Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Sionisme et yeshiva : monter, construire, servir

Le Rav Aviner répond aux objections sur Herzl et l'armée, et montre que monter en Erets Israël relève de la Torah.

8 min

Rav Shlomo Aviner

Ensuite : La prière, petit luminaire qui reçoit du grand, 43 min

En bref

Le Rav Shlomo Aviner répond à trois questions sur le sionisme religieux : la politique peut-elle être liée à la Torah, et oui quand elle touche à la mitsva d'habiter et de construire Erets Israël ou d'aller à l'armée. Il explique que le service dans Tsahal est une obligation tirée de la Torah, qui peut être accomplie après quelques années de yeshiva. Il réfute enfin l'idée que Herzl aurait voulu un État comme les autres, en rappelant que son livre visait un État juif.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom. Je sais que le Merkaz HaRav, en français Institut Lucien, est une yeshiva sioniste religieuse. Or, la religion doit être liée à de la politique. De plus, les fondateurs du mouvement sioniste, tel que Herzl, sont de véritables laïcs. Le but de ces anciens fondateurs était de créer un État comme les autres. Est-ce qu'on peut considérer Herzl comme un rachat, étant donné qu'il était prêt à se prostituer pour plaire aux nations ? Et pour finir, j'aimerais savoir si le fait d'envoyer nos jeunes de yeshiva faire l'armée n'est pas une erreur.

La politique, il y a de la politique qui n'est pas de la religion, et de la politique qui est de la religion. Il ne faut pas être extrémiste, ni d'un côté, ni de l'autre. Si monter en Israël, c'est de la politique, c'est de la religion, parce que la Torah nous dit de monter en Israël. Si construire la Terre d'Israël, c'est de la politique, alors nous sommes pour la politique, pour cette politique, car il y a dans la Torah une mitsva de construire la Terre d'Israël. Si aller à l'armée, c'est de la politique, alors nous faisons de la politique, car il est écrit dans la Torah d'aller à l'armée. D'ailleurs, Moshé Rabbeinu était à l'armée, Yehochoua bin Noun était à l'armée, Avraham était à l'armée.

Yaakov également. David également. Les Asmonéens également. Mahau, Sour, ce sont des armées. Sans armée, on se fait assassiner. Donc, aller à l'armée, si c'est de la politique, nous sommes pour cette politique. Mais évidemment, il y a des choses en politique qui ne nous concernent pas. Il est possible qu'après deux mille ans d'exil, on ait oublié que la Torah nous a dit d'habiter en Erets Israël. Petit, petit oubli. Fâcheux, fâcheux. Mais la Torah: Dieu a dit à Avraham, va habiter en Erets Israël, et presque toute la Bible se passe en Erets Israël.

Et peut-être qu'après deux mille ans d'exil, on a oublié que cette terre, il ne fallait pas la laisser en friche, il fallait la construire. Et Avraham construisait la terre. Il y avait des récoltes. Yitzhak avait des récoltes. Nos ancêtres construisaient des maisons, plantaient des arbres. Ce n'est pas de la politique, c'est une mitsva. Et puis, on était deux mille ans en exil, on a oublié qu'il y a une mitsva d'aller à l'armée. On ne s'aperçoit pas qu'il est écrit sans cesse dans la Torah: mi-ben esrim chana va-ma'ala, kol yotsé tsava beYisraël, tout homme qui sort en armée en Israël, chacun, va à l'armée. On a oublié. Enfin, on oublie. Fâcheuse distraction. On a oublié qu'il fallait aller à l'armée.

Je n'ai pas dit qu'il fallait aller à l'armée forcément à l'âge de 18 ans. On peut y aller à 20 ans. On peut étudier en yeshiva, puis aller ensuite à l'armée. Dans la yeshiva où j'enseigne, il y a des élèves qui ont étudié à la yeshiva un an, puis ils sont à l'armée. Trois ans, ils sont à l'armée. Cinq ans, ils sont à l'armée. Dix ans, ils sont à l'armée. Vingt ans, ils sont allés à l'armée. Après vingt ans de yeshiva, ils sont allés à l'armée. Question personnelle: aux événements d'aujourd'hui, il y en a un qui est chef d'escadron, il s'est fait blesser, un élève de yeshiva. Et l'autre, qui était, je ne sais pas, adjudant, il s'est fait tuer. Ça arrive. Mais sans armée, on ne peut pas tenir bon.

Si vous voulez savoir ce qui se passe quand on n'a pas d'armée, c'est très simple. Rappelez-vous ce qui s'est passé en France, pendant la Shoah. Voilà ce qui se passe quand on n'a pas d'armée. Ce n'est pas de la politique, c'est une mitsva. Celui qui veut étudier à la yeshiva doit étudier, mais il n'étudie pas à perpétuité, en général. Un jour, il quitte la yeshiva, il va enseigner la Torah, ou bien il travaille dans un métier. Et quand vous sortez de la yeshiva, trois petits tours à l'armée, et voilà. Aucun problème. Excellent.

Quant à Herzl, je vois que vous n'avez pas lu Herzl. Il ne voulait pas créer un État comme les autres. Erreur. Il voulait créer un État juif. Si vous étiez allemand, vous auriez pu comprendre la question, parce qu'en allemand, son livre s'appelle Judenstaat, le pays, l'État des juifs. Mais en français, c'est L'État juif, non pas l'État des juifs, l'État juif. En yiddish aussi: Di yidishé medina. En anglais, il y a les deux: The Jewish State, the State of the Jews. Mais en français, c'est L'État juif. Ils voulaient un État juif. Et Herzl disait que le retour au peuple juif précède le retour à la émouna. Ce n'était pas un rachat, ce n'était pas quelqu'un qui voulait un État comme les autres.

Mais en tout cas, quel rapport ? Si je ne m'abuse, au Merkaz HaRav, on n'étudie pas les écrits de Herzl. Je n'ai jamais entendu ça. Et au Merkaz HaRav, quand on habite en Israël, qu'on construit Erets Israël et qu'on va à l'armée, ce n'est pas à cause de Herzl, c'est à cause de la Torah. Envoyez un espion au Merkaz HaRav, puis vous verrez que j'ai dit vrai. Tout cela ne diminue pas, évidemment, les mérites de Herzl, qui effectivement n'avait pas de kippa sur la tête, il avait quand même une barbe. Et c'était quelqu'un qui s'est dévoué pour le peuple juif, qui aimait beaucoup le peuple juif. Mais ce n'est pas notre propos. Quoi qu'il en soit, shalom, chers amis.

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Réponses aux questions halakhiques pratiques du quotidien. Le Rav Aviner répond aux interrogations des étudiants sur la loi juive.

  1. 25
    La parnassa fixée à Roch Hachana et la prière
    Ce qui décide de notre subsistance à Roch Hachana, et pourquoi une prière mal dite ne la fait pas perdre.
    4 min
  2. 26
    Le mazal dans le mariage selon la Guemara
    Le couple n'est pas écrit d'avance : il se construit, et l'apparence ne doit pas primer.
    8 min
  3. 27
    Choisir la date d'un lancement d'entreprise
    Pas de jour favorable en soi : la superstition du Yerouch est interdite, le choix reste libre.
    3 min
  4. 28
    Étudier la nuit et le sommeil selon Maïmonide
    Le Rav Aviner rappelle que l'étude nocturne est louable mais qu'il faut dormir suffisamment, de jour ou de nuit.
    3 min
  5. 29
    Sionisme et yeshiva : monter, construire, servir
    Le Rav Aviner répond aux objections sur Herzl et l'armée, et montre que monter en Erets Israël relève de la Torah.
    En cours de lecture
  6. 30
    La prière, petit luminaire qui reçoit du grand
    Rav Aviner oppose l'étude, qui est parole de Dieu à l'homme, à la prière, parole de l'homme à Dieu.
    43 min
  7. 31
    La prière des jeunes filles face à la famille
    Comment prier sans honte quand la famille ne prie pas, et le minimum de prières requis pour les femmes.
    3 min
  8. 32
    Faire travailler un non-juif : quand est-ce permis
    Préférer un juif, sauf écart de prix important : les avis des sages sur la marge admise.
    4 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav