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La Gueoula, une lumière qui va vers le bien

Pourquoi sortir de l'exil ne suffit pas, et comment passer du tri du mal à la lumière du bien.

43 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : La Gueoula, un grand mikvé selon Isaïe 11, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## La Gueoula, déjà en marche

Chalom ou-vracha, havérim yékarim. Be'ezrat Hachem, aujourd'hui nous allons développer un sujet qui concerne bien entendu la Gueoula, dans laquelle nous sommes déjà très profondément depuis 70 ans. Pour les gens qui attendent encore la Gueoula, j'ai de bonnes nouvelles pour vous: elle est déjà en place depuis 70 ans, puisque la Gueoula dans la Torah et chez les sages, ce n'est qu'une seule chose, le retour à la souveraineté d'Israël sur sa terre. Ça, c'est la définition de la Gueoula. Ce que vous attendez, ce que nous attendons, c'est le Machia'h. C'est encore une étape dans le cheminement de la Gueoula, mais la Gueoula a déjà commencé.

Quelle est la différence entre l'étape qui précède cette Gueoula et l'étape de la Gueoula elle-même ? Il faut comprendre que la Gueoula, dans son essence, ne se suffit pas de l'éloignement de l'exil. Autrement dit, on peut considérer que la Gueoula, c'est sortir d'exil. En réalité, ce n'est pas suffisant. Sortir d'exil, c'est une étape, effectivement, mais elle demande, et elle exige même, d'aller vers la délivrance, d'aller vers la lumière que nous attendions. Il ne s'agit pas seulement de nous sauver d'une étape précédente, mais d'aller vers l'étape de la lumière. Il faut donc un changement de conscience. Il faut faire véritablement un changement au niveau de la prise des choses dans notre vie, de façon à aborder ce sujet correctement, au niveau de la vie, et bien entendu au niveau de l'étude même de la Torah.

Nous sommes donc face à un sujet qui est positif dans sa nature. Quand je dis positif, je veux dire que c'est l'inverse de la négativité, autrement dit l'inverse du fait de nous éloigner du mal. Vous comprenez bien que lorsque nous sortons d'un exil et que notre esprit est figé à sortir de cet exil, notre seule référence, malheureusement, reste toujours l'exil. Même si c'est celui duquel nous voulons nous échapper. Parce qu'en réalité, la seule référence, c'est celle que nous quittons, et on ne fait pas attention à la nouvelle référence qui devrait se mettre en place, celle vers laquelle nous allons. Autrement dit, la nouveauté, la lumière, l'espoir.

En exil, la forme du judaïsme a toujours été de nous sauver de ce qui nous dérangeait. On se sauvait de telle communauté, on se sauvait de telle situation pas très sympathique, on se sauvait de telle école, on se sauvait de telle association, on se sauvait de tel consistoire. Et bien entendu, on se sauvait des villes où il y avait de l'antisémitisme, et ainsi de suite. Finalement, le résultat d'une vie entière peut se résumer à « j'ai évité telle et telle chose qui m'empêchait d'avancer dans mon judaïsme ». Mais en réalité, le résumé est tout simplement « avoir évité ». On appelle ça, dans le langage de nos sages, sour mera.

Tu sors du mal, tu t'éloignes du mal. La Torah d'Erets Israël exige une nouvelle formule. Elle n'est pas là pour sortir du mal, c'est terminé, mais pour aller vers le bien: Assé tov. Sour mera est terminé, maintenant tu vas vers le bien. Vous comprenez bien que, comme je l'ai dit tout à l'heure, la référence quand on sort du mal, c'est toujours le mal. Mais la référence, quand on va vers le bien, contrairement à cela, devient une référence de bien, une référence de lumière.

Ce changement a commencé à partir du dévoilement de la hassidout dans le monde. Lorsque la Torah de la hassidout du Baal Shem Tov est apparue dans le monde, sa nouvelle version du judaïsme n'était plus de quitter le mal, mais d'aller vers le bien. Tu t'occupes du bien, tu te préoccupes de la lumière, tu te préoccupes de la délivrance, et tu mets de côté ton degré négatif. Je l'ai dit à plusieurs reprises, mais c'est important de le rappeler: c'est comme le tri pendant la semaine et le tri à Chabbat. Dans la semaine, nous pouvons trier. Quand nous mangeons, vous avez par exemple un poisson avec des arêtes. Dans la semaine, vous enlevez les arêtes pour garder le poisson.

Chabbat, il est interdit d'enlever les arêtes. Chabbat, il faut prendre le poisson et laisser les arêtes. C'est apparemment le même résultat, finalement. Mais il y a ici quelque chose d'extrêmement précis. Pendant la semaine, je dois m'occuper d'éloigner le mal pour garder le bien. Mais le Chabbat, qui correspond à la Gueoula et à la terre d'Israël, je ne m'occupe plus des arêtes de ce monde, je ne m'occupe plus du mal de ce monde, entre guillemets. Je vais vers la lumière, je vais vers le poisson, vers ce que je peux manger directement. Et d'ailleurs, c'est une interdiction de trier. Or, dans ce sens-là, ça ne s'appelle plus un tri, et c'est la seule possibilité de consommer ce poisson le Chabbat.

J'extrapole, et vous avez compris le lien. Quand nous étions dans les jours profanes, c'est-à-dire les jours de hol, la façon de travailler, de servir Kadosh Baroukh Hou, était comme si vous enleviez les Areth de tout ce que vous aviez dans votre vie: Areth, Areth, Areth. Chabbat, on va vers la lumière, on mange, on consomme déjà le poisson. On mange le bien, on prend la parcelle de bien et on s'en occupe. Il y a ici une prise de conscience extrêmement importante que vous devez comprendre. Il ne s'agit pas d'une halakha simple au premier degré, mais d'une halakha très profonde, qui vous pousse à comprendre comment nous devons appréhender le Chabbat, appréhender la vie ici en Erets Israël, puisque nous sommes dans ce processus, et que nous sommes enfin rentrés sur notre terre, et que la lumière est présente.

La prière que nous disons pendant les fêtes: tu éclaireras à Kadosh Baroukh Hou. C'est le cas déjà maintenant: tu éclaireras une grande lumière, une nouvelle lumière sur Tsion. Et nous mériterons tous de l'avoir, de l'absorber, de la manger, de la consommer, cette lumière. Et tout de suite, j'y arrive: pourquoi consommer cette lumière ? Il s'agit donc, dans la Gueoula, du peuple d'Israël, de savoir capter la nouvelle lumière qui nous arrive. Déjà, on ne s'occupe plus de la négativité des choses. Arrêtez de ressasser le mal que

vous avez, que ce soit en psychologie ou dans tous les domaines de la vie. Gagnez du temps. Arrêtez de fouiller dans votre être intérieur pour trouver les négativités, les traces que vous aviez du passé. Occupez-vous de trouver les étincelles de lumière et les parcelles de lumière qui sont en vous. Vous comprenez ce que je suis en train de dire ? Il y a ici un travail au niveau psychologique qui est très important.

Même les psychologues aujourd'hui qui traitent le mal sont en retard. Il faut rajouter le bien. On ne s'occupe plus du mal. C'est comme s'il y avait du poison dans un verre: deux manières de l'enlever. Ou bien on n'arrête pas de laver le verre pour enlever le poison, ou bien on verse à grande eau, et le poison sort de lui-même, parce que nous nous occupons de la lumière énorme …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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