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Techouva et prise de conscience soudaine

Le Rav Kook décrit la techouva pitomit, éclair de conscience mûri en secret, puis la techouva supérieure vers la lumière.

54 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Techouva, conscience et la droiture des Yesharim, 53 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon poursuit son étude de la Teshouva selon le Rav Kook : il distingue la Teshouva soudaine, qui surgit à la conscience après un long travail souterrain de l'âme, et la Teshouva graduelle, faite d'étapes où l'on corrige peu à peu sa volonté, ses pensées et ses actes. Il montre que la droiture du cœur, et non seulement la connaissance du bien, est le but, et qu'elle se conquiert léat léat. Enfin, il ouvre sur la Teshouva supérieure, par laquelle l'homme accède à une lumière divine qui ne se livre qu'à ceux dont la conduite morale est à la hauteur, et sur la distinction entre faute ponctuelle et défaut plus profond, vu comme un piège à reconnaître.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc, je vous situe un peu dans le contexte de ce périple. Le premier chapitre nous a situé la techouva à différents niveaux. Premièrement, dans une relation naturelle vers la conscience. Ensuite, à travers le message de techouva qu'il y a dans la tradition. Et ensuite, à travers la prise de conscience de l'idéal humain: la techouva est en fait un chemin, un cheminement vers la plénitude. La prise de conscience est une plénitude, et la techouva vient aider ce mouvement de plénitude.

Qu'est-ce que ça veut dire ? En hébreu, on appelle ça Chlemout, c'est-à-dire le fait d'arriver à compléter différentes directions de vitalité qui sont en nous. La plénitude, c'est d'arriver à faire vivre le potentiel de vitalité qu'on porte en nous, de vitalité, de pureté, tel que la Torah nous le propose.

Ensuite, dans le second chapitre, le Rav nous parle de différentes expériences de la techouva. Au premier pas, il a parlé d'une techouva soudaine, qu'il appelle techouva pitomit, quelque chose qui se passe au niveau de la conscience de façon soudaine, mais qui, en fait, au niveau de l'évolution à travers notre subconscient, est quelque chose qui peut être très long. Mais à un moment donné, ça apparaît sous la forme d'une prise de conscience très forte et très soudaine. On a consacré plus d'un cours à cette dimension-là.

La Guemara parle de certains exemples, et de Elazar ben Dordaya, quelqu'un qui, à un moment donné, fait une techouva qui le porte à une prise de conscience. Il meurt à travers cette techouva, mais ça va très loin. Il ne s'agit pas de ça chez nous, mais là-bas, ça va très loin. C'est une prise de conscience qui est soudaine. Elle est soudaine au niveau du conscient, comme je vous le dis, mais en réalité, il se peut qu'au niveau de notre histoire personnelle, ce soit quelque chose de très long, dans lequel on a une série de rencontres

avec la providence divine, avec d'autres personnes, avec d'autres événements, qui font que ça a mûri en nous. Mais ça se traduit par une prise de conscience du bien et du mal, une décision de changer complètement notre vie.

Ce dont il parle ici, dans ce début de Chemit Rabba, c'est quelque chose qui n'est pas du tout dans un contexte classique de vidouy et de verrouillage. C'est une prise de conscience soudaine à travers l'expérience de la vie. Il ne s'agit pas pour la vivre.

Je vous rappelle que le Rav dit, et c'est très intéressant, tout en ayant une expérience soudaine de cette prise de conscience, qu'il y a lieu de chercher le cheminement qui a mené à ça, et que ça peut prendre son temps.

Je vous lis la dernière phrase de la page de droite. Cette prise de conscience soudaine est le résultat d'une action de notre âme, dit le Rav, en bas, « Aliyat ezo achpa nichmati gedola », par une influence au niveau de notre âme qui est très puissante. Et il nous dit: « Ra'ou ha-khaftza nétivotéha ». Il s'agit de chercher, c'est un sens de chercher. Le mot nétiv c'est sentier, cheminement. « Be'imkata ha-oumana », dans la profondeur de sa cachette.

C'est-à-dire que c'est un cheminement qui s'est passé jusqu'à maintenant dans notre subconscient. Notre subconscient a ramassé et a avalé toute une série d'expériences, et ça joue à l'intérieur de nous-mêmes. Et puis, un jour, comme je vous l'avais dit, ça peut être comparé un peu à un jeu d'échecs, dans lequel il y a un savant joueur devant nous, qui fait une série de mouvements qu'on ne comprend pas tellement. Puis, à un moment donné, il nous dit « Chakh mat ». Comment c'est venu, on ne sait pas trop, mais c'est un fait: on se trouve devant une réalité.

Et on n'est pas seul dans ce monde. C'est sûr que HaKadosh Baroukh Hou nous accompagne et cherche à faire faire techouva à chacun de nous, quand on n'a pas encore fait techouva. C'est évident. Nous sommes le troupeau d'HaKadosh Baroukh Hou, nous sommes les enfants d'HaKadosh Baroukh Hou, qui veut faire tirer de nous ce qu'il y a de mieux. Donc il consacre sur chacun de nous toute une providence qui va beaucoup plus loin qu'on ne le pense. On n'est pas du tout seul.

La seconde partie de ce texte, c'est ce que le Rav appelle techouva dargua. Le mot adargui vient du mot madrega, darga, qui veut dire échelon: une techouva qui se fait par échelons, une techouva dans laquelle, peu à peu, on se corrige. On dit: c'est quelqu'un qui a décidé de passer quelques bonnes années au Makhon Meir pour entrer en lui-même et se corriger. À travers tout ce que le monde de la Torah et sa science peuvent nous donner, se faire aider et tout le reste, mais le Rav parle ici de différentes étapes.

J'ai insisté sur ça, j'en insiste encore une fois, parce que je pense que ce que le Rav dit est plus qu'intéressant. Le Rav dit qu'il s'agit de changer aussi sa volonté. On change sa façon d'être, sa façon de faire, et aussi sa volonté, et aussi ses pensées. Notre volonté n'est pas quelque chose de définitif. Notre volonté immédiate, notre volonté consciente, c'est quelque chose qui peut changer énormément. Ça se voit tous les jours chez quelqu'un qui s'engage dans le monde de la Torah, qui suit le chemin de la Torah. Peu à peu, ce monde qui, au début, apparaît comme rentré dans un cadre, le cadre de la Torah, un cadre qui n'a pas de vitalité au départ,

devient, avec le temps, des vitalités qui sont quelquefois extrêmement puissantes. Un Chabbat à Jérusalem, ce n'est pas une petite aventure, c'est quelque chose de très profond. La préparation de Chabbat, un vendredi, c'est sûr que c'est quelque chose de très sérieux. Quand on commence à préparer Chabbat, on apprend à préparer Chabbat. Ce sont des forces qui s'accumulent en nous, qui reviennent de la semaine et qui deviennent une partie de notre identité, de façon très puissante.

Le Rav dit aussi quelque chose qui est très intéressant. Il dit, je vous cite la quatrième ligne de son texte: « Ve-kovesh » — vous voyez la fin de la troisième ligne, c'est ve-kovesh, le'at le'at ve-darkeh yashar. On se trouve à la page lamed-alef de notre texte, à l'intérieur du perek bet. La troisième ligne finit par le mot ve-kovesh.

Le Rav dit que, dans ces étapes, il y a quelque chose qu'il décrit comme kovech, le'at le'at et darkeh yachar. Le mot kovech, ça veut dire conquérir. Conquérir. Le'at le'at, vous savez ce que ça veut dire ? C'est peu à peu.

Alors le Rav nous dit quelque chose: « Ve-darkeh yachar », le chemin de la droiture. Et là, on se retrouve devant un projet, quelque chose qui se fait avec beaucoup de temps. Ce que le Rav appelle « darkeh yachar », le chemin de la droiture. Pourquoi ? Parce que, ça, j'en ai parlé, et on revient encore sur …

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