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Techouva et conscience chez le Rav Kook

Comment la voix intérieure de la conscience mène à la techouva, et pourquoi l'erreur peut devenir un mérite.

36 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Techouva et conscience : la droiture intérieure, 55 min

En bref

Le Rav Nahon commente un passage du Rav Kook sur la teshouva, qui part de la réaction naturelle à la souffrance du corps et de l'âme, passe par la conscience intérieure et la tradition, puis atteint un niveau où la teshouva devient une recherche de plénitude et de perfection. Le cours montre aussi comment l'échec peut devenir une source de mérite et d'expérience, et comment l'homme, dans son chemin personnel, rejoint la vie collective d'Israël. Il s'appuie sur des textes de la Guemara et de la Michna, notamment sur la différence entre le tsadik gamour et le baal teshouva.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le cheminement de la techouva

C'était déjà trois ou quatre fois qu'on travaille sur ce texte, qui se développe devant nous. Le Rav présente en fait un cheminement de la techouva. Dans le premier texte, le Rav Kook nous parle d'une techouva à ses débuts, une techouva au niveau naturel, au niveau du corps. Ensuite, le Rav passe de ces dimensions à une dimension plus générale.

En liant les thèmes, il dit que finalement, quelque part, la techouva dans le monde du corps, dans le monde de la médecine, est aussi en rapport avec le monde spirituel de l'homme, à travers une relation de type psychosomatique. Et que si l'on veut vraiment parler, posséder la techouva, même au niveau du corps, il faut aussi avoir une ouverture sur quelque chose de plus spirituel.

Il passe sur la dimension de la techouva rouhanit et nafshit, en passant par une étape que le Rav analyse très bellement: l'étape de la relation à la conscience. La techouva est parfois la réponse au cri intérieur d'une conscience.

On avait élargi un peu le thème en parlant de cette conscience qui est inhérente à l'être humain. Si c'est quelque chose de général, comment cela se construit-il ? Il est certain que certains êtres humains sont plus ou moins porteurs de conscience. J'avais cité en particulier l'exemple de nos Avot, Abraham, Isaac et Yaakov, qui sont des exemples de conscience vivante. Mais on se rend compte que ce sont des êtres extraordinaires, et que chacun porte un niveau de conscience qui dépend de toute une série de facteurs:

de son éducation, de sa naissance, de sa famille, de sa sensibilité. Mais c'est quand même quelque chose de général à l'humanité, tout en reconnaissant que les degrés de conscience diffèrent d'un être à l'autre. Le cri de la conscience se vit de façon différente chez chacun. Chacun développe sa conscience différemment, et l'écoute différemment. Le Rav dit que cette relation de la techouva avec la conscience est quelque chose de complexe,

mais qu'il est difficile de ne pas en prendre considération. C'est un thème important dans notre vie de tous les jours.

Le Rav passe ensuite à une autre dimension de la techouva, alimentée par la tradition. Cela ne se passe pas simplement au niveau de la sensibilité humaine, de l'idéal que l'homme développe en lui-même par sa propre recherche. Il y a ce qui se passe au niveau d'Israël, qui a reçu une révélation. La révélation d'Israël est quelque chose d'énorme.

C'est le Créateur du monde qui est intervenu et qui a donné son message. La tradition a capté ce message et l'a transformé en une vitalité, la vitalité de la Torah, à travers laquelle la dimension de la techouva est un des éléments essentiels de cette dynamique de vie. Cela se traduit, on le voit en ce moment: nous sommes en pleine époque que la tradition consacre à la techouva.

Elle la consacre parce que la révélation nous dit que la tradition sait que c'est l'époque où le monde entier est mis en jugement. C'est une époque spéciale, qui a un sens cosmique. Am Israël, grâce à la révélation, avance dans cette relation avec le jugement divin, avec des données spécifiques, une force propre, la capacité

d'être conscient de ce jugement qui est porté sur le monde. La révélation nous a donné le Shofar, qui nous permet d'approcher le ciel par un appel à la miséricorde divine, promise à ceux qui font leur chemin dans le sens de la tradition. On se retrouve pris par quelque chose de très spécial, qui a toute la grandeur de la Torah.

Mais l'important, le grand message, vous allez le voir, c'est que le Rav Kook dépasse cette dimension. On aurait pu penser, connaissant la personnalité du Rav Kook, qui est un être religieux, orthodoxe, traditionnel, certainement, que le cheminement de la techouva s'arrête là, dans le contexte de la tradition, dans la mesure où l'on peut tirer jusqu'au bout ce que la tradition nous propose.

Je vous propose maintenant d'analyser le texte du Rav qui dépasse cette dimension. Cela nous permet aussi d'approcher le Rav Kook sous un regard qui fait comprendre ce côté universel humain qui est chez lui.

Chez le Rav Kook, la Torah est essentielle, c'est une révélation, mais c'est la révélation donnée au monde. La recherche que nous faisons de nous-mêmes est la recherche de l'être humain. C'est la réponse donnée à l'humanité. Am Israël n'est pas quelqu'un en marge: c'est quelqu'un qui vit de façon très centrale la problématique de l'humanité.

Alors, le Rav dit la chose suivante. Je vous invite à prendre le dernier paragraphe de la page Kaf-Ḥet. Tout cela est situé à l'intérieur du premier chapitre. Je vous lis le texte, au bas de la page:

« La techouva ashlita, qui n'est pas seulement due à la souffrance de mon corps, de mon âme et de mon esprit, et pas seulement à l'influence de la tradition et de la Masoret et de la kabbale, que ce soit par la bouche du prophète ou: toute chose juste et juste qui vient d'eux vers l'intérieur de l'âme, ce sont eux qui provoquent la techouva; car c'est la connaissance claire, qui vient de la plénitude du monde et de la vie … »

Si l'on entre dans le texte doucement: pour bien apprécier les textes du Rav Kook, il faut savoir qu'on est devant un mystique immense, avec un souffle intérieur considérable.

Mais en même temps, et je crois qu'il est important de le redire, c'est un spécialiste de la halakha. C'est un homme capable de peser le détail. Même devant un souffle aussi grand, dans la présentation des messages qu'il nous donne, il faut essayer d'apprécier chaque mot, parce que chaque mot a sa place. C'est un homme qui a le sens de chaque détail.

C'est la pensée. C'est une techouva pensée, vécue, consciente. Et cette dimension de la techouva, chekvar, a déjà lirkoch [acquérir]; connaissez-vous le mot ? Lirkoch, en hébreu, veut dire acquérir. Rekhouch, c'est une acquisition. C'est cette techouva qui a déjà acquis, pour elle, la stature d'émounite.

Les deux étapes citées précédemment: une étape naturelle, au niveau de la réaction directe, immédiate, instinctive de l'être, que ce soit la souffrance du corps ou la souffrance de la conscience. C'est instinctif. Et puis quelque chose de différent, émounit, au niveau de la tradition, où ce qui doit être fait est dicté par la Torah. C'est-à-dire que le bien et le mal sont présentés par la tradition, et la personne s'adapte à ce qui est proposé comme critère du bien dans le monde de la Torah.

Mais la techouva a déjà acquis ces deux dimensions, tivit et mounit. Elle continue, chekvar, et elle est arrivée à une madrega [échelon], un niveau plus haut. Maintenant, écoutez bien ce que dit le Rav.

Lo rak tsar gufani o nafshi ve-ruḥani: ce n'est pas un mouvement dont la motivation provient de la souffrance, qu'elle soit du corps ou de l'âme, gufani, nafshi, ve-ruḥani, ou de l'esprit.

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