadre, il y a un chemin de vie, mais ce n'est pas ce qui définit la Torah.

La Torah est, en réalité, la parole d'Hachem, la parole de Dieu. C'est une nuance très, très importante. Prenons un exemple: les mathématiques sont une sagesse. Peu importe l'arrière-plan culturel de la personne qui les étudie: si elle a un certain degré d'intelligence, elle peut comprendre les mathématiques. Lorsqu'on parle d'une parole, par définition, elle induit un dialogue entre deux personnes. Donc, quand on parle de paroles d'Hachem, ce sont la volonté et la pensée de Dieu qui sont exprimées à quelqu'un, en l'occurrence à une nation, la nation d'Israël. Cela signifie que lorsque Dieu a formulé cette Torah, qu'il a exprimé sa volonté à travers elle, il l'a exprimée à une nation, au mont Sinaï et dans le désert du Sinaï.

Or, cette nation a une culture. Toute nation a une culture. Cela veut dire que Dieu, lorsqu'il exprime ces paroles de la Torah, s'adresse à un peuple qui a un arrière-plan culturel. La façon dont il exprime ces mots, la façon dont il les formule, ne peut donc être réellement comprise que par quelqu'un qui connaît parfaitement ses lois et ses principes culturels. Pour comprendre réellement la parole de Dieu, il faut donc comprendre dans l'hébreu originel. Je vais vous montrer déjà comment cela fonctionne en hébreu. En hébreu biblique, j'avais fait un cours, ceux qui étaient là le dimanche le savent, sur l'hébreu moderne, et j'avais expliqué qu'il existe une différence. C'est ce que je voulais dire au point numéro 4: l'histoire.

L'hébreu biblique n'est pas l'hébreu de la Michna ou du Talmud, n'est pas l'hébreu des sages du Moyen Âge, n'est pas l'hébreu moderne. La langue a évolué. L'hébreu biblique, c'est-à-dire l'hébreu prophétique, l'hébreu de la parole divine, a lui aussi évolué avec le temps. Cela veut dire que l'hébreu de Béréchit, Chemot, Vayikra, Bamidbar, Devarim n'est pas exactement l'hébreu du prophète Yeshayahou, qui n'est pas exactement l'hébreu du prophète Daniel, qui n'est pas exactement l'hébreu des Tehillim. Tous les principes de grammaire et de conjugaison restent les mêmes, mais vous allez voir que le style évolue. D'ailleurs, il devient de plus en plus difficile: plus vous avancez dans la Bible, plus l'hébreu est difficile à comprendre. Au début, c'est plus facile. Béréchit, c'est facile, entre guillemets: c'est très profond, mais c'est beaucoup plus facile à comprendre que, par exemple, le prophète Ezéchiel, qui est un hébreu plus lyrique et plus compliqué.

Je voulais vous montrer quelque chose. Je vous ai dit que la Torah est la parole de Dieu à un peuple qui a une culture. Comment dit-on « culture » en hébreu biblique ? Le mot est Lachon. Ce n'est pas une langue: Lachon n'est pas le français, ni l'hébreu, etc. En hébreu biblique, Lachon signifie une culture. Pourquoi ? Comme on dit une langue en hébreu biblique, la langue parlée se dit Safa. Safa est la langue, le langage. Pourquoi Lachon ? Je vous avais expliqué dans un des

cours qu'en hébreu, il y a toujours deux significations pour un mot. C'est le Beit de Béréchit: nous sommes dans le monde de la dualité, donc chaque mot a un double sens. En hébreu biblique, le mot Lachon signifie la langue, celle que nous avons à l'intérieur, et aussi la culture. Pourquoi ? Précisément parce que la langue qui nous permet de parler se trouve à l'intérieur. Or, qu'est-ce que la culture de quelqu'un ou d'un peuple ? C'est un contenu intérieur, un contenu fin.

La culture n'est pas tout à fait dévoilée. Pour comprendre la culture d'un pays ou d'une nation, il faut beaucoup de temps. Parfois, une culture comporte beaucoup de non-dits, beaucoup de choses un peu inconscientes. C'est ce qu'on appelle le Shon. Safa, en hébreu, ce sont les lèvres. Les lèvres sont un organe extérieur, tourné vers l'autre. C'est pour cela qu'en hébreu biblique, Safa désigne le langage, la communication. Le Shon a la même racine. Dans les méthodes, je vous expliquerai que nous travaillerons beaucoup avec les racines. En hébreu, des mots qui ont la même racine sont liés, comme la louche, lach. Vous voyez ici la même racine: lamed, shin. Que veut dire le verbe lach en hébreu ? Cela veut dire malaxer. Par exemple, quand on prépare une pâte, une pâte à pain, on dit qu'on la lach, on malaxe, on pétrit. Quel rapport ? Une culture, …

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