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La chute qui prépare l'élévation selon le Rav Harlap

Pourquoi l'exil est une descente qui prépare une élévation plus haute, et ce que signifie la Gueoula.

54 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La Gueoula par l'alphabet inversé et la techouva, 54 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Avec votre permission, aujourd'hui nous allons continuer, Bé'ezrat Hachem, ce que nous avons commencé la fois dernière concernant l'exil et la délivrance dans les écrits du Rav Harlap. Nous étions à peu près au paragraphe « bête », la différence fondamentale entre l'exil et la délivrance.

Durant l'exil, par la nature même de l'exil, c'est une descente. L'exil est un éloignement de l'identité, un moment où l'on descend. Pendant la délivrance, on est en train de remonter. On inverse donc le processus. Il y a une chute, puis une élévation. La chute, l'éloignement, s'appelle galout, et le retour s'appelle Gueoula.

Il y a un grand secret dans cette chute. Est-ce que la chute est inutile, ou bien fait-elle partie de la Gueoula elle-même ? C'est reculer pour mieux sauter. En hébreu on dit: yerida letsorekh aliya. On apprend qu'en réalité c'est une descente, mais que cette descente est en réalité une remontée, c'est-à-dire que la remontée fait partie de la descente.

J'explique. Ce n'est pas seulement un tremplin où l'on donne un coup pour remonter vers le haut, comme lorsqu'on touche le fond de la piscine pour remonter vers la surface de l'eau. C'est vrai que c'est comme ça, mais il y a un secret qui change l'état des choses, par rapport à ce qu'elles étaient avant.

C'est-à-dire que si la descente en exil n'a pas servi à bonifier celui qui a été exilé, l'exil aura servi à rien. Et cela est impossible au niveau de la Torah. Même la descente en Égypte, le premier exil, la matrice de tous les exils, va amener un degré qui descend, et le degré qui en sort est plus élevé que celui qui est descendu. Autrement dit, ce qui nous paraît terrible, noir, négatif, s'avère après coup positif, car la chute aura servi à grandir, et elle aura donc été nécessaire.

Dans notre vie, on peut rencontrer ce genre de situation. Un homme devient sage parce qu'il a subi une épreuve qui lui a permis de devenir sage de ce qu'il vient de traverser. Avant de traverser l'épreuve, il croyait savoir. Maintenant que l'épreuve est passée, quelque chose en lui a changé. Il va grandir, il va mûrir, justement parce qu'il est tombé, parce qu'il est descendu.

Même au niveau de la Torah, c'est vrai. Un homme ne peut pas se tenir debout, être entier, sur un Devar Torah qu'il vient d'étudier, sauf s'il est auparavant tombé, s'il a chuté dans ce même Devar Torah. Il s'est un peu cassé la figure pour comprendre ce texte, et c'est en se cassant la figure, excusez-moi l'expression, qu'il a grandi et compris ce qu'il vient d'étudier.

En réalité, il y a une certaine mort, entre guillemets (j'exagère volontairement le terme), qui permet de revenir à la vie. Sans cette mort, sans ce passage obligatoire, le retour à la vie n'est pas au niveau le plus élevé. On ne peut pas étudier la Torah si ce n'est par rapport à la mort, entre guillemets. Le verset dit: zot ha-Torah adam ki yamout beohel. La tente, c'est l'étude de la Torah. Pourquoi faut-il mourir pour étudier la Torah ?

Bien entendu, ce n'est pas une mort telle que nous la concevons, mais c'est une mort qui est un passage, une chute, un degré qui rend la personne toute petite. Il y a là une notion d'humilité qui va permettre à l'homme de grandir. Tu ne vas recevoir un Devar Torah que si tu es humble pour le recevoir.

Les gens qui pensent savoir, donc qui n'attendent pas de recevoir, ne peuvent pas étudier. Si vous allez à un cours de Torah, ou à un cours de n'importe quoi dans la vie, avec la sensation que vous savez déjà et que vous n'avez rien à recevoir de celui qui donne le cours, vous n'allez pas étudier.

Qui apprend ? Celui qui sent un manque. Et pour sentir un manque, il faut beaucoup d'humilité. Cette humilité nous creuse, et nous devenons comme un ustensile creusé qui peut recevoir. Je reviens à cette image: tant que tu ne t'es pas creusé, tu ne t'es pas rendu zéro, et tu ne pourras pas te remplir de la lumière qu'on est en train de te donner.

Je reviens à notre exil. L'exil est une chute, mais cette chute-là sert à nous mettre au niveau zéro. Pourquoi faire ? Pour grandir jusqu'à un niveau beaucoup plus grand que celui dans lequel nous étions avant de descendre. La sortie d'Égypte et l'entrée en Égypte sont donc deux choses complètement différentes.

En effet, on est descendu en Égypte en tant qu'hommes: bishivim nefesh yaredou avotenou Mitzrayima, soixante-dix âmes. Mais on n'est pas sorti d'Égypte en tant qu'hommes, mais en tant que peuple: Am Benei Israël. Vous avez compris le passage. Nous sommes descendus comme individus, nous sommes sortis comme collectif. La différence entre l'individu et le collectif est comme le ciel et la terre.

Qui nous a permis de faire ce passage extraordinaire ? C'est paradoxal, mais c'est l'Égypte. C'est la descente en exil qui nous a permis de monter à ce niveau après l'exil. L'exil aura servi à beaucoup. La maladie a servi aux malades à grandir beaucoup plus haut.

L'exil est donc un passage, une mise à zéro, un reset. On efface pratiquement tout le degré d'avant, on ne garde qu'un minimum vital, et de là-bas on repousse, on grandit avec un degré sans aucune commune mesure avec le degré qu'il y avait avant.

Les choses sont-elles claires ? Nous pouvons donc dire que le Saint, béni soit-Il, chaque acte qu'Il fait et chaque processus qui se déroule dans ce monde ne va jamais en reculant, mais toujours en augmentant, vers la lumière. En somme, dès qu'on descend en Égypte, on s'éloigne apparemment, et c'est vrai que c'est une chute, mais cette chute va nous donner quelque chose qui fait partie d'un processus d'élévation tout entier. Le monde dans son ensemble et la vie dans son ensemble ne vont que dans le sens de la croissance.

— Quel ? Quel ? Non. Non. Non.

Ça, c'est ce qu'a fait… Et tu as raison de mentionner ce passage-là. C'est le passage que le Rav signalera un peu plus tard en parlant de Chabtaï Tsvi. Chabtaï Tsvi est arrivé à la conclusion que tu viens de dire: c'est un idéal de descendre, puisqu'après la descente, je vais monter encore plus haut. Donc je vais faire en sorte de tomber moi-même.

Les Hakhamim nous disent non. Le Saint, béni soit-Il, dit: ça suffit déjà, les épreuves qui se trouvent dans la vie. Ne t'efforce pas à t'en trouver d'autres et à tomber toi-même. Mais une fois que la chose a été faite, sache que tu auras eu un bénéfice même de cette chute-là. Mais ce n'est pas à toi de la provoquer.

Alors, qu'est-ce que tu dois faire une fois que la faute a déjà été commise ? Je t'explique, en deux choses. Première chose: si, dans ta tête, tu te dis « je vais fauter pour revenir », tu te fais un petit système intérieur. Le ciel ne te permettra pas de faire tes chouvas. Deuxième …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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