Techouva et conscience de l'âme collective d'Israël
Le retour sur la terre comme prise de conscience de la dimension collective du peuple, selon Orot HaTechouva.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : La techouva, ressource la plus saine de l'esprit, 36 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente Orot HaTechouva du Rav Kook, en particulier les passages sur la teshouva collective : le retour du peuple d'Israël sur sa terre comme expression de sa dimension collective, que l'individu ne peut vivre pleinement qu'en Erets Israël. Il montre comment la teshouva personnelle, par l'intériorité et la pureté, conduit à sentir l'âme collective du peuple et à participer à son cheminement dans l'histoire. Il invite enfin à un discernement entre le patrimoine de la Torah et les apports de la civilisation moderne, en prenant l'exemple de l'utilisation de l'ascenseur de Shabbat.
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Je fais une prière qui est la suivante. J'espère que j'arriverai à vous faire passer Orot HaTechouva comme il le faut, parce qu'à mon sens c'est un grand livre qu'il faut garder, sur lequel il faut travailler, qui doit nous accompagner ici, quand vous serez à l'armée, quand vous vous marierez, etc. Il faut faire passer ça aux enfants aussi. C'est un chef-d'œuvre, qui a en plus la grandeur d'être, malgré le temps où il a été écrit, il y a une centaine d'années, toujours présent. Il garde sa présence actuelle. Il est vraiment très actuel et il est conscient de ce qui se passe au niveau du peuple d'Israël. Ce n'est pas uniquement un livre qui concerne l'aventure particulière de quelqu'un. Je me disais: où est-ce qu'il est ? Il ne parle pas uniquement de la techouva de l'individu.
— C'est Maïmon Eliyot qui est rentré ?
— Non, ce n'est pas Maïmon Eliyot. Hein ? Aviel Cohen ? Il avait marqué qu'il n'était pas là, mais il tenait à être là. Yofit, très bien. Audrey, je continue à parler de ce livre, parce que c'est un livre qui parle aussi bien au niveau de la techouva de l'individu, dans son aventure personnelle,
que de quelque chose qui nous concerne beaucoup, c'est pour ça que vous êtes là: la techouva d'un peuple qui revient sur sa terre. Et ça parle, donc, non seulement à un niveau particulier, mais aussi beaucoup au niveau collectif de l'aventure d'Israël: le retour sur sa terre, et le retour sur des valeurs qui étaient abandonnées pendant les deux mille ans de galout, où l'on reprend à nouveau notre vie ici, dans sa dimension collective.
Pendant deux mille ans de galout, la dimension collective avait perdu énormément de sa force, malgré le fait que nous ayons quand même vécu notre dimension juive. Entre nous, en tant que juifs, on se sentait solidaires, mais on sentait quand même qu'on ne vivait pas notre dimension collective de peuple. Et Baroukh Hachem. Dans ce sens-là, si vous voulez…
On va revenir là-dessus, je vais essayer d'aller assez vite, mais c'est un paragraphe qui, à mon sens, est essentiel. Il insiste sur le fait, et c'est le Rav Kook qui insiste énormément sur ça, que nous vivons profondément l'expérience de notre âme et que nous la rencontrons réellement lorsque nous vivons notre dimension collective.
Le Rav Kook insiste énormément là-dessus. Je me souviens d'un texte que citait le Rav, un texte du père du Hida, Rabbi Avraham Azoulay, qui a vécu à Hébron, et qui disait dans son livre Chessed LeAvraham quelque chose de très beau et d'essentiel pour nous. Il disait: quelqu'un qui arrive en Erets Israël,
qui vient de l'extérieur d'Israël, porte en lui une dimension individuelle. Quand il dort la première nuit en Erets Israël, il se lève le matin, et c'est la force de la terre d'Israël qui lui donne une dimension collective. C'est-à-dire que la dimension nationale, vivante, spirituelle, n'est réellement vécue, normalement, naturellement, dans toute son intensité, qu'en terre d'Israël. Peut-être que certains sont capables de sentir de loin la terre d'Israël. Il y a quelque chose comme ça. Il est sûr que des gens qui ont senti la terre d'Israël et qui sont venus, mais qui l'avaient déjà sentie de l'extérieur, ont vécu leur dimension collective, et ils sont venus ici pour ça. C'est un peu votre aventure. Vous êtes là parce que
vous êtes conscients de votre valeur collective, et vous savez que c'est une dimension qui n'a pas son équivalent. Et ça se vit ici, ça se passe ici. Spécialement à Jérusalem. On attend encore qu'on construise là-bas, mais vous le verrez. J'espère que moi aussi.
— Khen, tu lèves beaucoup la voix. Peut-être que c'est vrai que tu te sens plus juif en France, dans la mesure où les autres ne le sont pas. Et toi tu le sens. Il y a une dimension…
Il y a une dimension nationale. Je me souviens, j'ai fait mes études en France. Je vous l'ai déjà dit: j'avais fait l'école de physique et chimie, juste à Vauclin, en face du séminaire Israël. Et je me souviens que mes amis français, qui étaient en classe avec moi, vivaient de façon très, très naturelle leur dimension nationale.
Moi, j'étais à côté, mais j'avais un passeport marocain, ce qui ne voulait pas dire grand-chose non plus. Je ne vivais pas la dimension nationale. Alors qu'en venant ici, c'est autre chose. C'est une dimension de solidarité, de responsabilité, que vous allez vivre en grand, Bezrat Hachem, quand vous rentrerez à l'armée. C'est vraiment une grande rencontre. L'armée est un passage important dans notre vie: la rencontre avec le collectif d'Israël, dans une dimension très vivante.
Si vous le permettez, on va lire le paragraphe Alef.
C'est-à-dire que ce n'est pas tout le monde qui est conscient de l'aventure du peuple d'Israël, de l'aventure collective du peuple d'Israël. Mais la façon… HaKadosh Baroukh Hou, dans ce monde,
la sortie d'Égypte est quelque chose qui est fait pour marquer le monde entier. Elle se fait à travers l'aventure collective de Am Israël, dirigée par HaKadosh Baroukh Hou. L'entrée en Erets Israël, avec Yoshoua,
ça fait longtemps que je ne m'en souviens plus. Je me souviens enfin. C'est une entrée qui a marqué le monde entier, qui a certainement marqué tout ce qui se trouve à l'est de la Méditerranée, pas tellement l'Amérique à l'époque, mais enfin, certainement le Moyen-Orient. Et cette entrée-là est celle d'un peuple entier: HaKadosh Baroukh Hou fait entrer un peuple sur cette terre. Et on connaît HaKadosh Baroukh Hou à travers tous les miracles de l'acquisition, de la conquête de la terre d'Israël par Yoshoua.
Et notre retour en Israël aujourd'hui, aux yeux du monde entier, c'est évident que c'est une dimension collective du peuple d'Israël qui se présente au monde entier. Et le monde entier est conscient du Maître du monde à travers notre aventure collective, le retour d'Israël sur sa terre, Zé Barou. Et la rencontre avec un Israël…
Tous ces goyim qui viennent en Erets Israël et qui arrivent devant le mur du Kotel et voient Erets Chabbat, un collectif d'Israël, des centaines et des milliers de personnes qui prient en même temps là-bas: Hachem se fait connaître comme ça, aussi.
Le Rav dit: pour être à la hauteur, pour prendre conscience de notre dimension collective, il faut être à la hauteur. Et Rav, je rentre dans le texte ici, Behemet,
en vitesse un peu. Béhémet, on a vu ça une fois. Béhémet,. On ne peut s'élever vers le désir spirituel de la Yeshua du salut de notre collectif sans une techouva intérieure, profonde, de cet individu.
Mikol Het ve'Avon, de toute faute. Pour vraiment vivre notre dimension collective, il faut être propre. Faire techouva. Om Nam, Yachid, Shechad et Mouvanzé: un individu qui fait techouva, à la recherche de ce qu'il doit faire dans ce monde, dans le but de pouvoir sentir son collectif pleinement. Mochalim lo.
Cours d'Orot veKelim
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