Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Les tsadikim clairvoyants et les écrans de la lumière

Pourquoi certains voient le monde comme essentiellement bon, et comment le mal sert de filtre à la lumière divine.

1 h 22

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : L'amour d'Israël selon la Kabbale : la divinité dans le peuple, 38 min

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan commente le passage du Rav Kook sur les tsadikim clairvoyants (béhirim), qui voient le monde comme fondé sur le bien et considèrent le mal comme des écrans qui tamisent la lumière divine pour la rendre supportable. Il distingue les grands tsadikim, qui voient l'existence telle qu'elle est, des tsadikim de second rang, qui souffrent de la réalité qu'ils perçoivent comme obscure. Il conclut par l'idée que la rédemption est un processus déjà engagé depuis une centaine d'années, auquel chacun contribue par son travail quotidien et par le respect minutieux de la halakha.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est bon ? Pashkuk, Tamet, Dalet.

Alors, on traduit déjà. Les tsadikim clairvoyants, béhirim. Il précise « clairvoyants », ce qui laisse sous-entendre un autre genre de tsadikim qui ne sont pas tellement clairvoyants.

Il ne voit pas les choses comme elles sont, mais il les voit avec une cataracte. Donc, at-tsadikim béhirim, Che-roéhim et kol ha-olam lidon metov. Ces tsadikim, ils voient que le monde est essentiellement bon. Mais le mal est à côté. Il purifie tout. Roéhim et kol ha-olam lidon metov. Lidon est jugé, fondé.

C'est fondé sur le bien. Il purifie tout, grâce à la clarté de leurs pensées, et aussi grâce à la bonté de leur volonté pure. Ils écartent, ils nettoient, ils mettent de côté

toutes les choses du monde qui ne sont pas bonnes, les choses esquintées, abîmées. Toute la méchanceté, toute la cruauté, à leur base, s'en fondent. Ça veut dire qu'ils considèrent toute la bêtise, toute l'idiotie, toute la méchanceté qu'il y a dans ce monde

comme des masakhim.

— Des masakhim ? Des… Des coques ? Des quoi ? Des coques ?

— Non, pas des coques. Un écran, un écran.

— Des écrans ?

— Des écrans. Chemrak mitakni mitazra taor, qui ces écrans-là améliorent la diffusion de la lumière. Ils considèrent toutes les choses négatives qu'il y a dans ce monde comme des écrans,

en tant que ces écrans, qui en fait ne font qu'améliorer la diffusion et le profit de la lumière. Et ils permettent à cette lumière de bien éclairer le monde, mais en aucun cas elle ne l'abîme, ne la détruit.

Vous avez compris quelque chose à part la métaphore ? La métaphore elle est claire, ou même pas ?

Alors on va dire ça dans des mots plus simples, et après on va expliquer. Ce Rav dit qu'il y a des tsadikim qui sont béhirim, qui sont clairs, qui sont clairvoyants. C'est-à-dire qu'ils voient l'existence telle qu'elle est. Et donc ils en arrivent à la conclusion que ce monde est parfait, qu'il est bon, qu'il est fondé sur la bonté. Mais alors, ils sont aveugles ? Ils ne voient pas tous les problèmes ?

Ils ne voient pas les guerres sanglantes, les cruautés, les manigances, toutes les saletés, les crapulries qu'il y a dans ce monde ? Évidemment. Ce ne sont pas des rêveurs. Ce n'est pas Candide de Voltaire, qui disait: « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Ce sont des gens qui sont au courant de tout ce qui se passe, qui sont très clairvoyants et très perspicaces. Et malgré tout, ils considèrent que ce monde est bon. Il est parfait.

Donc il va expliquer comment cela marche. Grâce à la clarté de leur pensée, de leur conception, de leur compréhension, et grâce à la luminosité, la lumière du bien qu'il y a dans leur volonté, ils arrivent à écarter tous les aspects négatifs qu'il y a dans ce monde.

Comment est-ce qu'ils font cela ? Parce qu'ils comprennent, en fait, que la lumière divine qui apparaît dans ce monde est tellement forte

qu'elle risquerait de nous aveugler et de détruire ce monde, tellement elle est forte. Il y a donc besoin de quelques abat-jours pour qu'on puisse profiter de cette lumière. Vous comprenez que si on était dans cette salle et qu'il y avait un spot qui fait, je ne sais pas, cinquante mille watts, on serait ébloui, les yeux écarquillés, on n'y verrait rien du tout. On ne pourrait pas profiter de cette lumière.

Donc, pour qu'on puisse profiter de la lumière, il faut un petit peu l'amoindrir, la cacher. Tout reste à savoir quelle est l'intensité de la lumière. Si tu es dans une pièce dans laquelle il y a un spot qui fait 50 000 watts, évidemment que tu as besoin de mettre de grosses couvertures dessus pour assombrir un petit peu cette lumière, pour que tu puisses en profiter, lire et te comporter comme il faut dans la chambre.

Maintenant, si dans cette chambre il y a une petite ampoule de 10 watts, tout juste si tu arrives à lire, et que quelqu'un essaie en plus de mettre une couverture sur la lumière, alors c'est en kikinant, c'est exaspérant, ça énerve.

C'est clair ? On reste à savoir quelle est l'existence dans son objectivité absolue. Est-ce que dans ce monde il y a énormément de lumière divine, qui est tellement grande qu'elle ne peut pas être accessible à nous ? On ne peut pas y accéder, tellement elle est grande. Donc il y a un besoin de l'amoindrir. Ou bien, l'intensité des lumières divines est déjà assez faible comme cela, donc n'en rajoutons pas. Ça énerve.

Maintenant, pour être capable de voir l'existence telle qu'elle est, encore faut-il être clairvoyant. C'est vrai qu'il y a des gens qui ont toujours l'impression qu'il fait gris. Ils sont en plein Jérusalem au mois d'août, ils voient gris comme si on était à Londres. Ils ont un petit problème: ils ont une cataracte. C'est une petite… on appelle ça… une membrane sur les yeux. Ils ont l'impression que tout est obscur.

Ça s'opère aujourd'hui, une cataracte, très facilement. Il y a un voile sur les yeux, et tu vois toujours gris. Un beau jour, tu vas chez le docteur, il t'enlève la cataracte: oh, que le monde est beau, que les couleurs sont vives !

Tu as l'impression de dévoiler un nouveau monde que tu n'avais jamais connu. Rien n'a changé, c'est toi qui as changé. Tu avais un cache-œil jusqu'à présent, et maintenant tu vois l'existence telle qu'elle est.

Les très très grands tsadikim, les plus hauts tsadikim, les géants qui sont parmi nous, eux, n'ont pas de cataracte sur les yeux.

— Hein ?

— Ouais.

Pas nous seulement, encore nous c'est… Et même des tsadikim qui en ont,

mais qui sont des tsadikim de deuxième choix, pas de premier choix. Il y a différents niveaux. Même dans la prophétie, il y a différents niveaux. Moshe Rabbeinu, ce n'est pas Ishaya. Ishaya, ce n'est pas très hasard. Il y a différents niveaux. Dans tout, il y a des niveaux. Même dans les tsadikim, il y a des niveaux différents.

Donc il y a des très très grands tsadikim qui ont réussi totalement à épurer leur volonté. Ils ne veulent que le bien.

Ils n'ont qu'un seul intérêt dans leur vie: voir apparaître le développement divin dans ce monde. Ils voient donc le monde de la même manière que Dieu le voit. Ils attendent de ce monde et espèrent de ce monde exactement le même espoir que Dieu a de ce monde. Il y a presque une différence entre leur volonté et la volonté de Dieu. Mais ces gens-là arrivent à se hisser et à voir l'existence telle qu'elle est, et non pas de manière subjective, rapetissée, à la mesure de leur conception,

mais telle qu'elle est. Ce sont de très grands tsadikim, et ils se rendent compte qu'il y a une lumière extraordinaire dans ce monde. Et à plus forte raison notre génération, qui est la génération de la rédemption du …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

L'âme collective d'Israël. Ce qui fait la singularité du peuple juif à travers les sources de la pensée du Rav Kook.

  1. 5
    Quand la techouva éveille la lumière de la neshama
    Pourquoi le dégoût de soi qui surgit au début de la techouva est un signe de délivrance, selon Orot Israël.
    53 min
  2. 6
    Le cœur de l'humanité et la techouva divine
    Comment la techouva traverse toute existence, et comment elle se manifeste en pensée chez l'homme, selon Orot Israël.
    59 min
  3. 7
    Ne pas s'enfermer dans ses habitudes
    Rav Benshoushan montre comment l'habitude devient une servitude, et pourquoi il faut garder l'essence plutôt que la forme.
    34 min
  4. 8
    La chute d'un idéal et sa remontée
    Comment un idéal pur s'enlise dans le matérialisme, puis renaît, à partir de l'exemple d'une association caritative.
    1 h 02
  5. 9
    Les tsadikim clairvoyants et les écrans de la lumière
    Pourquoi certains voient le monde comme essentiellement bon, et comment le mal sert de filtre à la lumière divine.
    En cours de lecture
  6. 10
    L'amour d'Israël selon la Kabbale : la divinité dans le peuple
    Pourquoi aimer le peuple juif tient à la présence divine en lui, et non à un sentiment de groupe.
    38 min
  7. 11
    L'âme, le corps et le risque de s'envoler
    Pourquoi une élévation de l'âme trop haute laisse le corps et les midot à l'abandon, et comment la techouva remet les choses en ordre.
    50 min
  8. 12
    La techouva de la pensée, avant même l'acte accompli
    Pourquoi les remords et la résolution comptent déjà, même quand la réparation reste à faire.
    45 min
  9. 13
    Le pain de tristesse et le manger avec élévation
    Comment manger dans l'élévation, et ce qu'il advient de la nourriture mangée sans intention, selon Orot Israël.
    51 min
  10. 14
    Tristesse, faute et âme blessée selon Orot Israël
    Pourquoi la tristesse surgit sans cause apparente, et comment la techouva soigne l'âme d'abord par le corps.
    39 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav