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Le passage entre exil et délivrance, selon le Maayane Hayeshua

Pourquoi tout passage est fragile, et comment le choix mutuel entre Dieu et Israël prépare la Gueoula.

49 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Anokhi : le même mot pour le dévoilement et le caché, 57 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le passage, un moment de fragilité

Aujourd'hui, Bé'ézrat Hachem, nous allons commencer un sujet qui traite de la notion de passage. Le texte est tiré d'un livre du Rav Harlap, Maayane HaYeshoua, « Les sources de la délivrance », qui traite de la notion de passage d'une manière générale, et en même temps du passage entre l'exil et la délivrance.

D'une manière générale, il est important de savoir que tout ce qui est relatif au passage est fragile. À chaque fois que nous passons d'un degré à un autre, il y a une certaine fragilité, une certaine mise en déséquilibre, qui s'installe puisque nous quittons un état relativement stable, même s'il n'est pas bon, pour arriver à un autre degré qui est stable. À chaque passage d'une stabilité à une autre stabilité, il y a au milieu un espace de déséquilibre.

Ce n'est pas pour rien que les sages nous ont instauré une bénédiction appelée Tefilat HaDérech, la prière du chemin. Pourquoi la prière du chemin ? Parce que c'est en chemin que nous sommes en déséquilibre. La notion de dérech, de chemin, de mouvement, est donc mise ici en relief pour nous expliquer qu'à chaque fois qu'un homme passe d'un degré, par exemple de sa maison à une autre maison, le chemin est, entre guillemets, un lieu de danger, un certain degré de fragilité. C'est là, dans ce chemin, que nous allons faire une bénédiction spéciale.

Il faut comprendre que, dans notre vie, nous avons des passages entre certains degrés, et qu'il faut faire attention à ces passages-là. Lorsqu'une certaine époque se termine et qu'une autre commence, il faut, entre les deux, une certaine mise en confiance et une certaine conscience du chemin que nous sommes en train d'emprunter, pour pouvoir nous adapter.

Une certaine fragilité, puisque l'homme n'aime pas, par définition, changer de statut. Il aime rester dans un degré qui le rassure, et chaque fois que quelque chose manque de le rassurer, il se trouve dans une position un peu fragile, où il a besoin d'exprimer cette fragilité, soit par une bénédiction, soit par une étude qui correspond à ce passage. Est-ce que les choses sont claires pour l'instant ?

Maintenant, rentrons dans le texte lui-même, et vous allez voir à quoi le Rav fait référence lorsqu'il parle du secret de cette époque de passage. Le texte s'appelle Sod shel tekoufat hama'avar, le secret de l'époque du passage. Le Rav commence lorsque Dieu a fait un choix: celui de choisir le peuple d'Israël, le peuple de la sainteté, le peuple du Saint lui-même. Ki Yaakov bachar lo Ya.

Une fois que Dieu a choisi le peuple, le peuple, à son tour, choisit Dieu. Cela va toujours dans ce sens: c'est d'abord Dieu qui nous choisit, et ensuite nous éprouvons le besoin, normal et sain, de renforcer ce choix en faisant nous-mêmes un choix. Dieu, Tu nous as choisis, et bien nous aussi nous Te choisissons. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire tout simplement: j'accepte le choix que Tu as fait envers moi. Quand je remercie et que je dis « moi aussi je Te choisis », cela veut dire: merci de m'avoir choisi, j'accepte. J'accepte Ton choix et je vais essayer de vivre selon ce choix, pour respecter le choix que Tu as fait de moi.

Dans les Téhilim 135, verset 4, David HaMélekh nous dit que Yaakov s'est choisi, en fait, Dieu: Israël lesgoulato. Israël, dans son degré intérieur, a été choisi par Dieu. Et Israël, au niveau extérieur, va choisir Dieu lui-même. Il y a donc un choix des deux côtés.

Il existe aussi un degré qui n'est pas du choix, qu'on appelle la techouva. C'est quelque chose d'inné. Même si, dans notre monde, la techouva est une pierre précieuse, au niveau des termes du Rav, cela désigne un degré qui n'est pas du choix d'Israël, qui le dépasse, qui ne dépend pas de lui. Nous avons l'habitude de dire que Dieu nous a choisis malgré nous, mais quand ce choix devient-il effectif ? Lorsque nous le choisissons à notre tour.

C'est-à-dire que lorsque nous choisissons HaKadosh Baroukh Hou à notre tour, cela veut dire que nous acceptons le fait qu'il nous ait choisis. Tant que moi, au niveau individuel, je ne dis pas « HaKadosh Baroukh Hou, moi aussi je Te choisis », c'est comme si je disais: même si Tu m'as choisi, cela ne m'intéresse pas, parce que je n'ai pas choisi de Te dévoiler cela. Mais à partir du moment où l'homme d'Israël dit: moi aussi, j'ai choisi, après avoir été choisi par Dieu en tant que peuple, alors le choix se fait des deux côtés. Dieu nous choisit d'abord, et nous choisissons Dieu, c'est-à-dire que nous disons à HaKadosh Baroukh Hou: nous acceptons Ton choix.

Puisque ces choix dépassent le choix, quand on dit que Dieu nous a choisis, il ne nous a pas laissé le choix. Il nous a choisis, c'est tout, un point à la ligne. Cela ne dépend pas de mon état d'esprit, de mon humeur. Si un jour je ne vais pas bien, Dieu n'arrêtera pas Son choix: cela n'existe pas. Dieu a choisi le peuple d'Israël d'une manière définitive, et rien ne peut changer ce choix divin. Il y a donc un Netsa'h, une éternité, dans ce choix qui ne peut pas changer. Rien ne pourra changer le choix de Dieu envers Israël. Khalila.

Que ce choix puisse un jour s'arrêter, Khas v'chalom, c'est d'ailleurs ce que les nations du monde cherchent à faire. Que ce choix s'arrête, Khas v'chalom: quel est ton problème ? Suivez bien les mots. Khas v'chalom, que ce choix un jour s'arrête, que Dieu cesse de nous avoir choisis: cela n'existe pas. Il nous a choisis définitivement. D'accord ?

Khalila, Ki Ani Hachem lo shanti. Le texte de Malachie est clair: moi, Dieu, je ne suis pas soumis au changement, je n'ai pas de variation en moi. Cela veut dire que jamais je ne choisirai autre chose que ce que j'ai déjà choisi. Cela fait partie de mon être: Dieu ne change pas, Il n'a pas de hauts et de bas, Il n'a pas d'état d'esprit où Il serait un peu dans une situation d'angoisse ou dans une situation de joie. Cela n'existe pas chez Dieu. Ce sont des notions humaines. Dieu est une notion définitive qui ne bouge pas.

Donc: Ani Hachem lo shanti, moi Dieu, je ne suis pas soumis au changement, je ne peux pas changer, entre guillemets. Ve'atem bné Yaakov lo khiltem: et parce que je ne peux pas changer, vous, fils de Yaakov, vous ne serez jamais détruits, parce que j'ai déjà choisi de ne jamais vous détruire. Vous serez donc toujours éternels, parce que mon choix est éternel, je vous ai choisis éternellement. C'est clair ?

— Nakhon.

Cela veut dire qu'en fait, ils se contredisent eux-mêmes. C'est comme s'ils croyaient en un Dieu dans lequel le changement existe. C'est ce que tu es en train de dire. En réalité, ils minimisent l'infinité de Dieu. C'est comme si Dieu s'était trompé un jour dans …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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