Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le silence qui enseigne, l'histoire du Rav An-Nazir

Une rencontre de quarante minutes sans parole, et ce que la Torah nomme Ashtika.

1 h 01

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Les signes de cantillation et leur lecture de la Torah, 1 h 01

En bref

Le Rav Sigoura étudie avec ses élèves le verset « Ki tavo el haaretz » de la paracha Kitavo (Devarim 26) : il montre comment on passe du sens littéral à la découverte du pchat, en posant les questions que le verset soulève, puis en y répondant. Il explique notamment pourquoi le verset emploie les noms divins Havaya et Elohim, pourquoi on doit conquérir une terre pourtant donnée, et pourquoi la Torah s'adresse au peuple au singulier. Le cours s'achève sur la méthode d'étude de l'hébreu biblique et des commentateurs, à travers des questions posées par les élèves.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Si vous pouvez couper les micros. Toda Rabah. Donc on étudie, nous sommes attaqués depuis hier par le Liban, comme vous savez. Juste à côté de chez moi, il y a des roquettes qui sont tombées, en Samarie. Baroukh Hachem, il n'y a pas eu de blessés. Je vous ai entendu parler des grands miracles. Donc déjà, on remercie Hachem publiquement pour tous ces miracles, toute cette protection. J'entendais aussi parler, David, des kabbalistes.

Les protections, j'aimerais vous raconter une petite histoire là-dessus. Deux choses. La première: si vous pouvez couper les micros, Toda. Il y a une trentaine d'années, à la yeshiva de Merkaz HaRav, il y avait le Rav Diouda Kook, qui est le fils du Rav Kook, et qui était le Rosh Yeshiva. Il avait un élève qui avait de grandes questions d'émouna, de grandes questions existentielles.

Le Rav Diouda Kook lui a dit: « Peut-être que c'est plus de trente ans, peut-être quarante-cinquante ans... Va voir le Rav HaNazir. » Le Rav HaNazir, c'est le Rav David HaKohen, qui était Nazir: il se laissait pousser les cheveux et ne buvait pas de vin. C'était un très, très grand tsadik. D'ailleurs, le shofar que vous voyez lors de la libération de Yérouchalaïm, quand le Rav Goren sonne du shofar au mur, c'est le shofar du Rav HaNazir.

Au mur de l'Ouest, au Kotel. Et ce shofar a une histoire extraordinaire. David, ce serait bien peut-être que le Rav Fizon... C'est une histoire incroyable. C'est sur YouTube, sur la chaîne du Rav Fizon. Magnifique, ok, super. Bref, le Rav Diouda dit à son élève: « Va voir le Rav HaNazir, il aura des réponses pour toi. » C'était un jeune élève. Il voit le Rav au Beit HaMikdash en train d'étudier. Il n'osait pas trop le déranger, il ne savait pas comment l'aborder. Il a pris une chaise et s'est assis à côté du Rav.

Le Rav était tellement plongé dans son étude qu'il n'a même pas fait attention: quelqu'un était assis à côté de lui. Ça a duré comme ça une demi-heure, trois quarts d'heure. L'élève ne savait plus quoi faire. Il ne voulait pas le déranger en pleine étude. Et à un moment, le Rav a fait une pause, il s'est retourné et il a vu qu'il y avait quelqu'un à côté de lui. Il lui a dit « Shalom », et l'élève lui a dit « Shalom ». C'est l'élève qui raconte: « Je ne sais pas pourquoi, on s'est regardés, et je n'ai pas réussi à sortir mes questions. »

Et je me suis tu. Et le Rav m'a regardé. Et il s'est tu aussi. Ça a duré une demi-heure, quarante minutes: on s'est regardés, il y a eu un silence de quarante minutes. Et au bout de quarante minutes, je me suis levé et j'ai dit: « Toda Rabba, Rav, merci beaucoup, j'ai reçu toutes les réponses à mes questions. » Donc, parce que j'entendais quelqu'un parler de télépathie: il y a des dialogues par le silence, il y a une communication par le silence. Le silence dans la Torah...

...ça s'appelle Ashtika. C'est un très, très grand niveau, au-delà des compréhensions classiques. Il y a des degrés de silence qui viennent de sources très, très hautes. Ce que racontait David, cette sorte de méditation, de transe, en fait on arrive à des degrés extrêmement élevés. La deuxième chose que je voulais vous raconter, je l'ai retenue d'un kabbaliste.

David parlait de sortes de gardes kabbalistes pour la protection d'Israël. J'ai entendu ceci d'un grand kabbaliste, qui m'a dit: dans les sefirot, le degré le plus élevé, c'est le keter, la première des sefirot. Chacune des sefirot est parallèle à beaucoup de choses: des noms divins, des degrés d'âme, etc. Mais aussi à des actes. Il y a une sefira liée à l'émouna, il y a une sefira liée à la simcha, il y a une sefira liée à la mesirout nefesh.

C'est quoi la mesirout nefesh ? Limsor, en hébreu, veut dire « transmettre ». Nefesh, c'est ton nefesh, ton degré d'âme conscient. La sefira liée à la mesirout nefesh, c'est le keter. C'est-à-dire quelqu'un qui est prêt à donner sa vie, à risquer sa vie, d'accord ? Déjà pour une personne. Il est écrit dans le Pele Yoetz que si quelqu'un risque sa vie pour une personne, il est au degré d'un tsadik. Et il dit que si cette personne est prête à donner sa vie pour tout le Am Israël et pour la terre d'Israël, elle est directement connectée à la sefira de keter.

C'est-à-dire que chaque hayal, chaque hayal qui est actuellement en garde, en combat, à Gaza, à la frontière du Liban, en Judée-Samarie, dans tout Israël, peu importe son degré individuel, peu importe s'il a une kippa ou pas, peu importe s'il est religieux ou pas: le fait même qu'il est prêt à risquer sa vie pour le Am Israël, il devient, à ce moment-là, un tsinor, un canal. Le dévoilement de la sefira de keter. Et ce kabbaliste m'a dit: sache que ceux qui font ça, ce sont les très, très grands kabbalistes qui arrivent à se connecter à ce degré par des intentions kabbalistiques, par des méditations, par des prières.

Mais il dit que les hayalim le font 24 heures sur 24, 7 jours sur 7: à chaque instant ils portent cet habit-là, et ils sont en train de garder ou de combattre. Et il a dit: il faut savoir que, comme il me l'a dit, les hayalim en ce moment font autant de tikounim dans le ciel, autant de réparations, et amènent autant d'abondance que les plus grands kabbalistes, comme David l'a raconté. C'est un grand kabbaliste qui m'a raconté ça, pour vous dire le grand mérite de ces jeunes-là, de 18 à 30, 35 ans. Parfois il y a des miluim, des réservistes. Ils révèlent une très, très grande lumière dans le monde. Il faut savoir ça.

Je ferme la parenthèse et je vous dis bonjour à tous. On continue notre étude sur l'hébreu biblique.

La semaine dernière, on avait vu le verset de la paracha Ki Tavo. Il y a encore des micros ouverts, s'il vous plaît, si vous pouvez couper. Toda Rabba. Nous avons vu ce verset-là. Je vous avais expliqué qu'on travaille chaque verset en trois étapes. La première est l'analyse, j'allais dire technique, du verset: la grammaire biblique, la conjugaison de l'hébreu biblique, etc.

On a fini la première étape, qui nous a amenés à cette traduction: Véhaïa. On a expliqué que le Véhaïa, avec le vav conversif, est un passé qui se transforme en futur. Ce verset-là, Dieu révèle au peuple d'Israël une époque future, nouvelle, qui est enracinée dans le passé. C'est un futur qui va être connecté au passé. J'avais expliqué que c'est ce que disent nos sages dans le Talmud: Véhaïa lachon simha. Donc, à chaque fois que vous voyez le mot Véhaïa, vous savez que le verset, ou le passage, parle de quelque chose de joyeux.

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Apprenez à lire la Torah en hébreu biblique. 30+ cours progressifs : racines, conjugaison, pchat des versets. Pour francophones, tous niveaux.

  1. 1
    Pourquoi étudier la Torah dans sa langue hébraïque
    Ce que la Torah est (la parole de Dieu) et pourquoi seul l'hébreu biblique permet d'en saisir le sens.
    1 h 06
  2. 2
    La Torah traduite en soixante-dix langues
    Pourquoi Moshé a traduit la Torah en soixante-dix langues : la dimension universelle du don de la Torah à Israël.
    60 min
  3. 3
    Le silence qui enseigne, l'histoire du Rav An-Nazir
    Une rencontre de quarante minutes sans parole, et ce que la Torah nomme Ashtika.
    En cours de lecture
  4. 4
    Les signes de cantillation et leur lecture de la Torah
    Les taamim : leurs noms selon les communautés, leur rôle dans l'accent tonique et le chant de la Torah.
    1 h 01
  5. 5
    Première étude de verset dans Béréchit, Noah et ses trois fils
    Méthode en trois étapes : sens littéral, questions, pshat, appliquée au premier verset des toldot de Noah.
    60 min
  6. 6
    Lekh Lekha : lire le verset après ce qui précède
    Pourquoi comprendre un verset de la Torah suppose de connaître le passage qui le précède, et non celui qui le suit.
    58 min
  7. 7
    Lekh Lekha : comment accéder au pchat du verset
    Rav Sigoura distingue les commentateurs qui s'appuient sur la Torah orale de ceux qui cherchent le sens clair de l'écrit, et explique la parole future du Vayomer.
    58 min
  8. 8
    Qui est Avraham, le quatrième prophète
    Pourquoi la Torah ne le présente pas, et pourquoi Dieu lui confie une nation plutôt qu'une simple doctrine.
    59 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav