Le prophète et le Rambam : la névoua selon le Rambam
Le Rambam distingue le vrai prophète du faux et explique ce que la prophétie apporte à l'étude de la Torah.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Rambam : pourquoi la émouna en Moshé est définitive, 43 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le début de l'introduction du Rambam aux Chapitres (Akdama de la Michna), en partant de la question de ce qui fait qu'un homme est reconnu comme prophète. Il distingue l'exégèse et le raisonnement halakhique, qui relèvent de la méthode des middot, de la prophétie proprement dite, qui ne change rien à cette méthode. Il montre que le miracle ne suffit pas à authentifier un prophète, et qu'un faux prophète peut prétendre parler au nom de D.ieu tout en proposant un culte idolâtre.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, alors, si vous voulez, on prend notre texte, Hakdama la Michna. C'est au tout début du livre, à la page 10. Si tu veux, Gabriel, tu commences à lire en levant la voix. Vida, à droite, c'est à droite.
— Chassou Rav Innaz et Rav HaShouk. Aval, mitkhon al-Navi oufalu be'Nidlo. Im tishal al-Av. Hou chen avshi min na'akarim agdolim ha'atzumi, shalei mishan adad b'Yisro. Va'ani roue, shezeh hamakom ha'ou levaher bo al-karad. Ve'iey efshar ila ahareh asher nekhareh. Ta'anat ha tshakhes ha tshakhes al-Nidliyem le Nidlo. Wa meti titgag, tit… Titdag. Titdag.
Alors, comment ça peut être ? Continue encore une fois, s'il vous plaît.
Bon, alors on va reprendre un peu ce qu'il dit. Donc, clairement, ce n'est pas le fait d'être prophète qui peut nous aider à faire avancer la façon de raisonner à partir des données que nous avons devant nous,
en utilisant les méthodes de l'exégèse, les méthodes des Yud Guimel Middot, pour tirer des conclusions nouvelles sur des problèmes nouveaux de la halakha. Ce n'est pas grâce à la névoua que ça va se faire, parce que la névoua n'est pas là, ça ne sert pas. Dans la façon d'expliquer la Torah, dans la façon d'expliquer la Torah,
et non plus dans la ramification, c'est-à-dire dans l'extension des problèmes de halakha autour des mitsvot, en utilisant les Yud Guimel Middot, qui sont les middot à travers lesquelles on peut faire un exercice. Aval. Et, bli neder, on a dit qu'on essaiera à un moment donné d'ouvrir ce thème des Yud Guimel Middot, et de voir des exemples dans lesquels on peut les utiliser. Aval.
Benyana, Yun, Ve'asvara, ce qu'ont fait Yehoshua, qui est un prophète, ou Pinhas, qui est aussi un prophète. Benyana, Yun, Ve'asvara, au niveau de la façon dont ils ont analysé les textes pour en tirer des conclusions. Yun, c'est une analyse, une réflexion. Ve'asvara, une pensée autour de ça, des conclusions intellectuelles, de raisonnement.
Ce qui a été fait par Yehoshua et Pinhas, qui sont des prototypes de Neviim, ou chez Ravina, Avera, Vaché, c'est la même chose qui a été faite par des gens qui n'étaient pas prophètes, qui étaient des prototypes de Talmidei Chachamim, des maîtres de Bavel. Mais la façon de procéder, aussi bien de l'un que de l'autre, en utilisant les Yud Guimel Middot, est la même. Ce n'est pas parce que Yehoshua est prophète que ça change quelque chose.
Alors, le navi, c'est quoi ? En quoi le côté navi joue-t-il ? Peut-être, on va voir, on va voir. Aval, Yitron, un navi, ou'fa'alo bamitsva. Yitron, l'avantage, ce qu'il a. En plus, quand c'est un navi qui le fait: Yitron, un navi, ou'fa'alo bamitsva, et sa façon d'agir dans la mitsva.
Im tishal alav, si tu demandes. Im tishal alav, regardez en bas. Je lis avec vous, en bas, le commentaire. Hey, sh'yagidou lécha… C'est ça, Gabriel ? Sh'yagidou lécha, emmatay, ou be'elot na'im, yeshlo le Navi, yitaron, ve'ashpa'a ala mitsvot. On croit le fait que c'est un navi.
Fait que, à travers son intervention, les mitsvot vont être vécues d'une façon différente, et cela va jouer sur les mitsvot. Réponse: Hou, Yitaron, Im tishal alav, Hou, Khenavshi. Khenavshi, c'est par mon âme. Mina ikarim agdolim ha'atzumim, parmi les principes extrêmement essentiels.
Mish'an adat ve yesodah, sur lequel mish'an repose, s'appuie, bien: adat, notre émouna, notre religion, ve yesodah, et sa base même. Et le Rambam va commencer ici, sur place, à présenter les choses: Ve ani rohe shezei hamakom ra'oui laverer ho yikra. Bon, Ani rohe shezei hamakom, maintenant je sens que—
on est arrivé à un moment, dans mon exposé de la façon dont la Torah s'est transmise à l'intérieur d'Israël, de parler de cette dimension-là: la façon dont on intervient pour élargir le champ d'utilisation des mitsvot à des cas plus généraux, beaucoup plus… C'est le moment de parler de ce grand principe.
Et il y a là, après Achar nechalek, Tanah, Tahitieches, Neviim, la névoua. Mais cela ne peut se faire qu'après que—il utilise le mot nechalek, regardez: nechalek, c'est-à-dire présenter les différentes makhlokot, les différentes façons de voir à propos de la névoua. Comment est comprise la névoua à l'intérieur d'Israël par les différents penseurs ?
Acherni chalek, taanat, itiaché sanévim, la névoua. La façon dont un homme qui est considéré, connu comme prophète—en quoi est-ce un prophète ? En quoi puis-je dire que cet homme est un prophète ? Comment cet homme se relie-t-il à la prophétie en soi ? On va voir ce qu'il va nous dire. Oubamé, titzdak névoua. Et en quoi ?
Titzdak, c'est dans le sens de: il dit ici, il propose tit'amet, c'est-à-dire apparaît comme véritable. C'est-à-dire: dans quel cas la névoua est-elle dans des situations où l'on voit que c'est vraiment de la névoua ? Il va en parler, par exemple: dans quelles conditions quelqu'un, à l'intérieur d'Israël ou à un certain moment, est-il connu comme navi ?
Qu'est-ce qui a fait que cet homme est devenu quelqu'un qui, aux yeux de tous, est accepté en tant qu'navi, et qui, à la suite de cela, a droit à des prérogatives que n'ont pas d'autres personnes ? Oubamé titzdaka névoua. Chezek Moshé nikar gadol. C'est aussi un principe extrêmement important que de savoir dans quel cas on peut dire qu'une névoua est une névoua authentique. Et ce sujet est un sujet, disons, délicat. Dile Rambam. Oukvar chagou boko lamona adam.
Chagou vient du mot chgia. Chgia veut dire, comment ? Une faute, une erreur. Ok ? Les gens se trompent sur, en général, quel est le critère de la névoua authentique. Gam etemispar midouem veut dire aussi un grand nombre, ou un certain nombre, disons.
Les plus fameux penseurs liés à la névoua. Voyez, par exemple, l'exemple qu'il va donner. Un exemple de ces grands penseurs qui présentent comme critère de la névoua quelque chose qui, en fait, n'est pas vraiment acceptable. Il donne l'exemple de Saadia Gaon, dans son livre sur la émouna: Chelefi da'ato. Daïlo le navi le ochia hamitat névouato obeasoto otumofet. C'est-à-dire qu'il suffirait à un prophète d'accompagner sa névoua d'un prodige, d'un miracle, et que, sur la base de ce prodige, on doit l'accepter en tant que prophète.
C'est ce que dit Saadia Gaon. Et ce n'est pas, comme on le verra, ce que dira le Rambam. Il se peut que les prophètes aient fait des miracles. Mais la capacité de faire un miracle pour quelqu'un est-elle suffisante pour qu'on l'accepte en tant que prophète, et qu'il dise: « Ce que je dis va se passer comme ceci et comme cela » ? « Si vous voulez la preuve, je vous fais un prodige maintenant. » Et il le fait.
Est-ce que, voyons, on voit en fait que, quelquefois, des Neviim, quand ils parlent devant des rois, leur disent: « Tu me demandes un prodige, je te montrerai » ? Ils parlent comme ça. Tu vois, Ésaïe, par exemple, s'adresse à certains rois de Judée en leur disant: « Tu veux une preuve que ce que je te dis va …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Introduction à la Michna de Maïmonide. Transmission de la Torah orale, structure de la Michna et fondements de la loi juive.
- 2
Le Rambam et l'ordre des traités de NezikinPourquoi Baba Kama, Baba Metzia et Baba Batra forment un seul traité, et pourquoi Masseh Avot clôt Nezikin. - 3
Torah et kedousha : le peuple, le nombre et la communautéPourquoi Hillel interdit de se séparer de la communauté, et comment la kedousha s'attache au peuple et au nombre. - 4
Moshe Rabbeinu et la transmission de la Torah oraleComment la Torah est passée de Moshe à Yehoshoua, puis aux enfants d'Aaron, pendant les quarante ans du désert. - 5
Prophétie, Torah et raison : le Rambam sur le rôle du naviLe prophète n'a pas plus de force que le sage pour interpréter la Torah ; sa prophétie ne sert qu'à juger ce qu'il annonce. - 6
Le prophète et le Rambam : la névoua selon le RambamLe Rambam distingue le vrai prophète du faux et explique ce que la prophétie apporte à l'étude de la Torah. - 7
Rambam : pourquoi la émouna en Moshé est définitiveLe Rambam explique que la émouna née de Matan Torah ne dépend pas des miracles et ne se remet pas en question. - 8
Le Rambam et la place de la halakhaLe Rambam classe les savoirs humains et explique que chaque chose existe pour une raison à découvrir. - 9
Le Rambam et le monde intérieur de l'hommeComment le Rambam décrit le travail intérieur de l'homme et sa place dans la Torah. - 10
Le Rambam, les fondements de la Torah et la prophétiePourquoi les mitsvot nous obligent : la prophétie, source de la Torah, selon Ilchot Yesodé HaTorah. - 11
Pirké Avot 3:1 : d'où tu viens, où tu vas, devant quiTrois repères pour ne pas fauter : l'origine, la fin, la grandeur du Créateur, expliqués par le Rambam et le Ramban.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav