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Lekh Lekha : lire le verset après ce qui précède

Pourquoi comprendre un verset de la Torah suppose de connaître le passage qui le précède, et non celui qui le suit.

58 min

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Lekh Lekha : comment accéder au pchat du verset, 58 min

En bref

Le Rav Sigoura explique qu'un verset de la Torah se comprend d'abord à partir de ce qui le précède, et non de ce qui le suit. Il reprend la fin de la paracha de Noa'h, la généalogie de Shem jusqu'à Avram, le rôle de Ever et de Peleg dans la transmission de la prophétie, puis la situation de Terah, dont le projet de montée vers la terre de ses ancêtres s'arrête à Haran. Ce contexte éclaire le « Lech Lecha » qui suit, qu'il commence à commenter à partir du mot « Vayomer ».

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, alors on va commencer. Shalom à tous. Nous continuons notre étude sur l'hébreu biblique. Aujourd'hui, nous avons commencé la paracha de Lekh Lekha. La dernière fois, nous avons expliqué une clé très importante pour la compréhension de l'hébreu biblique: l'analyse du verset en trois étapes. D'abord, le côté technique: l'analyse grammaticale, la conjugaison. La deuxième étape, c'est se poser des questions: qu'est-ce qui nous paraît étrange ? La troisième étape, c'est avoir l'explication. Tous les commentateurs que vous allez lire passent directement à cette troisième étape. Certains posent aussi des questions, mais pas tous.

Aujourd'hui, j'aimerais vous livrer une deuxième clé de compréhension des versets de la Torah. Chaque verset, pour être vraiment bien compris, doit être étudié en connaissant parfaitement ce qui a été dit avant, et pas après. Je répète: pour comprendre un verset, au-delà de l'hébreu biblique, ce qui nous aide à la compréhension véritable, c'est de bien connaître ce qui précède. Pourquoi pas ce qui suit ? Parce que lorsqu'on étudie un verset, il est très important de ne pas connaître la suite. Et si malheureusement vous connaissez la suite, il faut l'oublier à ce moment-là. Il faut avoir une approche comme un enfant.

Attendez, je vais couper le son. C'est bon, on m'entend encore ? Ok. Donc, c'est très important. Par exemple, lorsque vous voyez la jalousie qui existe entre les frères, entre Yosef et ses frères, et que vous voyez qu'ils sont prêts à l'assassiner, et qu'ils finissent par le jeter dans un puits qui n'a pas d'eau, mais qui est rempli de serpents et de scorpions: à ce moment-là, n'oubliez pas que Dieu a écrit ce verset avant d'écrire la suite. Dieu a dicté ce verset à Moshé avant d'écrire la

suite. Pourquoi l'a-t-il écrit ainsi, avant la suite ? Quand Moshé découvre ce verset, quand nous le découvrons à travers l'écriture de Moshé, nous devrions paniquer. Nous devrions pleurer. Comment est-il possible que des frères, enfants de Yaakov, fils de Rachel, de Léa, de Bilha et de Zilpa, soient tous tsadikim ? Comment est-il possible qu'il y ait de la jalousie, du lachon hara, de la haine, qu'ils ne puissent pas se parler dans le shalom, et qu'ils veuillent assassiner leur petit frère ? Comment est-ce possible ? La suite,

on sait que ça se passe bien. Mais on ne doit pas la connaître. Si vous voulez vraiment comprendre le verset, Dieu a écrit ce verset-là avant la suite.

Il faut donc que le message, l'énergie, l'impact du verset vous touchent indépendamment de ce qui se passe après. Ça, c'est très important. En revanche, vous devez maîtriser parfaitement ce qui se passe avant. Lorsqu'on étudie la paracha de Lekh Lekha, c'est un verset très, très connu, mais je remarque que beaucoup de gens étudient ce verset en oubliant complètement la paracha d'avant, et sans le lier à celle-ci. C'est ce que nous allons faire aujourd'hui. Je vais prendre deux points très importants de la fin de la paracha de Noa'h. Vous allez voir à quel point cela nous aidera pour l'étude du verset de Lekh Lekha. Et à travers cette étude, Bezrat Hachem, nous espérons redécouvrir ce verset que vous connaissez par cœur.

Avant de commencer Lekh Lekha, nous allons nous attarder sur quelques versets de la paracha de Noa'h. Je vais les lire et les traduire, d'accord ? Nous ne les expliquerons pas. Nous allons seulement recueillir des informations très importantes pour l'étude de Lekh Lekha.

Il y a évidemment le déluge, la sortie du déluge. Il y a l'épisode où Noa'h se met à planter des vignes, boit du vin et s'enivre. Et il y a trois fils, Shem, Ham et Yafet, qui vont avoir trois attitudes différentes envers leur père qui s'est dénudé. Ham va se moquer de son père, il va rire. Yafet se tient un peu entre les deux: il ne regarde pas trop, mais il ne fait rien non plus. Et Shem est celui qui agit pour couvrir la nudité de son père. Finalement, Yafet vient l'aider. Voilà le premier élément très important.

Deuxième élément: les engendrements de ces trois fils. On voit évidemment la malédiction de Ham et de Canaan, et on voit les engendrements. Untel engendre untel, il engendre untel, etc., et apparaît une lignée. C'est la lignée de Shem, des Sémites. Je vais vous la donner en français: Shem, Arpakhchad, Chélah, Ever, Péleg, Reou, Seroug, Nahor, Térah, et Avram, qui deviendra Avraham.

Nous avons donc dix générations, de Noa'h jusqu'à Avraham, avec une lignée particulière. J'aimerais mettre en avant un personnage, parce que le texte le met en avant: Ever. Vous voyez bien que Térah, le père d'Avraham, descend d'une lignée qui a reçu une tradition. Cette lignée est d'abord celle des Noachides, puis des Sémites, puis des Hébreux. Ever va être le père d'un nouveau peuple, le peuple des Hébreux. C'est à ce moment-là que le peuple hébreu naît. Et cet ancêtre a une particularité.

Voici le verset de la paracha de Noa'h où Ever donne naissance à ses enfants. Regardez ce qui est écrit. Encore une fois, je ne m'attache pas à l'hébreu, je lis et je traduis, parce que je veux arriver assez vite à l'éclat. Ulédé Ever chené banim, « et à Ever sont nés deux fils ». Et là, il y a une explication. Si vous lisez les engendrements, il n'y a pas à chaque fois une explication. Pourquoi l'appelle-t-on ainsi ? Ici, le texte donne la raison du nom Péleg: pourquoi Ever a-t-il nommé son fils Péleg ?

Il y a une chose très intéressante: ki beyamav niflega haarets, « car à son époque, la terre s'est séparée ». Qu'est-ce que signifie « la terre s'est séparée » ? Évidemment, on y voit une allusion à l'épisode de la tour de Babel, où les nations se sont dispersées. Et le nom de son frère est Yoktan. Donc on a deux fils, Péleg et Yoktan.

Maintenant, une question taraude beaucoup les commentateurs. On dit: Ever a eu un bébé, qu'il a appelé Péleg. Vous voyez la racine peleg, qui veut dire plag, séparation, ou en partie, un camp. Il l'a appelé Péleg parce que dans sa génération, la terre s'est séparée, elle a été divisée. Et la question est: quand on dit beyamav, « à son époque », de quelle époque parle-t-on ?

A priori, c'est l'époque d'Ever. Ever a vécu un événement dramatique, la tour de Babel, et cet événement l'a tellement traumatisé qu'il a nommé son fils d'après la situation dans laquelle se trouvait l'humanité à l'époque, c'est-à-dire la division. A priori, c'est logique. Mais Rachi ne va pas être d'accord. Selon le midrash, vous allez voir deux sons de cloche chez les commentateurs. Certains disent qu'il s'agit bien de l'époque d'Ever, qu'il n'y a rien de particulier, c'est un passage apparemment anodin.

Mais Rachi dit: « À l'époque de Péleg ». Ever donne naissance à son fils, qui s'appelle Péleg, et à l'époque de Péleg, c'est-à-dire dans le futur, la terre se divisera, ou sera divisée. Rachi est alors obligé de conclure qu'Ever était prophète. Ce n'était pas le premier …

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