Comment choisir son conjoint selon la Torah
Les deux critères du choix : ressemblance objective puis bon cœur, avec l'exemple d'Éliezer et de Rivka.
Rav Shlomo Aviner
Ensuite : Comment choisir sa compagne : vertu et bon cœur, 56 min
En bref
Le Rav Shlomo Aviner explique comment choisir son conjoint : d'abord un « champ des éligibles » défini par la ressemblance (âge à un tiers près, appartenance religieuse, sionisme, milieu intellectuel) et la vertu, en particulier le bon cœur. Il insiste ensuite sur l'attirance mutuelle, tout en rappelant qu'aucun critère magique ou superstitieux (dates, numérologie) ne garantit le bonheur. Le cours s'achève sur la conviction que la réussite du mariage dépend surtout de ce qu'on construit ensuite, par le devoir, le travail et l'apprentissage de l'amitié.
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Et donc, réalisons à chaque fois un problème. Et cette fois, comment choisir votre conjoint, la compagne de vos jours, qui vous apportera le bonheur ? Il y a deux critères: un critère objectif, et un critère subjectif. Le critère objectif s'analyse avec des instruments de l'ordre de l'intelligence. Le critère subjectif relève de l'affectivité, c'est un critère personnel.
Tout d'abord, le premier critère, objectif, c'est qu'il y ait quelqu'un qui vous ressemble, qui se ressemble. Quand on est trop différent, les sources de conflits, de discussions pénibles et de tensions coûtent un grand prix, et le principal payeur des pots cassés, ce sont les enfants. Il faut donc être semblable. Il y a une controverse à ce sujet entre les spécialistes du mariage: certains prétendent, comme je l'ai dit, qu'il faut se marier avec quelqu'un qui vous ressemble afin de bien s'entendre, c'est l'homogamie. D'autres disent non, l'hétérogamie: il faut être différent, afin de se compléter.
La première théorie est beaucoup plus fondée. Il faut être semblable en âge, avec une marge d'un tiers de part et d'autre. Si vous avez trente ans, il faut vous marier avec une fille qui en a vingt ou quarante. Un tiers, ce n'est pas grave. Si vous avez douze ans, une fille qui en a neuf ou quinze.
Parce que sinon, il y a un décalage d'intérêt, de vitalité. Vous pouvez vous poser le verre à côté, et ça dérange, à chaque fois, le bruit. Il faut aussi la même idéologie. Si vous êtes religieux, il faut vous marier avec une fille religieuse, sinon il y aura des conflits. Il y aura aussi des conflits quant à l'éducation des enfants, qui vont se sentir tiraillés dans les deux sens.
Si vous êtes sioniste, avec une fille sioniste, sinon, encore une fois, il y aura des conflits, des tiraillements, des doutes: dans quelles écoles envoyer les enfants, etc. Si vous êtes un intellectuel, mariez-vous avec une fille intellectuelle, sinon vous n'aurez pas avec qui parler, et vous ne l'estimerez pas. Or il faut estimer la personne avec qui vous vous mariez.
Alors, estimez. En hébreu, c'est le kavod, il faut respecter votre femme. Mais vous ne pouvez pas la respecter artificiellement. Si au fond de vous-même vous ne l'estimez pas, si vous la méprisez, vous ne pouvez pas faire semblant de l'estimer à perpétuité. Et l'essentiel de l'estime, évidemment, c'est la vertu. Il faut vous marier avec une fille vertueuse. Et la vertu principale, c'est le bon cœur. Quand on a un bon cœur, on s'arrangera, on arrivera à surmonter tous les problèmes.
Vous voyez qu'Abraham a confié à son serviteur Eliezer la délicate tâche de trouver une femme pour son fils. Tâche cruciale pour l'avenir de toute la population, et de toute l'humanité. Parce que ça ne suffit pas, Yitzhak. Il faudrait encore savoir qui sera sa femme, vous voyez ? Nos voisins qui habitent dans la rue ont le même grand-père, Abraham, mais pas la même grand-mère, Sarah et Agar. C'est ça qui fait la différence.
Donc, les qui connaissaient très bien les âmes avoisinantes, qui s'y connaissaient très bien en jugement, Mon chemin, vraisemblablement, était perplexe. Quel genre de fille trouver ? Une fille riche ? Bagatelle. Une fille belle, vêtue, avec plusieurs années d'université ? Ce n'est rien. Je vais chercher une fille qui a mon cœur. Je lui demanderai: « Pardon, mademoiselle, ça ne vous dérangerait pas de m'apporter un peu d'eau à boire, s'il vous plaît ? »
Et si elle me répond: « Oui, je vous apporterai de l'eau, à vous, à vos amis et à vos chameaux », si elle me dit ça, c'est gagné. Et c'est ce qui s'est passé. Le type la questionne, la regarde courir, depuis, et verser de l'eau pour lui, pour ses dix acolytes et pour ses chameaux. Et le type reste debout, sans rien faire. Et puis elle ne lui dit pas: « Tu pourrais peut-être t'en remuer, moi je suis ta servante, moi, je suis ta bonne poire. » Elle ne dit rien. Peut-être qu'il a une hernie, mais on ne sait rien.
Et en fin de compte, il lui a dit: « Mademoiselle, je veux voir si vous avez mon cœur. » C'est l'empereur des gens au bon cœur. Vous êtes accepté dans notre famille. C'est ça qu'il a cherché. La vertu des vertus, c'est d'avoir le cœur.
Et il y a d'autres vertus, évidemment: la crainte de Dieu, et toutes sortes de qualités, les midot, par exemple. Et surtout pas de défauts: la cruauté, la méchanceté, etc. Et premièrement, être ressemblant. Toutes les filles qui répondent à ce genre de définition forment ce qu'on appelle le champ des éligibles.
Dans le champ des éligibles, il y a un certain nombre de jeunes filles: dix, cent, mille, cent mille. Ça dépend si vous habitez en Israël, à Paris ou en Papouasie. Mais c'est le champ.
Pour savoir qui appartient au champ des éligibles, pourquoi est-il nécessaire de rencontrer la demoiselle ? Justement, il faut analyser tout ça avant de la rencontrer. Vous ne pourrez pas sortir avec quelqu'une, puis vous dire: « Ah, ben non, ça ne marche pas, elle ne convient pas. » Ça, vous ne pouviez pas le vérifier avant ? On ne peut pas vous importuner et vous causer des rencontres frustrantes. Ça, vous pouvez le savoir avant, jeune imbécile. C'est ce qu'elle devrait vous dire, mais elle ne le dira pas, parce qu'elle est polie.
Tout cela, il faut le vérifier avant, avec des gens qui la connaissent, et qui la connaissent d'ailleurs mieux que vous. Vous ne devez pas connaître quelqu'un en le rencontrant et en prenant un café avec elle. Il faut prendre des renseignements, et se renseigner aussi sur vous, pour savoir si vous êtes dans le même champ des éligibles.
Une fois dans le champ des éligibles, on en arrive au deuxième critère, à savoir l'attirance, l'amour. Cette personne vous plaît, vous l'aimez. Allez-y. Si vous ne l'aimez pas, rien ne vous aidera à adoucir les conflits. Parce qu'il y a toujours des conflits. Les gens sont différents, ils pensent différemment, ils aspirent différemment, ils ressentent différemment. Il faut qu'ils s'arrangent. Quand on s'aime, on s'arrange bien, mais il faut qu'il y ait cet amour.
Comme il est écrit dans le traité Kiddouchin, chapitre 2, il ne faut pas « sanctifier » sa femme avant de l'avoir vue, parce que peut-être elle ne lui plaira pas. C'est bien joli, le prince du Portugal épousant la princesse consort d'Espagne sans l'avoir vue, mais ça ne finit pas toujours très bien. Donc il faut qu'elle vous plaise. Il faut que vous l'aimiez.
Mais attention, ne laissez pas l'amour vous entraîner hors du champ des éligibles. C'est l'erreur fatale. Dans le champ des éligibles, il y a des filles de votre âge. Ne vous mariez pas avec une fille de douze ans ou de quatre-vingt-douze ans. Dans le champ des éligibles, il y a des filles religieuses, des filles qui habitent en Israël. Allez-vous vous marier avec une fille en France qui ne voudra peut-être …
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