La peur née de la faute et le chemin de la techouva
Comment la faute ébranle le nefesh, et comment la techouva transforme cette peur en sécurité et en courage.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Faute et Techouva : le chet et l'état d'âme, 50 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre 16 d'Orot HaTechouva du Rav Kook sur la faute et le nefesh : toute faute suscite une peur (harada) qui se manifeste dans le visage, la démarche, l'écriture et la parole, et que la techouva peut transformer en bitachon et en courage. Il explique aussi que le désespoir (yéouch) n'atteint que ceux qui portent une vraie sensibilité spirituelle, et que la prise de conscience de ses fautes, douloureuse, est le signe qu'on a grandi. Enfin il montre que la volonté (ratzon) doit précéder la connaissance, et que les fautes envers le prochain, surtout le vol, sont les plus difficiles à réparer, car elles touchent au mérite personnel.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le paragraphe qu'on va essayer de toucher les uns après les autres. Si tu veux, Nathaniel, on prend la page 5, le paragraphe Yud Gimel. Tu veux peut-être te mettre ici, plus proche. Alors tu vas essayer de lire ça à voix haute, je reviendrai sur le texte, vas-y.
Depuis Hamka, chez Tshouba, la Harada, c'est ma, ta pechet, le vitachon, le ometz le dav. Et le nom de la Harada, la Harada, qui vient de l'autre côté, on peut le connaître entre les étoiles, entre les mouvements, entre la voix, entre la gestion, entre la bouche, entre le signe de la lettre, dans le discours et plus dans l'écriture.
Le sujet est intéressant. Il parle un peu de la façon dont la faute s'exprime à travers l'être. Et ça peut se passer à différents niveaux. C'est-à-dire que, en particulier, le Rav insiste ici sur le thème de la peur qui accompagne la faute. Dans la mesure où l'être s'est laissé prendre au piège de la faute, il y a une prise de conscience de l'âme face à cette réalité, qui déconcerte l'âme.
Et l'âme se trouve devant une certaine dimension, qui peut être plus ou moins puissante, de ce qu'ils appellent ici en hébreu une peur, qui est désignée ici sous le terme de harada. Harada est un mot fort pour la peur. Alors le texte dit comme ça: Kol chet metil harada miyuhedet al ha-nefesh. Chaque faute, bon, le mot chet en général est attribué à la faute qui est faite de façon involontaire.
La personne se retrouve ayant fait une faute. C'est vrai. Il y a d'autres dimensions de la faute, mais c'est d'abord à ce niveau de la faute, quand la personne n'a pas voulu la faire, et qu'elle se retrouve quand même dépassée par le fait d'avoir fait une faute, et dans une situation de piège, quelque part, qu'on comprend qu'il y a une peur. Kol chet metil, chaque faute apporte une harada, une peur spéciale, spéciale à notre nefesh.
Le mot nefesh est un mot qui est un peu difficile à traduire. Je crois qu'on va essayer de l'utiliser toujours sous l'expression nefesh. C'est là où se trouve le psychisme de l'homme, là où se trouve la spiritualité de l'homme en rencontre avec la vie. C'est au niveau de la nefesh que se trouve le choix de l'homme. C'est au niveau de la nefesh que se trouve, quelque part, aussi la faute de l'homme. Dans le texte de la Torah, quand elle parle de quelqu'un qui fait une faute, elle utilise l'expression nefesh ki techéta, une nefesh qui aurait fait une faute. C'est là, à ce niveau-là, que se joue la liberté, en relation avec l'acte.
La faute joue sur cette nefesh, sur notre psychisme, en relation avec la vie. Et cette peur qui habite la personne qui a fait cette faute, ein mit'alek'et kim'al yedei ha-techouva, elle ne disparaît que par la techouva qui, elle, est capable, effectivement, de corriger complètement cette situation de peur. Où les fils ont caché la techouva, et selon la profondeur de cette techouva, dans quelle mesure on peut arriver à corriger cette faute ?
Cette peur. Regardez, entendez bien ce que le Rav dit: Ha-harada mi-ta'h'pekhet le-bitahon ve-ometz lev. C'est-à-dire qu'à travers la techouva, non seulement tu arrives à corriger ces dimensions de peur, mais tu passes sur quelque chose de positif. Le texte dit: Ha-harada atzmah, cette peur, mita'hpekhet, se transforme, change dans un autre sens, change de face. En quoi ? En bitahon, qui veut dire sécurité, et ometz lev, qui veut dire courage, force.
C'est comme la plupart des thèmes dans lesquels on parle d'une techouva be-ahava, dans lesquels la techouva sur une faute permet finalement de récupérer et de faire de cette faute quelque chose de positif, qui fait grandir encore plus la personne après avoir fait tout cela. C'est-à-dire que l'expérience que l'on a eue, malheureusement, à travers la faute peut être récupérée, et elle est récupérée de façon maximale dans le cas où l'on fait une techouva be-ahava. C'est-à-dire qu'on a compris qu'il ne fallait pas faire ça, et qu'on sait comment il faut bien faire les choses. À ce moment-là, cette prise de conscience nous donne une force encore plus grande, un engagement encore plus grand.
Maintenant, le Rav vient nous parler ici de quelque chose qui est un peu indépendant de la techouva elle-même. Il vient insister sur cette réalité un peu psychosomatique, dans laquelle la faute, et la peur qu'elle apporte avec elle, se traduit à différents niveaux de l'expression de l'être. On va voir ce qu'il dit ici: l'impression de cette faute, cette impression qui provient de la faute. Et il faut comprendre qu'il y a une différence entre une peur qui provient d'une raison extérieure, où, finalement, la personne, intérieurement, est tout à fait en accord avec elle-même, est passive, enfin, elle est dans une situation où il n'y a pas de problème intérieur, il y a une peur.
Il y a une peur d'un autre type, qui est une peur qui provient d'une faute. À ce moment-là, la peur est une peur qui saisit l'être du fond de son être. Elle se traduit à différents niveaux de la personne. Ce qu'il dit ici, c'est que cette peur qui provient de la faute, on peut la retrouver à différents niveaux de l'être.
C'est-à-dire dans les traits du visage: la peur s'exprime par les traits du visage. Au niveau de la façon dont les mouvements de l'être se font. Dans sa voie, dans son comportement, la façon de marcher, d'aller. Aussi bien au niveau de son écriture, et ça, c'est très net: une peur se traduit par le fait d'un manque de stabilité dans l'écriture. La façon dont on parle, la tournure, la parole elle-même. Il insiste aussi sur la façon d'écrire, ce qui est exprimé à travers l'écriture, et la façon dont la lettre apparaît sur le papier. Et aussi dans la façon dont on organise ses pensées.
Et la façon dont cette peur s'exprime dépend, quelque part, du genre de faute qui a été commise, qui a provoqué cette peur. Ce que le Rav dit dans cette dernière phrase: be-makom she-hé'het soteme et-ha-ora, là où la faute a finalement, par le fait que c'est une faute, le Rav insiste là-dessus à différents endroits dans Orot HaTechouva. La faute a pour résultat, quelque part, que la lumière à laquelle l'âme a droit, quand elle est en relation normale avec la vie, la faute, quelque part, l'arrête. Cette nourriture d'esprit qui vient faire vivre l'âme. Le Rav dit: là où la faute arrête cette lumière qui vient nourrir notre âme, c'est là où le défaut est senti particulièrement, selon l'intensité de la faute, et la façon dont cette faute se rapporte à celui qui l'a commise elle-même.
Dans quelle mesure c'est une faute qui est vécue pleinement par l'être, dans laquelle il participe, ou il ne participe pas. La relation à l'être dans cette faute: nous savons qu'il y a différents degrés de faute. Ka'hayou ka'hayar Hachem, c'est ainsi qu'est sentie l'impression, *ha-hachar …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude du traité Orot HaTechouva du Rav Kook. La téchouva comme force cosmique de réparation et d'élévation, au-delà de la simple repentance.
- 95
Faute, souffrance et techouva selon le Rav NahonComment la douleur de la faute purifie la volonté et ouvre la voie du repentir sincère. - 96
Faute, cœur en peine et retour à l'harmonie avec la vieLe Rav Kook explique que toute faute, même involontaire, blesse l'âme et que la techouva rétablit le lien avec le monde. - 97
Faute et émouna dans la techouvaComment le Rav Nahon distingue la faute du repentir et ce que la techouva exige de l'homme. - 98
La techouva, ou comment l'âme se relève de la fauteComment la faute enchaîne l'âme, et comment la techouva la libère et lui rend sa joie. - 99
La peur née de la faute et le chemin de la techouvaComment la faute ébranle le nefesh, et comment la techouva transforme cette peur en sécurité et en courage. - 100
Faute et Techouva : le chet et l'état d'âmeDistinguer la techouva qui répare une faute de celle qui habite l'état d'âme du yachar, à partir du texte du Rav Kook. - 101
Faute, involontaire et techouva : le chet comme force déviéeLe rav Nahon explique que la faute (chet) est une force vitale mal dirigée, que la techouva raffine plutôt que d'abolir. - 102
Faute, piège et techouva selon le Rav KookComment la techouva libère de la faute, quand elle est vécue comme un piège tendu de l'extérieur. - 103
Le sketch de l'homme et la Techouva d'après le Rav KookPourquoi la faute est inévitable chez l'homme et comment la Téshouva permet de corriger rétroactivement ses erreurs. - 104
La souffrance de l'âme face à la fautePourquoi la faute fait souffrir l'âme, et comment la techouva en fait un signal de vie.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav