La techouva, désir constant du bien chez l'homme
Le Rav Kook explique que la plénitude de l'homme tient à son aspiration vers le bien, même après une chute.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Techouva et prise de conscience soudaine, 54 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre 5 d'Orot HaTechouva du Rav Kook, consacré à la nécessité de la techouva dans la vie de l'homme, dans le monde et dans l'assemblée d'Israël. Il prend l'image de la digestion : la techouva est au centre de la santé spirituelle, car il faut trier ce qui était bon de ce qui ne l'était pas dans nos actes et en rejeter ce qui nuit. Il examine ensuite le paragraphe affirmant que l'aspiration constante vers la plénitude fonde la dignité de l'homme, et que la techouva permet de se corriger sans jamais perdre cet idéal.
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C'est le cours d'Orot HaTechouva, et nous nous trouvons maintenant au chapitre 5 d'Orot HaTechouva, qui dans notre édition, l'édition jaune, se trouve à la page. Le titre de ce chapitre, je vous le rappelle, on a déjà vu quelques paragraphes la dernière fois.
Ehrechiout metziout tachouva oupeoulata ba'adam ba'olam oubeknesset Yisraël. Ça vient du mot mouhrach, Ehreach, qui veut dire la nécessité: la nécessité de l'existence de la techouva et de son action, parlons sur l'homme, dans le monde, de façon très générale, et en particulier dans le cas de l'assemblée d'Israël.
Le Rav n'arrête pas, tout au long de ses écrits, d'insister sur la relation existentielle qu'il y a entre le peuple d'Israël, d'une part, et le monde entier. C'est-à-dire que ce sont des vitalités spirituelles qui se retrouvent en Israël, et elles sont en Israël essentiellement pour être au service de l'ensemble de l'humanité.
Dans les textes de Horot, le Rav insiste énormément sur le fait que la séparation qui est entre Israël et le monde est de l'ordre de la séparation qu'il y a entre le centre et la périphérie. Est-ce que le centre d'un cercle est séparé de sa périphérie ? D'un côté oui, mais de l'autre côté il n'existe qu'à cause de la périphérie, et la périphérie ne se définit qu'autour de son centre.
Et le Rav dit qu'il y a trois grandes vitalités essentielles: la vitalité du peuple, la vitalité de la terre, la vitalité de la Torah. Elles sont vécues de façon très puissante à l'intérieur d'Israël, mais elles sont là pour être un enseignement pour l'ensemble de l'humanité. La façon dont Israël vit sa relation à sa terre, la façon dont Israël vit sa relation avec son peuple,
la façon dont Israël vit sa relation avec la Torah, ce sont des centres d'intérêt pour le monde entier, des centres de vitalité. Pour le monde entier. Alors quand le Rav parle ici de la techouva, il en parle au niveau de l'homme, au niveau d'Israël, il en parle aussi au niveau de l'humanité. Les choses sont liées l'une à l'autre.
On a vu la dernière fois, je résume un tout petit peu parce qu'il y a quand même des messages importants qui ont été dits, que le Rav insiste sur le fait que la façon la plus saine de vivre son aventure spirituelle, c'est de vivre la techouva. Et le Rav compare la dynamique de la techouva dans le monde spirituel de l'homme, à l'intérieur d'Israël en particulier, à la dynamique de la vie du corps,
comme étant extrêmement parallèle, la techouva étant l'équivalent de la digestion. C'est-à-dire que l'acte de techouva, la dynamique de la techouva, ce n'est pas une activité qui se passe quelquefois, de façon éventuelle, pour certaines personnes, mais c'est le centre de la santé spirituelle de l'homme. De la même façon que la digestion pour un corps est quelque chose d'essentiel, pas de marginal.
Tous les grands docteurs te diront que les grands problèmes du corps humain sont autour du problème de la constipation. Qu'est-ce que c'est que la constipation ? C'est le fait que quelqu'un n'arrive pas à libérer ses déchets, n'arrive pas à mettre de côté, à faire sortir ce qui ne va pas dans le corps. Il en est de même au niveau de la techouva, dit le Rav.
La rencontre qu'on fait dans la vie avec toutes sortes d'impressions que nous recueillons, c'est une série d'impressions qui sont inscrites en nous. À l'intérieur de ça, il faut faire un tri. Et l'essentiel, les grandes impressions qu'on a faites, ce sont les résultats de nos actes, avec le cortège d'impressions qui les accompagnent. Mais il faut faire le tri, à l'intérieur de nos actes, entre ce qui était bon et ce qui n'était pas bon,
et parmi tous les impacts que cet acte a faits en nous-mêmes. Et ça, c'est la techouva qui le fait. C'est l'analyse de tout ce qui a été fait, de tous ces impacts, pour voir ce qui était bon et ce qui n'était pas bon dans tout ça. Rejeter ce qui n'était pas bon, garder ce qui était bon et l'intégrer à l'être. C'est-à-dire que vivre l'expérience de la techouva comme une expérience éventuelle au niveau spirituel, c'est ne pas savoir ce que sont les forces essentielles de l'homme.
Le Rav insiste: un corps saint est forcément appelé à vivre son expérience de techouva dans sa totalité. Sinon, il y a quelque chose qui ne va pas. On a vu, pour autant que je m'en souvienne, jusqu'au cinquième paragraphe de ce chapitre. On va démarrer un paragraphe Vav, qui commence, comme vous le voyez, à la page.
Mi bal'adeh ma cheshevet ha techouva. Voyez ce texte ? Je vais le dire une première fois, on reviendra sur le texte. Il y a des messages vraiment essentiels dans ce petit paragraphe. Mi bal'adeh ma cheshevet ha techouva, menouchata ou bitchona, lo yuhala adam limso manouach. Ve hachayim ha uchanim lo yuhlo l'itpater ba'olam.
Achush ha-moussarit tovea mey adam, et ha-tsadik vey tov, et ha-shlemout. Ve ha-shlemout ha-moussarit kama rachokayim mey adam, le ha-kshima befoal, ve kama koko chalash, le kaven maasav, el ha-toa shel idéal ha-tsadik ha-gamur, ve ech yish'af el ma sheneno beyecholtot klal. Nazot, la techouva yitivit,
l'adam, ve'hi, ma shlimatou.
Chei Menatsa Chattamid Aldarko Bahayim, ou Meshlimotor Be'emet. Ceux qui parmi vous connaissent un peu l'hébreu voient de quoi ça parle. On en est quand même au début de notre année, on n'est pas encore très loin, et on a besoin de rentrer dans le texte et de l'expliquer de près. Mais avant de rentrer, ce que dit le Rav, c'est qu'on ne peut pas concevoir
l'aventure humaine dans son projet apparemment fou de mettre en relation un corps avec tout ce côté sauvage qu'il y a chez un corps, et tous ses appétits et toutes ses forces, et un esprit avec tout le côté sublime qu'il peut y avoir dans un esprit, et la capacité de l'esprit humain de se rapprocher du divin dans ses dimensions les plus hautes.
Comment un projet pareil peut-il marcher ? Il ne peut marcher qu'à condition que la techouva existe. Sinon, c'est impensable. Je vous rends dans le texte: Mi baladeh marchev etatechouva menuhata obitrona. Si ce n'était la pensée de la techouva, menuhata, le mot menuhata veut dire le repos que cette techouva apporte, le repos,
et la sécurité qu'elle donne. L'homme ne pourra pas trouver un véritable repos, et la vie spirituelle, qui nous met en relation avec des idéaux immenses, ne pourrait pas se développer dans le monde.
Il n'y aurait pas de place pour la vie spirituelle. Ahusha Moussari, qui est le sens moral, Tovéa, et ça fait partie de l'esprit, c'est sûr. Tovéa, c'est-à-dire quoi ? Tovéa: exige, demande. Tovéa me'adam, demande de l'homme. Et tatsedek ve'atov, la justice et le bien. Tashlemout, la plénitude. Tout ça, c'est en nous.
Du moment qu'on participe quelque part à un message spirituel qui est en relation, à un certain niveau, avec le divin, dès que ça rentre dans ces dimensions de perfection du divin, ça lance …
Cours d'Orot veKelim
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