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La douleur de la faute ne doit pas devenir tristesse

Le Rav montre comment la souffrance de la prise de conscience purifie, sans engloutir toute la personnalité dans la tristesse.

42 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Quand la techouva éveille la lumière de la neshama, 53 min

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan explique qu'il faut ressentir la douleur de la faute sans sombrer dans la tristesse, car la tristesse se propage comme un cancer sur toute la personnalité et détourne de la techouva. Il distingue la souffrance ponctuelle, qui purifie comme un feu et signale qu'un problème doit être traité, de la tristesse qui envahit tout l'être. Il rappelle enfin que l'âme reste pure et que la douleur de la faute est le signe d'une sensibilité retrouvée.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous devons très bien nous préoccuper de la douleur, mais pas d'une douleur si grande qu'elle empêche la techouva de descendre dans les profondeurs de l'esprit. La douleur se présente comme une maladie qui éloigne tous les côtés du corps et de l'esprit, qui éloigne complètement le cœur, et qui fait que la douleur s'écarte de la puissance de la techouva, de la même manière qu'il y a des parties éloignées.

On va dire à traduire. Il faut énormément faire attention de ne pas tomber dans la tristesse. C'est le piège typique. On commence à faire techouva et donc on se sent mal dans sa peau du fait qu'on s'est mal comporté, et on sombre dans la tristesse. C'est très très grave. On fait très attention à Nakhon. Mais il arrive très souvent que, étant répugné par notre comportement, avec un dégoût profond de notre comportement, et que l'on veuille changer, cela entraîne en nous une tristesse profonde.

Donc le Rav dit qu'il faut faire très attention à ne pas tomber dans la tristesse. Ça va ? Ça va. Ava lobe midak doha kazouchi divinatora techouva velar doha etama kineshama. Entre parenthèses, mais évidemment pas au point d'empêcher totalement la possibilité de faire techouva. Chéaz, car, c'est-à-dire, si on ne fait pas attention à ne pas tomber dans la tristesse...

Ce qui risquerait d'arriver, c'est que la tristesse se propage dans toute notre personnalité comme une maladie, on va dire comme un cancer. Car la faute fait mal au cœur, et entraîne la tristesse à devenir le citoyen essentiel de notre personnalité, et cela se transforme en amertume, etc., etc.

Qu'est-ce que cela veut dire, tout cela ? Est-ce que c'est naturel de se sentir mal quand on fait du mal ? Oui, c'est unanime. C'est tout à fait normal. Donc avoir mal, c'est tout à fait normal. Le problème, c'est d'hypertrophier le mal. Et cela arrive très souvent aux petits enfants. Un petit bébé, un petit enfant qui s'amuse...

Il s'est piqué par erreur avec quelque chose. Une goutte de sang commence à couler de son doigt. Il voit la goutte de sang, il commence à pleurer, il chiale, il est dans le désespoir total. Il est persuadé qu'il va mourir. Il hurle: « Maman, je vais mourir ! » Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Cette petite douleur, qui est locale, il en a fait toute sa personnalité. Là, je prends le cas d'un enfant, mais quand je parle d'un enfant, ce n'est pas un enfant du point de vue de l'âge.

Ça peut être un enfant qui a 70 ans, c'est-à-dire quelqu'un qui ne s'est pas habitué à faire la part des choses. Il rencontre un problème, il succombe devant le problème, il ne sait plus comment s'en sortir, il commence à couler dans les sables mouvants du désespoir. Ce qu'il faut savoir faire dans la vie, c'est savoir que, quel que soit le problème, ce problème n'est qu'un problème. Ce n'est pas toute la personnalité.

C'est vrai que ça fait très mal. On ne te demande pas d'être un fakir. Non, ce n'est pas grave. Ça fait très mal, donc prends ça aux sérieux. Mais où ça fait mal ? Tu as mal au genou ? Ça fait très mal. L'autre genou, il va bien ? Le ventre, il va bien ? La tête va bien ? Le moral va bien ? Tu es encore marié, tu as des enfants, tu gagnes ta vie. Tout est bien. Il y a juste un petit problème ponctuel, une hypertrophie du problème.

Ce n'est pas le Brastev qui dit, c'est la Guémara: Kol Madavid Rahamana Le Tamavid. Tout ce que Dieu fait, c'est pour le bien. Il y a quelque chose de flou dans l'histoire. Bien et mal ne sont pas des concepts subjectifs; ils sont subjectifs mais objectifs absolus. Ça veut dire: ce que tu entends par le mal, c'est que ça me fait souffrir. Quand je bois un médicament très amer, c'est désagréable, et pourtant...

C'est bien ou ce n'est pas bien ? C'est bien. Donc tu vois qu'il n'y a pas de rapport entre bien et agréable, entre souffrance et agréable, entre souffrance et mal. C'est exactement ça le problème. Ressentir la souffrance, c'est tout à fait normal. On ne te demande pas d'être un fakir. Tu as une sensibilité, et ce n'est pas pour rien que Dieu t'a donné des sens et des nerfs pour ressentir. Quand tu mets la main sur le feu, ça brûle. Et pourquoi Dieu a-t-il fait en sorte que, quand tu mets la main sur le feu, ça brûle ?

Pour que tu retires ta main. C'est la seule conclusion qu'il faut en tirer. Tu es tombé par terre, tu t'es égratigné, tu as du sang là, sur le genou. Qu'est-ce qu'il faut faire ? S'asseoir par terre, chialer, pleurer et désespérer ? Non. Tu nettoies, tu désinfectes, tu mets un pansement, et tu continues de marcher. Les souffrances qui existent, qu'elles soient corporelles ou psychiques, sont là juste pour te signaler qu'il y a un problème technique qu'il faut résoudre, et surtout pas sombrer dans le problème.

Ce n'est pas parce que tu as un bouton dans le genou que toute ta personnalité est devenue un bouton dans le genou. Fais la part des choses. Occupe-toi très sérieusement, sans mépriser, sans dédaigner. Tu as besoin de désinfecter, tu dois te reposer, tu dois faire tout ce que tu veux. Cent pour cent de l'attention que tu donnes, ponctuellement, sur le genou. Mais tout le reste de ta personnalité est encore parfait. Alors pourquoi sombres-tu dans le désespoir et la tristesse ? Quel rapport y a-t-il entre la souffrance et la tristesse ?

Aucun rapport. Il peut y avoir de la souffrance, et il peut y avoir une souffrance qui crée de la joie, ou bien qui découle d'une joie. Je vais te donner un exemple. Hachem, très bientôt tu vas te marier. Amen. Dis Amen. Amen. Et le jour de ton mariage, tu vas danser sur la piste toute la soirée. Tu auras des pierres en compote, un mal de pied terrible. Est-ce que pour autant tu vas être triste ?

Qui pense à ses pieds le jour de son mariage ? Tu dis à tes pieds: « Restez en silence, ce n'est pas aujourd'hui, vous me lâchez la jambe, souffrez en silence. Aujourd'hui je dois être joyeux, je dois danser. » Il n'y a aucun rapport entre mon état d'âme de joie et le fait que je souffre des pieds, parce que ce n'est pas une situation triste. Avoir mal aux pieds, ce n'est pas un désastre. Divorcer, c'est un désastre.

Ce n'est pas la fin du monde, mais là, on peut reprendre au plus bel. C'est un désastre qu'on peut surmonter, mais c'est un désastre. Avoir mal au pied, avoir une blessure, c'est un problème ponctuel. C'est clair ? Donc, de la même manière que du point de vue corporel on apprend à un petit enfant à ne pas sombrer dans la tristesse et dans le désespoir à cause d'un petit problème, de même dans …

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