Faute, involontaire et techouva : le chet comme force déviée
Le rav Nahon explique que la faute (chet) est une force vitale mal dirigée, que la techouva raffine plutôt que d'abolir.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Faute, piège et techouva selon le Rav Kook, 54 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre 16 du Hachpat HaTshouva (Rav Kook) : la teshouva n'est pas un retrait du monde mais un moyen de remonter la vie et de lui redonner son sens. Il explique la notion de chet, faute involontaire par mégarde, en la distinguant de l'avon (faute par tentation) et du pesha (rébellion). Il montre que l'élan qui a conduit à la faute contient une force positive qu'il faut réorienter plutôt que supprimer.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je prends le Perek Yud Vet, comme il le faut. D'abord, le Perek Yud Vet, comme le Kotrek. Hachpat HaTeshouva, Al Ma'alche Harouach, Achayim Ve'amahase Bichlam. Donc, Hachpat HaTeshouva: le mot Hachpat, c'est… quatre mots de la Techouva. Al Ma'alche Harouach: sur… la façon dans laquelle évolue, notamment, le cheminement de l'esprit. Hachayim, Ve Hamaseh, Bichlal: c'est-à-dire l'introduction de la techouva dans la vie, de façon générale. Hachayim, Ve Hamaseh, ce n'est pas la vie pratique. C'est Hachayim, Ve Hamaseh, et tout ça de façon générale.
C'est quelle ligne, Rav ? On est au tout début de la page Pé-Bet. Quelle… de quelle vague ? Aleph. Pé-Bet-Aleph. Ça, on a fini, tout ça on a fait. C'était la fin du Yud-Aleph. Tu tournes la page, Pé-Bet, sur ta droite, Pé-Ayin. C'est-à-dire ? Je ne vous ai pas dit ça au début de l'année. Pé-Bet, tu vois ce que c'est Pé-Bet ? C'est-à-dire ?
J'essaierai d'insister sur vous, avec vous, d'acheter des livres, c'est mieux. Une année entière, vous pouvez marquer dessus, c'est bien, c'est tranquille, c'est un néfaste. Vous pouvez enseigner aussi ça aux enfants, aux petits-enfants, aux arrière-petits-enfants. C'est bien. Quand j'étais dans ma famille…
Ça va, Benyamin ? C'est bien ? Cette phrase, je la traduis tout de suite, parce qu'elle traduit l'état d'esprit de tout ce chapitre.
Fais bien, Benyamin, essaie de suivre les mots de près. Accroche-toi avec ça. La techouva, Merima, et Taadam, le Mala. Donc, la Chouva, Merima, élève l'homme, le Mala, Miko, la Chiflouyot, plus haut, au-dessus de… je crois que c'est bien traduit par « au-dessus de », toutes les bassesses qui se retrouvent dans ce monde. Chiflout, c'est la bassesse.
Shafel, c'est bar, l'amour. Seulement, on aurait pu penser, et ça, le Rav insiste beaucoup là-dessus, on aurait pu penser que le fait que je veux m'élever au-dessus des bassesses de ce monde, quelque part, je m'éloigne aussi de la problématique de ce monde. Il dit ve'imze, en même temps que ça, qu'elle nous élève, et ne nunase… Zar la-Olam: l'homme qui vit cette techouva n'en est pas à cause de ça, zar la-Olam, étranger au monde. Et là, en faisant techouva, où mes romains m'immont et ha-Olam et ha-Chayim. Il remonte avec lui, dans son processus de techouva personnel, et ha-Olam et ha-Chayim. C'est-à-dire, il remonte la qualité de la vie.
Il donne un sens plus important au monde, à la vie. Ce n'est pas l'idée de s'écarter du monde. Ce n'est pas l'équité de cet être-là qui grandit dans le spirituel séparé de ce monde. Ce n'est pas le couvreau. C'est l'homme qui fait techouva, qui remonte la vie, mais qui la prend. Maintenant, j'avance quelques phrases.
Apouretz kol gvoul, se garam lachet, hou be yatsmo na seko achay, hou poel gdolot, ve nisgavot le tova velivracha. Ougdoula shel chayim, mi mekor ha kodesh ha ilion, houfefet tamid ala techouva, ve al kol nos'ei digla…
L'esprit de l'esprit de l'esprit de l'esprit.
Il y a, derrière ce qui est dit ici, ce grand message: que la Torah que nous recevons est une Torah trieh. Le Makor de notre Torah, c'est un Makor divin. Le divin, c'est quelque chose qui, quelque part, nous fait sortir d'une certaine façon du commun de la vie. Mais en réalité, c'est le message du Créateur du monde, qui veut la vie.
Et qui est pleinement conscient de toute la potentialité de vie qu'il y a dans la Création. Et la Torah, finalement, a pour but de nous faire vivre un projet de vie qui a été créé par le Créateur. Le Créateur a mis en marche un projet de vie dans une totalité. Il s'agit d'essayer de mettre en vie tous les potentiels de vie qui sont possibles. Ils sont bons.
Donc c'est très, très différent de la position, quand même, de celui qui s'écarte de ce monde pour chercher le spirituel. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas le Tibet.
Otam an etiyot she lachet emizdake chodbo. C'est une phrase qu'il faut analyser doucement, parce qu'elle est extraordinaire. Quand on la comprend, vous allez voir ce qu'il dit, le Rav. Qu'est-ce qu'il dit, le Rav ? Otam an etiyot she lachet, c'est la tendance de la faute.
Hon, Khet, une faute. Mizdak et Chotbo. Qu'est-ce que c'est, Mizdak et Chotbo ? Zah. Hein ? Ça purifie. Ça raffine. Mais comprenez-vous ce qui est dit ici ? Il y a une façon de revoir, je crois que vous en avez parlé avec le Rav Daniel, une façon de voir la faute comme quelque chose de négatif. Mais le mot Khet, c'est une force déviée. Un mauvais tir.
Quand on dit « l'archer est à côté de la cible », quand on tire avec un fusil, un arc, dans une certaine direction, et qu'on rate le but, ça se dit en hébreu Hit'ha'ev … c'est-à-dire que le chet, tel qu'il est présenté de façon générale, ce n'est pas comme une faute délibérée, ce n'est pas un péché. Le chet, c'est quoi ? Le chet, c'est…
Quelque chose qui est shogeg. Shogeg, c'est involontaire. Il y a des degrés dans la faute. Il y a chet, avon et pesha. Chet, c'est une faute involontaire. Avon, c'est une faute volontaire, mais parce qu'on était tenté par quelque chose: à cause de la tentation, on s'est laissé faire. Pesha, c'est plus grave, dans le sens où c'est une espèce de rébellion. Il n'y a même pas une tentation, il y a une négation: c'est être contre le projet divin, disons, dans Pesha. Il y a là un côté, comme ça, de péché qui est être en rébellion contre la Création.
Comment ? Chet, qui est une faute par erreur. Avon, qui est une faute par tentation: s'il n'y avait pas cette envie, je ne le ferais pas. On a mangé un produit interdit par la Torah, mais parce qu'on était habitué à le manger, ou parce que c'est bon. Je prends parce que c'est bon. Je suis tenté à cause de ça, et je n'arrive pas à lutter contre la tentation, alors je fais ce que je fais. Dans le monde de la relation entre l'homme et la femme, ce genre de choses est très courant. C'est une zone comme ça: par tentation. C'est-à-dire que, parce qu'il y a des yetzarim, on n'arrive pas à s'imposer aux yetzarim. Ça, c'est le côté Avon.
Le côté Pesha, c'est la faute en s'insurgeant, quelque part, par rapport à la volonté divine. On est contre. C'est-à-dire ? Mais ici, on est dans la zone du Chet. La zone du Chet, c'est une faute qui a été faite par mégarde. Tu aurais dû faire attention. Mais en réalité, derrière ta volonté, il y avait quelque chose dans lequel il y avait une dimension d'innocence. C'est par inadvertance que la faute a eu lieu. Au départ, je n'aurais pas voulu faire la faute.
Tu vois ? Chaval, j'ai raté. Je n'aurais pas dû faire comme ça, c'est dommage. Disons: je me lève un jour de Chabbat et j'allume ma lampe de chevet …
Cours d'Orot veKelim
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