Le Rambam sur la halakha Moshé Missinaï
Pourquoi certaines halakhot reçues de Moché ne portent pas le nom de halakha Moshé Missinaï, et ce qui les distingue.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le Rambam sur le Talmid Hachem et la contribution à la communauté, 43 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la préface du Rambam à la Michna, en partant de Rabbi Yehouda HaNassi, rédacteur de la Michna, réputé pour la finesse de son hébreu et sa place dans la transmission orale depuis Moshe Rabbeinu jusqu'à lui. Il montre comment la Torah écrite a été complétée par une tradition orale transmise de maître en maître, puis mise par écrit. Le cours distingue les halakhot dont la lecture est unique et reçue de Moshe, comme pri eitz hadar ou œil pour œil, et celles qui relèvent de discussions tranchées à la majorité, sans que l'opinion écartée soit fausse pour autant.
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Cette préface du Rambam était visiblement importante aux yeux du Rambam lui-même. Il savait que c'était important, donc il a travaillé. On sait qu'il y a eu des traductions compliquées. Ce texte a été écrit pour l'élite intellectuelle du monde juif de l'époque, qui parlait en particulier l'arabe. Il a suivi différentes traductions. Il existe une traduction classique des textes du Rambam en hébreu, faite par une famille de traducteurs de son époque, les Ibn Tibbon. Dernièrement, il y a eu d'autres traductions, dont une faite par le Rav Kapah,
je crois. Le Moreh Nevoukhim en tout cas a été traduit. Le Rav Kapah est un Téymanite. Les Téymanim étudiaient les textes du Rambam en arabe. Vous connaissez l'arabe, donc ce sont des gens très forts en hébreu qui connaissent en même temps très bien l'arabe. Le Rav Kapah a fait une très bonne traduction, très précise. Sur ce texte, la Michna, il y a un élève à moi, en physique, qui est un talmid hakham*, le Rav Shenach, qui a consacré du temps à l'étude de l'arabe pour pouvoir,
le jour venu, traduire les grands textes du judaïsme et avoir un accès véritable au texte arabe. Il existe aussi en ce moment, à la bibliothèque, une traduction faite par le Rav Shelat, mais je préfère celle-ci, je vous l'ai dit, parce que le commentaire qui l'accompagne est bien écrit et intéressant.
Dans les éditions que vous avez devant vous, qui sont des éditions du Mossad HaRav Kook, on se retrouve quelque part à la page Kaftor. On a déjà fait ça la dernière fois. C'est à cet endroit que le Rambam commence à présenter l'auteur de la Michna, qui est Rabbi Yehouda HaNassi, fils de Shimon. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais je vais insister sur la qualité de cet homme. Historiquement, vous le connaissez: il avait presque le statut de vice-roi de la Palestine. Ceux qui commandaient ici, c'étaient les Romains, mais le gouverneur romain de l'époque était son frère de lait, c'était Antonin, qui avait têté de la même mère. Je vous ai raconté cela la dernière fois. Et le Rambam présente aussi Rabbi Yehouda, dont il est apparemment un descendant. Ce Rabbi Yehouda HaNassi lui-même serait issu de la dynastie royale.
La dernière fois, je vous avais cité que la qualité de son hébreu était incomparable, au point que tout ce qui gravitait autour de son château était composé de grands hébraïsants. Au point que les talmidei hakhamim de l'époque, quand ils avaient des problèmes de langue, allaient poser leurs questions aux serviteurs de Rabbi Yehouda, et ils obtenaient les réponses. Le commentaire de Rav Kapah le rapporte. Il y avait deux expressions qu'ils ne connaissaient pas très bien: l'une est si rougim, et l'autre matate. Si rougim, c'est peu à peu, pas d'un coup. Matate… Les hakhamim se demandaient ce que cela voulait dire dans le contexte de l'enseignement de la Michna. Ils sont allés poser la question aux serviteurs, et c'est la servante qui leur a répondu.
Je me retrouve au bas de la page Kaftor, quatre lignes avant la fin, dans le texte central de cette quatrième ligne: Véya tsa'h lachon. Vous voyez ? Quatre lignes avant la fin de la page Kaftor. Prenez-la au début, hein, faites attention, parce qu'il y a plusieurs livres dans ce volume. J'espère que c'est la première page Kaftor que vous trouverez et pas une autre. Faites attention. Je vous présente les choses comme ceci.
Je lis. Le Rambam le présente: Rabbénou HaKadoch, Hoshmou Yehouda. Ensuite, parmi les qualités de ce grand homme: Véayah tsa'h lachon, ou muflag mikol adam belachon hakodech. Il parlait une langue pure, claire, ou il était d'une excellence supérieure, plus loin que les autres, de loin supérieur aux autres dans la connaissance de l'hébreu, hakhamim, alem hashanah, jusqu'au point que les hakhamim, sur qui la paix repose, ayou lomdim, perouch, mash, ve-nishtabesh alem belachon hamikra. Ils apprenaient ce qui était difficile pour eux dans les textes de l'hébreu, midivré havadav ou meshartav, les conversations avec ses serviteurs.
C'est une chose connue dans le Talmud. Le Rambam nous dit que cet événement, dans lequel les hakhamim ne connaissaient pas certains mots, est rapporté dans le traité Roch Hachana: ils sont allés chez sa servante qui leur a expliqué. J'avance au bas de la page.
Ava atir, min chabour malka, qui était riche et plein de possessions, de biens. Roch hava yechol, avec une puissance extrêmement étendue. Roch hav, c'est la largeur de capacité, la puissance d'action. Kemoshane marbo, ahouré adérabi, c'est celui qui était le palefrenier de Rabbi, qui s'occupait en fait de tenir son étable. Ava atir, min chabour malka: il était plus riche que l'un des grands riches du bassin méditerranéen, qui était chavouot malchah. Il y avait donc beaucoup de richesses, beaucoup, beaucoup d'argent. Vechen, yirchiv ou alanché chochma, ou mevachéa, veribetz Torah beYisraël. Je lis quelques lignes et je traduis ensuite. Vé'assaf… Je me trouve à la troisième ligne de la page Lamed. Vé'assaf…
Ha'alachot vedivrei hachachamim, vei hameachlokot ha mekoubalot miyemot Moshe Rabbeinu ad yemotav, vei ya'ou be'atzmo min ha mekablim, shou kibel mi Shimon aviv, vei Shimon mi Gamliel aviv, vei hu mi Shimon aviv, vei hu mi Gamliel azaken, vei hu mi Shimon, vei hu mi Hillel, vei hu mi Shmaya vei Avtalyon rabotav, vei hem mi Yehouda ben Tavai vei Shimon ben Shetah, vei enam mi Yehoshoua ben Perachya, vei ben Tabbaï…
…et de Yossi ben Yo'ézer, le Rishon Tsérera, et de Yossi ben Yo'hanan, et d'un autre, de l'anti-gnostique Soukho, et de Shimon HaTsadik, et d'un autre.
Pour comprendre ce qui est dit ici, dans le sens de l'enseignement que nous donne Rabbi Yehouda ici, c'est l'enseignement qui est arrivé chez lui par le biais classique de la tradition, telle que la tradition s'était imposé la discipline de transmettre ces choses-là avec une énorme exigence.
La façon dont les hakhamim transmettaient la tradition à l'époque, quand ce n'était pas encore écrit, c'était, il faut le dire, une vérification permanente, une mise à l'épreuve de l'élève, et cela allait très loin. Pendant un certain temps, comme vous le savez, une partie de la Torah était effectivement transmise de façon orale. La Torah se présente de deux façons: il y a la Torah écrite, et il y a tout le volume énorme de connaissances qui accompagnent la Torah écrite et qui nous permet, finalement, de transformer cette Torah écrite en comportement halakhique concret. C'est tout le monde de la Michna et de la halakha, qui accompagne le message de la Torah écrite et qui a été transmis très longtemps oralement.
Donc il dit: Vé'assaf ha'alachot. Je prends la troisième ligne: Vé'assaf ha'alachot. Il a recueilli les halakhot, telles qu'elles étaient dispersées dans les connaissances de tous les maîtres de son temps, et les paroles des hakhamim, et les paroles sur la façon dont la halakha était discutée par les hakhamim dans leurs débats autour des sources qui étaient celles de la Torah écrite. Cette Torah écrite, il nous en parlait, il en reparlera aussi. Quand elle …
Cours d'Orot veKelim
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