La Torah traduite en soixante-dix langues
Pourquoi Moshé a traduit la Torah en soixante-dix langues : la dimension universelle du don de la Torah à Israël.
Rav Nathaniel Sigoura
Ensuite : Le silence qui enseigne, l'histoire du Rav An-Nazir, 1 h 01
En bref
Le Rav Sigoura explique pourquoi la Torah, bien que donnée à Israël, doit être transmise à toutes les nations : selon le Maharal, la division de l'humanité après trois fautes a créé une soixante et onzième nation chargée de réparer les soixante-dix autres, et Moshé a traduit la Torah en soixante-dix langues. Il présente ensuite sa méthode d'étude du premier verset de la paracha, en trois étapes : analyse grammaticale, questions, puis explications des commentateurs. Il montre enfin, à partir du mot Véhaya, comment le Vav conversif relie passé et futur pour ouvrir une espérance enracinée dans l'histoire.
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Nous avons étudié la semaine dernière l'importance d'apprendre l'hébreu, d'apprendre la Torah en hébreu biblique. Quelqu'un m'avait posé une question, et c'est ce que je voulais compléter aujourd'hui. Je voulais compléter mon introduction. On avait parlé de la traduction en grec et de la traduction de Moshé dans les 70 langues. J'aimerais compléter cela, et ensuite nous pourrons passer à l'étude du premier verset, Madrat Hachem.
Nous avons expliqué la semaine dernière pourquoi c'est vital. Vous ne pourrez jamais réellement comprendre la Torah si vous ne l'étudiez pas en hébreu. D'accord ? Je vais très loin, je signe: vous ne pourrez jamais comprendre la Torah véritablement si vous ne l'étudiez pas en hébreu. J'ai expliqué cela la semaine dernière. David, si tu peux couper tous les micros, s'il te plaît.
C'est bon, merci. On m'avait posé la question la semaine dernière: dans la Guemara, il est écrit qu'on peut traduire la Torah en grec. J'avais expliqué qu'il s'agit du grec antique, et j'avais expliqué quelle était l'intention de cette permission.
J'avais également expliqué que Moshé Rabbénou lui-même a traduit la Torah en soixante-dix langues. Et j'aimerais expliquer ce que signifie traduire la Torah en soixante-dix langues. C'est la dimension universelle de la Torah. Il ne faut jamais oublier que Dieu a choisi le peuple d'Israël, avec Avraham, Yitzhak et Yaakov, dans un contexte historique.
Cela veut dire que la création de la nation d'Israël ne s'est pas faite au début de l'histoire humaine. Il y a deux mille ans d'histoire, et en réaction à ces deux mille ans d'histoire, Dieu a choisi la lignée d'Avraham. Mais il ne faut jamais oublier, c'est ce qu'enseigne le Maharal de Prague, que l'humanité devait à la base être Israël. Suite à trois fautes, la génération du déluge, qui a commis le meurtre;
la génération de la tour de Babel, qui a commis l'idolâtrie; et la génération de Sodome et Gomorrhe, qui a commis la débauche. Je vous rappelle qu'à la génération de Sodome et Gomorrhe, la débauche qui était pratiquée là-bas était pratiquée dans le monde entier. Le Maharal explique que ces trois fautes sont graves, on peut le comprendre, mais elles ne sont pas seulement graves au niveau de la morale humaine. Ces trois fautes, explique-t-il, vont voiler la dimension divine.
Les nations qui avaient le potentiel d'être Israël, cette capacité à révéler le divin dans la collectivité, vont donc se voiler. Dieu va alors créer une soixante et onzième nation, la nation d'Israël, dont l'objectif est de réparer les soixante-dix nations. Imaginez un puzzle de soixante-dix morceaux. Le puzzle est magnifique, c'est l'identité humaine originelle.
Ce puzzle a explosé en soixante-dix morceaux, et Dieu a créé un soixante et onzième morceau qui sera un modèle. C'est ça: Vénivrechou bo kol mishpechot ha'adama. Le peuple d'Israël est en fait le modèle. Comme dans un puzzle, vous avez tous les morceaux éparpillés, et vous avez la photo. La photo du puzzle, c'est l'identité humaine originelle, et cette photo, c'est Israël.
Pourquoi vous parler de cela ? Parce que lorsque Dieu révèle sa volonté dans la Torah, il la révèle au peuple d'Israël, non pour que le peuple d'Israël la garde pour lui. Au contraire. Il révèle sa volonté, en hébreu biblique, pour qu'Israël la diffuse au monde.
Une des preuves: comment s'appelle la paracha du don de la Torah ? Yitro. Je pourrais l'appeler la paracha Sinaï, ou la paracha Torah, mais on l'appelle la paracha Yitro. C'est très intéressant. Yitro n'était pas juif, en tout cas pas hébreu.
Il y a une machloket, une discussion chez nos sages: s'est-il vraiment converti au judaïsme, enfin à l'hébraïsme, à cette époque ? Certains disent que oui, c'est l'explication classique que tout le monde connaît. D'autres disent que non: il est arrivé en tant que non-hébreu, il a reçu la parole de Dieu et il est reparti en tant que non-hébreu. Selon cet avis, le nom de la paracha de la Torah porte celui de quelqu'un qui n'est pas juif. Pourquoi ? demande le Midrash.
Le Midrash enseigne que la Torah aurait dû être donnée aux douze fils de Yaakov. Avraham avait Ismaël, Yitzhak avait Essav, mais Yaakov avait douze fils qui étaient des tsadikim. On a donc les douze tribus, on a l'identité d'Israël. Pourquoi la Torah n'a-t-elle pas été donnée aux douze fils de Yaakov ? Parce qu'il n'y avait pas dans le monde, dit le Midrash, un seul membre des nations qui était prêt à écouter ce que le peuple d'Israël avait à lui dire.
Le don de la Torah a donc été repoussé. Dès qu'il s'est trouvé un membre des nations, un seul, qui était prêt à écouter ce que le peuple d'Israël avait à lui dire, Dieu a donné la Torah. C'est pour cela que, dans le livre de Devarim, Moshé traduit la Torah en soixante-dix langues.
Que signifie « traduit » ? Les sages d'Israël, qui ont étudié l'hébreu biblique, comme je l'ai expliqué la semaine dernière, et qui ont donc compris le message divin, doivent maintenant l'exprimer dans les soixante-dix cultures. C'est ce que je fais maintenant: je vous transmets la Torah en français, mais je l'ai apprise en hébreu biblique. C'est cela, la traduction en soixante-dix langues. Voilà, je voulais compléter cela.
Je fais une petite pause pour les questions, et après nous commencerons notre premier verset. Dans le tchat, Yosef pose la question, au moment de l'explosion, je ne vois pas très bien. Au moment de l'explosion, Israël n'était pas inclus. Israël n'existait pas encore. Israël a été sélectionné parmi les nations. Dans la lignée des nations, il y a une lignée, celle des Sémites, qui a été sélectionnée. Israël n'existait donc pas, mais disons que cette lignée n'a pas été touchée par l'explosion.
Ensuite, Israël et Réchit, donc le premier pas, le soixante et onzième. Je n'ai pas compris ce que cela veut dire: Réchit, oui, mais quel rapport avec le soixante et onzième ? Je n'ai pas compris. Si la personne qui a posé la question peut expliquer, Bechabon. OK.
Nous avons terminé notre introduction. Nous allons commencer aujourd'hui notre premier verset. J'aimerais vous expliquer comment nous allons travailler. Je vous ai dit que nous allons suivre les versets de la paracha de la semaine. Parfois, nous prendrons peut-être deux semaines sur un ou deux versets. En général, nous ne ferons qu'un ou deux versets, et cela suffit. Comme je l'ai expliqué la dernière fois, toute la paracha est incluse dans le premier verset. C'est la racine de toute la paracha, son âme.
Nous allons procéder en trois étapes. D'abord, nous analyserons le verset au niveau technique: la grammaire, la conjugaison, la structure du verset, de l'hébreu biblique. Je ne vais pas trop pousser le côté technique, d'accord ? Je ne vais pas faire une leçon d'une demi-heure sur « conjuguer au futur ». Ce serait un peu lourd. Je vais diluer tout cela. De toute façon, ce sont des choses que nous allons revoir tout le temps. Je donnerai quelques éléments, je développerai certains points, d'autres moins. Ne vous inquiétez pas, nous reverrons les verbes au futur, au passé, etc.
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