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Faute, piège et techouva selon le Rav Kook

Comment la techouva libère de la faute, quand elle est vécue comme un piège tendu de l'extérieur.

54 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le sketch de l'homme et la Techouva d'après le Rav Kook, 59 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente la page 19 de Orot HaTechouva du Rav Kook, qui décrit deux formes de Teshouva : celle qui libère d'une faute précise, perçue comme un piège tendu de l'extérieur, et celle qui fait sortir d'un état intérieur d'amertume, de tristesse et d'éloignement du divin. Il montre comment la force de la Teshouva, enracinée dans la nature même de l'homme, permet de retrouver lumière, joie et clarté de pensée. Le cours esquisse enfin le passage de la Teshouva individuelle à la Teshouva collective et universelle.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ça se passe à la page Lamed Bet, et ensuite Lamed Gimel. On a déjà vu, la dernière fois, le premier paragraphe, qui parlait du thème de la techouva par rapport à une faute précise, ponctuelle. On sait de quoi il s'agit. Le Rav décrit tout un cheminement de techouva dans lequel on se libère de toute une situation d'asservissement à cette faute. C'est-à-dire que la techouva permet à la personne, peu à peu, de se libérer de cette situation gênante au possible, qui est le fait d'être conscient d'avoir fait une faute.

C'est pas du tout évident qu'au moment où on fait la faute, on est conscient de ce que c'est. Quelquefois, ça vient avec le temps. Le Rav nous avait décrit, à ses tout débuts, que la prise de conscience de la faute peut être vécue, il le dit, comme la prise de conscience qu'on est tombé dans un piège. C'est quelque chose qui nous dépasse, qui joue contre nous.

Pour ceux qui ont lu le début de la Genèse, nous savons qu'il y a une adresse chez cette personne, chez cette force qui, quelque part, essaie de faire des pièges à l'homme. Ça s'appelle, au début de Béréchit, sous le nom de... du serpent, du Nahache. C'est quelque chose comme ça. La dernière fois, on avait un peu réveillé quelle est la place de cette force-là dans un monde qui est créé, où il y a un maître qui fait ce qu'il veut.

Et cependant, il y a une place pour cet être-là. Dans la conjecture de l'humanité, ça existe. Il n'y a pas que là que ça existe. On voit tout au long de toute la littérature que cette force-là apparaît. Dans le Sefer Iyov, on voit qu'elle apparaît. C'est une force qui est considérée comme étant présente.

Et dans notre vie de tous les jours, nous savons que, quelquefois, on est un peu dépassé par le fait qu'il y ait une tentation, dont on se demande où elle vient, qui a l'air, quelquefois, drôlement établie. Chacun, dans ses itinéraires personnels, peut plus ou moins parler de ce genre de choses. Baroukh Hachem, ce n'est pas quelque chose dont on est constamment accablé par cette réalité-là, mais ce sont des forces qui existent. Ça dépend à quel niveau ça vient, au point que, quelquefois, on nous dit que, dans certains cas, la faute est inévitable.

Dans le contexte de cette faute spécifique, il peut y avoir quelque chose qui est de l'ordre d'être tombé dans un piège. Le Rav dit ici, à travers le mouvement de techouva que nous faisons, qu'il y a un moment qui s'appelle se repentir sur sa faute. Dans notre texte, à la seconde ligne du premier paragraphe, on parle du fait que la personne se repent. Le texte utilise Oumitharet 'al 'avono. Vous voyez, à la seconde ligne de notre page de droite: Oumit'hareth 'al ha'avon, c'est-à-dire qu'il se repent sur sa faute. Oumit'tsaer, il regrette, il souffre, du fait que Hachem n'a pas... que HaKadosh Baroukh Hou n'a pas... qu'il est tombé dans le piège. Le mot qui est utilisé, c'est: est tombé dans un piège.

Souvent, on voit la faute comme le fait qu'on a laissé des forces intérieures s'imposer en nous, et puis c'est tout. Mais là, c'est dit de façon très claire: c'est un piège, et quand il y a un piège, c'est quelqu'un d'autre qui l'a tendu. Où est-il, cet autre ? C'est un autre. C'est un monde.

Le thème du mal dans la vie est un thème qui n'est pas évident du tout, du tout, du tout. Jusqu'où ça remonte ? Quelles sont les dimensions de cette force-là ? Quel est son droit d'exister ? Pourquoi existe-t-elle ? Il y a toutes sortes de réponses, à différents niveaux, par les plus grands penseurs d'Israël, et les réponses ne sont pas toujours les mêmes.

Il se peut que ce soit une force qui est devenue une force intérieure. Tu demandes si c'est une force intérieure: il se peut que ce soit une force qui, actuellement, est une force intérieure. Est-ce que c'était toujours une force intérieure ? Est-ce que c'est destiné à rester toujours une force intérieure ? Ce n'est pas évident. Quelqu'un peut arriver à un niveau dans lequel il chasse cette force de son intériorité, pour ne la laisser apparaître qu'à l'extérieur de lui-même. Ou bien, dans le cas de Adam Richon, quelque chose qui était visiblement à l'extérieur, mais qui, quelque part, après la faute, s'installe à l'intérieur.

Tu me demandes si c'est une force intérieure. Je te dis ce que je te dis. Dans ma présentation, quand je présente ça, à la suite de ce que dit le Rav, comme une faute dans laquelle quelqu'un est tombé dans un piège, je présente ça quelquefois comme une faute qui est d'une force indépendante de nous-mêmes, extérieure, quelque part. Maintenant, il se peut qu'elle soit au fond de nous-mêmes, tapie en nous-mêmes. On voit, dans l'expérience que, par exemple, Kayin a de la faute: on lui dit « fais attention, en toi la faute est cachée quelque part, elle est tapie ». Il y a une force, une tentation, il faut que tu saches la dominer. Si tu la domines, ça va; sinon, fais attention, parce que ça peut aller très loin.

Dans le cas de Kayin, c'est allé très loin. HaKadosh Baroukh Hou l'a averti, « fais attention », mais finalement il n'a pas réussi à s'imposer.

Dans ce texte-là, le Rav décrit la façon dont quelqu'un se libère de sa faute. Et cette libération de la faute est présentée ici en termes de libération. Et ça, c'est autour d'une faute ponctuelle, qu'il connaît, et sur laquelle il fait techouva.

La seconde partie de ce texte du Lamed Gimel, qui, je crois, n'a pas encore été abordée, parle aussi d'une techouva autour d'un état d'esprit, autour d'une situation dans laquelle il y a une tristesse, une impureté qui s'installe, qui était installée, et qui fait que la personne n'arrive pas à vivre sa dimension d'âme de façon totale, tout ce qui ne va pas. Il y a une description d'un mouvement dans lequel cette personne se libère de cet état d'esprit pour passer à un autre état d'esprit, à travers un mouvement de techouva.

On va essayer, si vous voulez, de rentrer dans ce texte qui n'est pas immédiat, qui n'est pas facile, qui est dans un hébreu quand même très riche. On va essayer de suivre un petit peu le chemin que le Rav nous propose pour avancer dans ce changement d'état d'esprit, vécu à travers une dimension de techouva.

Alors on va lire ce premier texte. Rachamim, si tu veux, tu commences, tu nous lis ça: second paragraphe, Lamed Gimel.

> Midotav outechonotav, outchonot nafchô enan, oulechot baderekh hayecharah, hayecharah, vaharetsouya. Aherouya, arouya, arouya, lemaḥot ḥayim agounim, lanefech teora. Ha'sehalot, ha'skelatot, ha'skelatot, yigassah...

Encore un tout petit peu.

Encore un peu. Très bien. Alors nous sommes tous là, dans notre page du Lamed Gimel.

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