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Techouva supérieure et techouva inférieure selon le Rav Kook

Le Rav Kook distingue la réparation intérieure, qui vient de l'âme, de la réparation tournée vers le monde extérieur.

47 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Orot HaTechouva, partie 41, 47 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

J'espère que tout va bien chez vous. Je pense que j'ai perdu un peu la voix, donc vous allez m'excuser, je suis un peu enroué aujourd'hui, mais je pense que ça ne nous empêchera pas d'étudier. Bon, alors, je pense que le but, c'est de continuer dans Orot HaTechouva, si on en est déjà là. Je pense que nous en sommes arrivés au chapitre Tetzain, toujours, évidemment, et qu'on en est à Youdalef, n'est-ce pas ? Je crois, oui. Vous allez y aller.

Vous avez raison, je crois. On est à Youdalef, c'est ça. Il y a deux points, c'est-à-dire deux centres de gravité. Il y a deux centres de gravité dans la techouva. La techouva ressemble un peu à une ellipse avec deux foyers.

Le premier foyer, ce que nous incluons dans les deux termes kabbalistiques, en vérité, de techouva ila et techouva tata, c'est-à-dire la techouva supérieure et la techouva inférieure. La techouva a en fait deux foyers.

Nous allons voir que les deux formes de techouva sont pratiquement contradictoires, elles sont antithétiques. Il y a une techouva vers l'intériorité et il y a une techouva vers l'extériorité. La techouva vers l'extériorité, c'est ce qui est connu dans le monde de la halakha: si j'ai transgressé la Torah, ou bien si j'ai transgressé la morale, je dois réparer. Cette réparation se fait à l'extérieur. On ne peut pas dire que j'ai fait la techouva intérieure et que ça suffit, non.

Mais il y a également une techouva intérieure. La techouva intérieure est supérieure. Elle est appelée également ila, supérieure. En fait, ça implique deux formes totalement différentes de comportement. La techouva supérieure, c'est celle que l'on fait pour soi-même, tandis que la techouva inférieure, c'est celle que l'on fait envers le monde.

C'est-à-dire que j'ai en fait deux choses à réparer. Je dois me réparer moi-même et je dois réparer mon investissement dans le monde. Et là, nous avons ici un grand principe du Rav Kook, dans lequel il est un peu différent, probablement, de l'enseignement du Baal HaSoulam, un enseignement essentialiste plus qu'existentialiste.

Regardez la phrase. Toujours le point essentiel, qui est particulier à chaque homme dans son intériorité, c'est beaucoup plus élevé, sublime, que tout ce qui en découle de lui vers l'extérieur. Alors qu'on peut être tenté, il y a des enseignements de ce genre qui disent que l'essentiel de l'homme, c'est la relation envers le prochain. Eh bien, pour le Rav Kook, non: l'essentiel de l'homme, c'est la relation envers son être intérieur, envers lui-même. À partir de là, il y a des dérivés. Les dérivés, c'est le comportement envers les autres. Mais ça commence par l'intériorité.

C'est un grand principe qu'on retrouve également, par exemple, à propos de ce qu'on appelle l'enseignement: d'où est-ce que je tire mes connaissances ? Il y a les connaissances qui sont tirées de l'expérience sensorielle. Par exemple, les bébés, quand ils viennent de naître, ont une quantité énorme d'informations qui leur viennent de l'extérieur, du contact avec leurs sens et le monde. Ils ressentent le ventre de leur mère, le sein de leur mère, le lit, la couche, etc. Il y a beaucoup d'informations qui nous sont données par les sens.

Il y a également des informations qui nous viennent de la vie émotionnelle, les émotions que nous ressentons, qui nous donnent également des informations. Beaucoup plus élevées que ça, il y a les connaissances intellectuelles, ce qui nous vient de l'intelligence. Mais le Rav Kook rajoute qu'il y a également une autre source d'informations, c'est l'âme, la néchama. C'est-à-dire que du sein de ma néchama peuvent venir des connaissances. Et ces connaissances me viennent de l'intérieur, on peut dire du supérieur, du suprême.

Eh bien, c'est un peu dangereux, parce que si on se base uniquement sur son intuition intérieure, on risque de faire de grosses erreurs. Mais une fois que l'on a acquis la connaissance des sens, la connaissance émotionnelle et la connaissance intellectuelle dans leur plénitude, c'est alors que les rayonnements que l'on peut recevoir de la néchama ont un sens.

Eh bien, ce que nous dit le Rav Kook ici, c'est que la vie intérieure, la techouva intérieure, étant donné qu'elle vient du point le plus originel de l'être humain, est beaucoup plus forte, beaucoup plus importante, en fait, que la techouva qui se fait vers l'extérieur. Et donc il y a ici, on peut dire, deux mouvements, et le Rav va nous décrire ces deux mouvements.

Il y a un homme qui, lorsqu'il vient à s'occuper de sa techouva essentielle, il lui est nécessaire d'abonder en pensée, en réflexion intérieure, ce qui peut l'entraîner à moins étudier. Il doit abonder en représentation, en image. C'est ça qui l'amène à moins agir. Surtout pour purifier son intériorité, afin d'être véritablement nettoyé et véritablement libre. C'est ce qu'on appelle l'examen de conscience, la vie intérieure, la méditation.

Donc, quand on est dans cet état-là, qu'on fait sa techouva intérieure, alors on étudie moins et on agit moins, parce qu'on est occupé à la réflexion, à la représentation, à l'image. Tout ceci concerne la techouva supérieure, la techouva essentielle.

Mais en vérité, ce n'est pas le cas pour la techouva inférieure, la techouva que l'on fait envers le monde. Et là, la chose s'inverse. Il est indispensable d'abonder en études et en actions, même si cela entraîne une réduction de la pensée intérieure et de la réflexion. C'est-à-dire: soit je suis dans l'action extérieure, soit je suis dans l'action intérieure. Évidemment, il y a une contradiction.

Et parfois, le fait d'avoir moins de clarté dans la réflexion et dans la pensée, c'est en soi la réparation envers le monde. C'est-à-dire qu'il est parfois nécessaire que j'arrête de penser, de trop penser, de trop méditer, et que je m'occupe de réparer envers le monde. Parce que le monde extérieur n'appréhende pas le contenu de la pensée noble et la clarté de la réflexion. Le monde extérieur, il n'en a rien à faire de mes pensées intérieures. Le monde extérieur demande que j'agisse sur l'extérieur.

Et c'est pour ça qu'on s'en rapproche en obscurcissant, d'une certaine manière, la réflexion. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que nous sommes appelés à tenir en main les deux formes de techouva ensemble. Comment est-il possible ? Le Rav nous propose ici une nouvelle conception des choses.

La techouva inférieure servira de corps et de réceptacle à la techouva supérieure. C'est un peu comme le corps et l'âme. Il est vrai que le corps a ses aspirations et que l'âme a ses aspirations, mais le lien entre le corps et l'âme est un lien qui permet la vie. De même, dans la techouva, je dois m'occuper à la fois de ma techouva envers le monde, la techouva inférieure, et de la techouva vers mon intériorité, la techouva supérieure, à la manière du corps et de l'âme.

Et il faut mettre en place les états: que tout mouvement de la techouva supérieure entraîne un mouvement de la techouva inférieure vers le haut, et que tout mouvement de la techouva inférieure renforce et donne puissance à la techouva supérieure.

Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim

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