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Simchat Torah, la joie de la Torah et le huitième jour

Pourquoi cette fête n'est pas dans la Bible, et comment le 8 et la fin du cycle de lecture donnent sa joie à la Torah.

15 min

Rav Yoël Benharrouche

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Steve: Bonjour à toutes et à tous. Nous nous trouvons aujourd'hui en Israël, à Tel Aviv, en compagnie de Yoël Benharrouche. Bonjour, cher Yoël.

Rav Yoël Benharrouche: Bonjour, Steve.

Steve: Vous êtes un artiste, mais aujourd'hui, c'est le Rav que nous rencontrons, le rabbin, pour parler de la fête de Simhat Torah, la joie de la Torah. Nous célébrons Simhat Torah dans quelques jours, et cette fête n'est pas citée dans la Bible. Quelle est son origine ?

Rav Yoël Benharrouche: En réalité, la fête est bel et bien citée dans la Bible, mais non pas telle que nous la connaissons, que nous la vivons aujourd'hui. La fête s'appelle Chemini Atzeret, le huitième jour qui clôture. La notion de Simhat Torah vient plus tard dans l'histoire.

La Torah nous dit, dans le livre du Désert, qu'à la fin de toutes les fêtes du calendrier hébraïque, on termine par la fête de Soukhot, la fête des cabanes. La première fête de l'année, c'est Pessah, qui relate la sortie d'Égypte. La deuxième fête, c'est Chavouot, qui relate le don de la Torah. Et la dernière fête, qui clôture en fait tout le calendrier, c'est la fête de Soukhot. Le huitième jour de cette fête de Soukhot, c'est le jour en question, qu'on appelle Chemini, le huitième, et que nous appelons aujourd'hui Simhat Torah en Erets Israël. C'est le même jour.

Cette fête est en réalité une fête extraordinaire, parce qu'elle est de l'ordre du huitième. Or, le huitième n'est pas un jour qui est déjà arrivé dans notre monde, puisque dans le récit de la création du monde, Dieu s'est arrêté au septième jour. Alors, d'où vient ce huitième ? La Torah nous dit qu'il y a quelque chose qui est de l'ordre du surnaturel, hors nature. Comme le huitième infini, on est dans le transcendant, qui est capable de pénétrer dans l'immanence de ce monde. Donc ce huitième jour va devenir la joie de la Torah, le jour où l'on clôture tout ceci.

Steve: Il y a une affaire de chiffres, de guématria là-dedans ?

Rav Yoël Benharrouche: Tout à fait. À chaque fois que le chiffre huit apparaît dans la Torah, on se pose la question: qu'est-ce qu'il est en train de me donner ? Car en réalité, la nature dans laquelle nous sommes est toute liée au chiffre sept. Sept au carré, sept fois sept, on est toujours dans la nature: quarante-neuf. Le huitième degré, ou par rapport aux dizaines, le chiffre cinquante, c'est un chiffre de l'au-delà. Par exemple, le don de la Torah a été donné le cinquantième jour. On appelle ça aussi le degré huit.

Par exemple, la fête dont on est en train de parler, qui s'appelle dans la Torah Chemini Atzeret, je cite le verset: Chemini Atzeret tihyé lakhem. C'est le huitième degré, et là-bas vous allez arrêter, là-bas vous allez confiner, là-bas vous allez tout rentrer dans un panier, qui va vous donner en réalité la résultante totale de toutes les fêtes de l'année. Bien entendu, il faut comprendre le secret qui se cache derrière.

Qu'est-ce que célèbre cette fête ? Elle célèbre en réalité la fin de la lecture de la Torah. Les sages, étant donné que c'est la dernière fête de l'année, ont fait en sorte que le roulement de toute la lecture de la Torah se termine ce jour-là et recommence ce jour-là. Cela aussi a été fait dans le temps. Auparavant, on terminait la Torah tous les trois ans et demi. Mais à partir d'un certain moment dans l'histoire du judaïsme, les sages ont décidé de faire le tour de toutes les sections de la Torah, qui sont au nombre de cinquante-trois. Ce jour-là, on termine, on clôture, et on recommence.

Et nous avons une façon de faire cela. À chaque fois que nous arrivons à la fin d'un degré, surtout lorsque cela concerne la Torah, on doit faire une fête, mais pas la fête habituelle. Pour nous, et vous l'avez bien dit tout à l'heure, c'est la fête de la Torah elle-même. Autrement dit, c'est la Torah qui est joyeuse. Je traduis: Simhat Torah, la joie de la Torah. Pas ma joie d'avoir la Torah; j'allais dire la joie de la Torah de nous avoir.

Et quoi qu'il arrive, quand on vous écoute, on se dit que de toute façon, ces textes, le judaïsme, nous amènent à finir, ou à aller coûte que coûte, vers la joie. C'est la racine même de tout. Lorsqu'on parle de l'Infini, béni soit-Il, on dit chehassimha bimono. La joie fait partie de son essence. Lorsque cette joie descend sur terre et qu'elle arrive au niveau terrestre, dans l'immanence de notre vie, on a gagné en réalité tout le système.

C'est pourquoi un homme qui est dans cette simha, qui s'associe à la joie de la Torah, se voit en réalité arriver au sommet de sa vie. La simha donne la prophétie. On ne peut pas prophétiser sans avoir de simha. On ne peut pas être à l'écoute, on ne peut pas être disponible pour entendre la voix de l'Infini, béni soit-Il, sans la simha, sans la notion de joie.

C'est une cérémonie, je dirais, qui se déroule d'une façon très particulière. Comment ça se passe dans une synagogue le jour de Simhat Torah ?

Rav Yoël Benharrouche: C'est vrai, on arrive plus tôt que d'habitude. La prière se fait comme un Yom Tov, puisque c'est la dernière fête de Soukhot. On fait la prière de la fête. Ensuite, on dit des louanges, on appelle ça le Hallel. Puis on sort tous les livres de la Torah qui se trouvent dans l'armoire, et on commence à danser. Les gens font des cercles de danse pendant qu'une lecture se fait avec l'un des livres. Ce jour-là, tous les enfants d'Israël montent à la Torah, comme s'ils remontaient au mont Sinaï, pour recevoir directement, au niveau individuel, ce qui a été donné au niveau collectif.

Une fois ceci terminé, il reste encore quelque chose d'extrêmement important dans cette fête. Avant la dernière prière, qui s'appelle Moussaf, on rappelle le début de la pluie. Ce jour-là de Simhat Torah est donc aussi le jour où l'on mentionne la pluie de l'hiver, qui est en train de commencer. Tout simplement parce que la pluie se dit en hébreu guéchem. Et guéchem n'est pas seulement la traduction de la pluie, mais de la cristallisation des valeurs infinies. En hébreu, lehit gashem, c'est se mettre en relief, donner une matière à l'esprit. C'est extraordinaire. Cela veut dire que tout ce qui était jusqu'alors de l'ordre de l'esprit s'habille maintenant dans la matière, en l'occurrence dans la pluie, qui va donner toute l'abondance à la terre pendant l'hiver et l'été d'après.

Les derniers versets de la Bible racontent le moment où Moïse voit la terre promise avant de mourir. Et de conclure: il ne s'est plus levé en Israël de prophète tel que Moïse.

Steve: Cette phrase signe-t-elle la fin de la prophétie dans l'histoire juive, selon vous ?

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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